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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Myboycharlie dans la vague d’achats d’étalons du Jockey Club de Turquie

Élevage / 09.12.2019

Myboycharlie dans la vague d’achats d’étalons du Jockey Club de Turquie

Après deux saisons au National Stud, Myboycharlie est arrivé au haras du Mézeray en 2012. Pour ses premiers pas en France, il était proposé à 4.500 € et huit saisons plus tard, en 2019, il officiait à 7.500 €. L’annonce de la vente du cheval en Turquie a surpris tout le monde, à commencer par son entourage français. Myboycharlie était en bonne place dans les documents publicitaires du haras, alors que sa plus grosse génération française (92 poulains de 2ans nés en 2018) s’apprêtait à débuter dans l’Hexagone. Lauréat du Prix Morny (Gr1), devant la championne Natagora (Divine Light), Myboycharlie était un cheval précoce qui n’a pas confirmé à 3ans. Il a néanmoins produit des chevaux avec plus de tenue que lui, dont une bonne proportion a nettement progressé avec l’âge.

Une perte pour les éleveurs français. Charles-Henri de Moussac, du haras du Mézeray, nous a expliqué : « Nous sommes très tristes de perdre un tel cheval, comme certainement beaucoup d’éleveurs je crois. Surtout que son actualité est formidable. On ne présente plus Sistercharlie [sept victoires de Gr1, ndlr], mais ces derniers mois, il a brillé en Australie avec Begood Toya Mother (Sir Rupert Clarke Invitation Stakes, Gr1) et à Hongkong avec Rise High [troisième de la Hong Kong Cup, Gr1]. Avec le temps, Myboycharlie est devenu un étalon pour éleveurs-propriétaires, plus que pour le commerce, dans un marché de l’étalonnage très concurrentiel. Néanmoins, on trouve peu de pères de cinq gagnants de Gr1 et 14 gagnants de Groupes à 7.500 € la saillie ! Myboycharlie rassemblait deux syndicats, un dans l’hémisphère Nord, un dans l’hémisphère Sud. Mais vu que le cheval ne faisait plus la navette, les Australiens étaient enclins à le vendre. SF Bloodstock était le propriétaire majoritaire de l’étalon dans les deux hémisphères. Nous voudrions les remercier de nous avoir fait confiance avec celui qui restera comme l’un de leurs premiers étalons. Et nous espérons accueillir un autre de leurs sires dans l’avenir. »

Déjà cinq étalons pour la Turquie en 2019. Jean-Pierre Deroubaix, consultant pour le Jockey Club de Turquie depuis deux décennies, nous a expliqué : « Les chevaux sont en quarantaine. L’achat ne sera valable que lorsque les tests demandés seront validés et les chevaux prêts à voyager. Le Turkish Jockey Kulübü a lancé un programme de renouvellement de ses étalons pur-sang anglais. Deux ont été acquis en France cette année, dont Myboycharlie. Plusieurs des étalons du Jockey Club de Turquie sont morts, d’autres sont très âgés. Ce programme d’achat est alimenté par une taxe sur les paris hippiques mutuels en Turquie. L’objectif est l’amélioration de la race. De nombreux autres étalons ont été achetés cette année par des propriétaires privés. Ils vont officier dans les haras du Jockey Club de Turquie, lesquels sont répartis dans cinq régions, en tournant chaque année pour être d’un accès facile à tous les éleveurs locaux. » Les sommes déboursées par l’État turc sont considérables car Bodemeister (Empire Maker) officiait à 40.000 $ aux États-Unis. Autres achats de cette fin de saison, Super Saver (Maria's Mon) saillissait à 35.000 $ et Daredevil (More than Ready) à 7.500 $.