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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

EN RÉGION - Ça bouge en Martinique

Courses / 23.01.2020

EN RÉGION - Ça bouge en Martinique

Dimanche s’est déroulée la plus belle réunion de l’année sur l’hippodrome de Carrère en Martinique. C’était également l’occasion pour la nouvelle équipe de la Société de courses, emmenée par Patrice Montlouis-Félicité, d’accueillir Jean-Baptiste Andréani, le président de la Société des courses de Prunelli di Fiumorbo et de la Fédération de Corse, et présent en tant que conseiller du président de France Galop, Édouard de Rothschild.

Par Guillaume Boutillon

Plus de 2.500 personnes étaient présentes dimanche sur l’hippodrome de Carrère pour le Grand Prix de la Collectivité Territoriale de Martinique, une épreuve dotée de 40.000 € d’allocations et remportée par Falcofollies (Falco), associée à Thierry Thulliez. Jean-Baptiste Andréani avait fait le déplacement. Il nous explique : « Le nouveau président de la Société de courses, Patrice Montlouis-Félicité, élu depuis juin, voulait que nous fassions un point et m’a invité. La Société nourrit beaucoup d’ambitions, mais fait face à des problématiques structurelles importantes. » Présent lors de toutes les réunions de travail, Jean-Claude Salomon, Martiniquais et membre du Club des gentlemen-riders et cavalières de Saint-Cloud, précise : « Plusieurs rendez-vous ont été programmés, que se soit avec le président de la Société de courses, le président de la collectivité territoriale de la Martinique, le président du Comité de tourisme de la Martinique ou encore avec le directeur de l’hippodrome de Sainte-Lucie. Monsieur Andréani est arrivé jeudi soir [ndlr, le 16 janvier] et est reparti le lundi suivant. Les réunions se sont enchaînées dès le lendemain, et ce jusqu’à son départ. » Jean-Baptiste Andréani nous explique : « Il est évident qu’avec la conjoncture actuelle, France Galop n’interviendra pas au niveau financier. L’hippodrome et le centre d’entraînement appartiennent à la collectivité territoriale de Martinique. Son président, Alfred Marie-Jeanne, avec lequel les relations sont excellentes, est prêt à investir. Mais il n’interviendra que si France Galop valide les projets et si le projet est ensuite suivi par la société-mère. Il y a trois ans, nous avions déjà monté un projet, mais cela n’avait pas été suivi d’effet. France Galop, comme il le fait avec toutes les autres sociétés de courses pour ce type de projet, apporte son expertise à tous les niveaux. Nous leur avons confirmé que nous le ferions. Le centre d’entraînement est magnifique, c’est un très bel outil, mais il tombe en ruine. La collectivité territoriale est prête à investir, mais compte sur l’appui de la société-mère. Ils se sentent un peu laissés de côté et le fait que nous soyons venus les rassure vraiment. »

Des chantiers clairement identifiés. Dans une interview que nous avait accordée Patrice Montlouis-Félicité, le 1er décembre dernier, il déclarait que des discussions allaient être entamées autour du projet de rénovation de leur centre d’entraînement dès le début 2020. Et celles-ci ont donc commencé la semaine passée. Le président ajoute : « Nous avons établi un plan d’action avec trois axes majeurs. La grande priorité, c’est que nous devons rénover et moderniser notre centre d’entraînement. Aujourd’hui, nous disposons d’une centaine de boxes relativement vétustes. Il s’agira de les rénover et de construire une vingtaine de nouveaux boxes. Nous devons aussi revoir l’organisation du centre dans son ensemble. Nous devons absolument améliorer les conditions de travail de nos entraîneurs et le confort de nos chevaux. C’est la condition préalable d’une prospection active de nouveaux propriétaires et entraîneurs. » Un autre point important est l’assistance aux entraîneurs et aux propriétaires, par exemple pour les aider à faire venir un jockey de métropole. Le troisième point concerne Sainte-Lucie. Patrice Montlouis-Félicité explique : « Sainte-Lucie sait que pour organiser des courses, ils faut faire venir des chevaux des pays voisins, car il n'y en a pas assez sur place. Et il nous est demandé de les aider. »

Se rapprocher de Sainte-Lucie. Jean-Baptiste Andréani nous a dit : « Dimanche, à l’occasion de la réunion de courses, j’ai rencontré monsieur Loregnard, le directeur de l’hippodrome de Sainte-Lucie qui était invité par la Société de courses. Avec seulement 40 chevaux installés à Sainte-Lucie, une belle opportunité s’offre aux entraîneurs installés à la Martinique d’aller faire courir les chevaux là-bas. » Patrice Montlouis-Félicité précise : « Nos entraîneurs, bien évidemment, souhaiteraient aller courir de temps en temps là-bas. Or, avec la règlementation actuelle, les chevaux peuvent y aller, mais pas revenir. Monsieur Andréani nous a déclaré qu’un projet était à l’étude à France Galop pour assouplir cette réglementation et que cela devrait aboutir sous peu. Cela va dans le bon sens. »

Le problème des réunions premium et des allocations évoqué. Au même titre que d’autres sociétés de courses, Carrère a perdu plusieurs réunions premium ces dernières années. Trois réunions premium seront organisées cette année, soit autant qu’en 2019. En 2017 et 2018, les réunions de ce type étaient respectivement au nombre de huit et dix. Jean-Baptiste Andréani détaille : « Outre la question de la plage horaire propre à la Martinique, c’est une problématique que l’on ne peut pas résoudre dans l’immédiat. » Pour Patrice Montlouis-Félicité : « Nous nous orientons vers davantage de sponsoring des courses. Les allocations sont très basses et cela pose problème. Nous le faisons déjà, mais cela doit être amplifié. L’objectif de toute façon est de faire venir d’autres entraîneurs publics et d’autres propriétaires, alors cette question des allocations est vraiment primordiale. »

Une prochaine réunion de travail prévue en juin. Jean-Baptiste Andréani poursuit : « Un planning a été établi. Dès que le dossier sera monté, nous accueillerons nos interlocuteurs début juin. Puis, nous nous verrons au moment de l’Arc. » D’ici là, et pour un mettre davantage la Martinique à l’honneur, une idée pourrait voir le jour, comme l’explique le conseiller d’Édouard de Rothschild : « Les trotteurs organisent une réunion "antillaise". Cela n’existe pas sur les hippodromes de plat, alors pourquoi ne pas en faire une. Le conseil du tourisme de la Martinique se penche sur le sujet. » Comme il le rappelle : « Au final, l’enjeu est important à plus d’un titre. Beaucoup de parieurs viennent des Antilles et la plupart, avant d’avoir rejoint la métropole, ont découvert les courses là-bas. Nous devons les écouter et surtout ne pas laisser tomber. »