EN RÉGION - Les nouveaux visages des régions au Comité de France Galop

Institution / Ventes / 15.01.2020

EN RÉGION - Les nouveaux visages des régions au Comité de France Galop

Les régions sont présentes au Comité de France Galop, avec quelques nouveaux visages. Parmi eux, il y a Michel Contignon, président du Comité régional Est - Centre-Est, et Xavier Bollart, l’un des six présidents de Conseils régionaux du Galop présents au Comité de France Galop. Ils nous ont parlé de leurs missions et de leurs chevaux de bataille.

Michel Contignon : « Trouver les courses qui génèrent des enjeux, tout en soutenant la province qui a un rôle de recrutement »

Éleveur, propriétaire, basé dans la Meurthe-et-Moselle, Michel Contignon fait partie des cinq présidents de Comités régionaux du Galop ayant intégré le Comité de France Galop.

Jour de Galop. – Quel est votre rôle et celui des comités régionaux du Galop au sein du Comité de France Galop ?

Michel Contignon. – Ils sont présents pour assurer la sécurité des hommes et des chevaux sur les hippodromes. J’ai intégré le Comité de France Galop en tant que président du Comité régional du Centre - Centre-Est : les comités régionaux de ces deux régions ont fusionné il y a quelques années et cela représente donc une zone géographique assez importante à couvrir. Notre rôle principal est le bien-être sur les hippodromes, mais parmi nos missions, on peut aussi parler du programme des courses : nous émettons des avis, dont France Galop tient compte pour établir le calendrier. Dans chaque comité régional, on trouve un pourcentage de propriétaires, de jockeys, d’entraîneurs, d’éleveurs… Les présidents des cmités régionaux sont membres de droit du Comité de France Galop, qui entérine les décisions du Conseil d’administration ou encore les évolutions du code des courses. C’est là le gros travail des membres du Comité.

La province a été touchée par la "dédensification" de l’offre premium voulue par le PMU. Quels sont les défis qui l’attendent ?

On ne peut pas nier que les réformes engagées lors de la précédente mandature aient porté leurs fruits, notamment au niveau des résultats du PMU : il y avait beaucoup de réunions premium et le parieur était un peu perdu. Nous ne pouvons pas nous tirer une balle dans le pied, mais il est par exemple question de supprimer des réunions premium sur un hippodrome comme Craon. Or, des hippodromes comme celui-là sont de véritables viviers pour trouver de nouveaux propriétaires comme de nouveaux turfistes. Il faut réussir à créer un équilibre : trouver les courses qui génèrent des enjeux, tout en soutenant la province qui a un rôle de recrutement. Par exemple, un hippodrome comme Wissembourg propose quatre réunions par an : mais c’est constamment la fête à chacune d’entre elles, avec beaucoup de monde ! Il faut garder ce vivier-là, utiliser intelligemment les hippodromes avec des animations pour que tout le monde y trouve son compte… Tous les présidents des hippodromes sont conscients de cela, mais c’est aussi le travail des comités régionaux que d’encourager les présidents de société de courses dans leur travail et parfois en mutualisant les forces : un exemple pour l’Est - Centre-Est, nous choisissons chaque année un thème pour animer les réunions de courses, thème qui va être repris sur plusieurs hippodromes.

Un projet de loi visant à améliorer la rémunération des petits hippodromes a été mis en échec à l’Assemblée nationale, en décembre dernier. Votre rôle est-il aussi de mobiliser les élus locaux pour défendre les hippodromes de province ?

Il est évident que plus on rencontrera d’élus, de politiques, plus nous les sensibiliserons à nos problématiques. Il y a des choix à faire et des économies ont été réalisées. Alors oui, il faut une meilleure rémunération des sociétés de courses de province, mais il nous faudra aussi gagner cette hausse… Et il n’y a pas de recette miracle : il faut que la recette progresse. L’alliance entre le trot et le galop a l’air bien engagée, mais je crois que nous avons vu les courses au service du PMU et qu’il faudrait que ce soit l’inverse : que le PMU s’adapte aussi aux courses. Plutôt que de faire la chasse aux partants, peut-être faut-il se concentrer sur des jeux adaptés aux courses à faible nombre de partants ? Toutes les idées sont bonnes à prendre… Il y a beaucoup de choses à faire mais je crois que les priorités sont : trouver de nouveaux parieurs, augmenter la recette et recruter de nouveaux propriétaires. Pour cela, il faut faciliter l’obtention de ses couleurs, développer les écuries de groupe. Et réussir à faire revenir les courses dans le paysage médiatique, en utilisant des moyens de communication modernes.

Xavier Bollart : « Il y a un important travail à effectuer pour que les hippodromes ne se retrouvent pas en concurrence du côté du programme »

Président de la Société des courses du Touquet, Xavier Bollart est l’un des cinq présidents de comités régionaux du Galop à siéger au Comité de France Galop.

Jour de Galop. – Pourquoi est-il important pour vous d’être présent au sein du Comité de France Galop ?

Xavier Bollart. – Ce qui est intéressant, en étant au Comité de France Galop, c’est le fait d’être présent pour travailler sur beaucoup de dossiers. En ce qui concerne les comités régionaux, nous avons la chance d’avoir la Commission des régions, qui est toujours à l’écoute de nos demandes. Notre rôle est d’être à l’écoute de tout ce qu’il se passe dans notre région et de remonter les informations. Je suis président du Touquet et je représente donc la région Nord : ce n’est pas une "grande" région en termes d’hippodromes de galop, mais nous nous devons de tout mettre en œuvre pour proposer des courses disputées dans les meilleures conditions possible. Chaque hippodrome doit trouver sa place dans le programme des courses. Nous avons constaté, durant la campagne électorale, que le thème de la région a été très présent.

Vous êtes président d’une société de courses. Quel est le principal défi à relever ?

Il y a un important travail à effectuer pour que les différents hippodromes ne se retrouvent pas en concurrence du côté du programme, faire attention aux frais de transport... Je crois qu’il va vraiment falloir se pencher sur tout le programme des courses de province. Nous constatons déjà une réorganisation autour du cross avec le Trophée national du cross - Haras du Lion. Le cross-country est une discipline très importante pour la province, qui se retrouve parfois sous le feu des critiques, mais c’est aussi une discipline qui plaît énormément : parce qu’elle est spectaculaire et qu’elle parle, par exemple, aux passionnés de l’équitation. Il y a un travail à faire pour lier les courses et l’équestre, et le cross peut être un bon pont entre ces deux mondes.

Pourquoi la province est-elle vitale pour le Galop français et comment la défendre ?

La province est un vivier de potentiels joueurs, propriétaires, entraîneurs, jockeys… Or, on sait qu’il faut trouver de nombreux parieurs et on en trouve en province ! Nous avons un rôle d’éducation à jouer et cela rejaillira ensuite au niveau national. Par exemple, au Touquet, vous trouvez surtout un public avec des gens de passage. Ils arrivent sur l’hippodrome et ne savent rien des courses, ne savent pas parier et ils ne demandent qu’à apprendre. Et c’est notre travail que d’aller à leur rencontre et de leur expliquer notre très beau sport. On peut faire de la pédagogie sans dépenser des sommes folles, en créant des petits films pour apprendre à connaître les courses, l’animal cheval… Les Français aiment les chevaux, il y a un vrai potentiel. Chacun doit apporter sa petite pierre à l’édifice, qui rejaillira à l’échelon national. Nous devons trouver de nouvelles idées et nous inspirer de ce qui est positif sur d’autres hippodromes. Les Jeuxdis de ParisLongchamp, c’est formidable par exemple, et je vais tenter de m’en inspirer à mon petit niveau pour Le Touquet. La province est aussi un moyen de recruter de nouveaux propriétaires, dont nous manquons cruellement… Mais il faut travailler à l’échelon national pour simplifier les démarches, notamment en développant les écuries de groupe. Et c’est à nous d’expliquer que oui, on peut avoir un cheval de course sans dépenser des sommes astronomiques !