Télécharger l'édition du jour
Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Le marathon d’Arqana

International / 06.12.2019

Le marathon d’Arqana

Le marathon d’Arqana

La vente d’élevage Arqana débute ce samedi à Arqana. Pendant quatre jours, ce sont près d’un millier de juments, foals, et prospects étalons qui passeront sur le ring. Un drôle de challenge pour les équipes de l’agence, que nous expliquent Freddy Powell et Ludovic Cornuel.

Jour de Galop. - Le catalogue de la vente d’élevage, c’est un peu plus de 1.000 lots. Un marathon à l’échelle du marché français... Comment construit-on un tel catalogue ?

Freddy Powell et Ludovic Cornuel. - La vente d’élevage est un rendez-vous très prisé, et nous recevons près de 1.600 inscriptions. Nous devons donc déjà réaliser un travail de sélection, en bonne intelligence avec les vendeurs. Il s’agit déjà de répartir les juments entre décembre et février. On se base sur des données factuelles : leurs performances, celles de leurs produits, les étalons par lesquels elles ont été saillies, le prix de vente de leurs éventuels produits... Il faut aussi prendre en compte la date du terme. Une jument devant pouliner tard peut être dirigée vers février, si son profil convient à cette vente. C’est un travail que nous réalisons main dans la main avec le vendeur. Ce dernier peut avoir des informations que nous n’avons pas, des informations plus récentes de la production de sa jument par exemple. La vente de décembre est segmentée. À chaque journée correspond un niveau de marché, sachant que la dernière journée est consacrée à l’obstacle. Il est primordial de placer chaque animal au bon endroit, pour avoir les meilleures chances de bien le valoriser. Cette segmentation est particulièrement marquée en décembre. Par exemple, le prix moyen de la première journée l’an dernier tourne aux alentours de 100.000 €, pour passer à 30.000 € le dimanche et 10.000 € le lundi. Ce sont des marchés différents, qui s’adressent à des clientèles différentes… En parallèle de ce travail de classement, nous menons aussi un travail de prospection.

En quoi consiste-t-il ?

Nous suivons tout au long de l’année les profils qui nous semblent intéressants, avec une attention toute particulière les semaines qui précèdent la vente. Notre système de wild cards nous permet de nous affranchir de l’inertie relative à un catalogue, et d’attirer des juments de tout premier plan jusqu’au dernier moment.

En termes d’organisation, on imagine qu’accueillir autant de chevaux sur une période aussi courte, et dans des conditions météo parfois difficultés, relève d’un vrai défi. Pouvez-vous nous expliquer quels challenges vous devez relever ?

C’est sans doute la vente la plus lourde à organiser en termes de logistique, et il faut saluer le travail de nos équipes de terrain, mobilisées 24 h/24 pour assurer l’accueil des chevaux et leur rotation, entre les cours de l’établissement et celles de l’hippodrome. Sans les boxes de l’hippodrome, l’organisation de cette vente ne serait pas possible ! Cette année, il a aussi fallu parer aux mouvements sociaux, en offrant encore plus de service à nos clients. Nous avons beaucoup dialogué avec eux pour qu’ils puissent arriver dans les meilleures conditions et notre avion en provenance d’Angleterre a aussi connu beaucoup de succès !

La caractéristique de votre vente est aussi de proposer des foals au milieu des juments. Pourquoi ce choix de les intercaler ainsi ?

Traditionnellement, les éleveurs français ont plutôt l’habitude de vendre leur production yearling. Nous n’aurions sans doute pas assez de poulains pour monter une journée consacrée aux foals. Nous en avons 36 le samedi, 96 le dimanche, 129 le lundi et 71 le mardi, lors de la journée obstacle. Mais surtout, nous pensons que mélanger les juments et les foals est bénéfique pour le marché, dans le sens où cela attire autour du ring plus de personnes, et peut donc créer des achats d’opportunité.

Dans quel état d’esprit sentez-vous les pinhookers, au regard des dernières grandes ventes européennes de foals ?

Ce que nous avons pu analyser en allant à la fois en Irlande et en Angleterre, c’est un léger déficit de l’offre dans le haut de gamme. C’est aussi le signe que les éleveurs ont confiance dans les prochaines ventes de yearlings, ce qui est plutôt une bonne nouvelle ! Comme sur les autres segments du marché, on note une forte sélectivité. C’est plus compliqué pour l’entrée de gamme.

L’édition 2018 était une année record. Comment abordez-vous l’année 2019 ? Estimez-vous que l’élevage français a toujours un pouvoir d’attraction important vis-à-vis des acheteurs internationaux ? 

Les lots d’élevage mondialement reconnus comme ceux des Aga Khan Studs ou de Wertheimer & Frère constituent une vraie vitrine pour cette vente. Les acheteurs viennent du monde entier pour avoir la chance d’entrer dans de telles familles. Ils ont confiance dans la qualité de ces souches, et ils savent que le vendeur va travailler pour eux, dans le sens où les sœurs, nièces, cousines… des juments qu’ils vont acheter seront exploitées de la meilleure des façons. Une page de catalogue peut dès lors prendre rapidement beaucoup de valeur… Il suffit aussi de parcourir les premières pages pour se rendre compte du succès de cette vente. Admire Mars, le meilleur miler du Japon, Fièrement, le meilleur cheval de tenue, Watch Me, la lauréate des Coronation Stakes : tous sont issus de juments achetées à Deauville. Cela donne confiance aux acheteurs, qui reviennent quand ils ont été bien servis ! Cette année, nous attendons des acheteurs en provenance des États-Unis, du Japon, d’Australie, de Nouvelle-Zélande, de Turquie, et d’Europe évidemment. Nous avons donc des espoirs, mais il faut rester prudent. Sur une telle vente, quelques juments de haut niveau peuvent faire la différence sur le résultat final. On sait aussi que pour les éleveurs, la situation n’est pas facile, avec des coûts de production qui augmentent sans que la valorisation ne progresse toujours dans les mêmes ordres de grandeur.

L’an dernier, la partie obstacle avait été réellement boostée par la dispersion Munir Souede. A-t-on cette année le même intérêt pour le catalogue ?

Il est certain que la dispersion Munir-Souede avait créé l’an dernier un vrai point d’attractivité pour cette journée, mais le catalogue, cette année, est très intéressant. La vigueur du marché des stores et des yearlings lors de la vente d’automne, depuis plusieurs années, a sans doute incité les éleveurs à exposer leur production dans une vente publique. Nous avons de très beaux lots, aussi bien chez les poulinières, les foals, que les juments à l’entraînement, dont certaines sont gagnantes de Groupe.

Les horaires

Samedi à 11 h

Dimanche à 10 h

Lundi à 11 h

Mardi à 11 h