Interdire la cravache… Et après ?

International / 28.01.2020

Interdire la cravache… Et après ?

Par David Redvers, propriétaire et directeur de Tweenhills Stud

Sur le site de Tweenhills, David Redvers a publié un éditorial sur les débats autour de la cravache qui agitent particulièrement le Royaume-Uni, et sur les conséquences que pourrait avoir une interdiction de la cravache en course. Voici son texte.

« Nous, "Racing Inc" [les courses hippiques, ndlr], dirigés par la B.H.A., devons prendre une décision définitive concernant la cravache. Nous évoluons dans des temps troubles, où un titre de la presse hippique – et je suppose que des personnes de la B.H.A. sont sur la même ligne –, met la pression pour obtenir d’importants changements concernant les règles sur la cravache afin de plaire à une petite minorité (minorité, qui, il se trouve, ne cherche rien d’autre que l’interdiction des courses hippiques). Pour eux, la cravache est perçue comme cruelle et cette perception serait plus importante que les faits. Car dans les faits, elle ne l’est pas.

Chaque loi a besoin d’être mise à l’épreuve et doit être basée sur des preuves. Les lois votées pour satisfaire les ignorants ou rédigées dans un but politique sans preuve concrète sont de mauvaises lois et ne devraient jamais être approuvées. Essayez d’imposer de telles lois : cela ne fonctionne simplement pas en démocratie.

Pourquoi devrions-nous nous inquiéter d’une limitation de l’utilisation de la cravache comme outil de correction et non plus de sollicitation ? La raison est simple : si nous suivons cette route, nous reconnaissons implicitement que nous savions que la cravache était cruelle et que les courses hippiques et ceux qui les pratiquent le sont aussi. Apporter de l’oxygène au feu des anti-courses leur permettrait de continuer sur leur lancée.

Qui plus est, si nous permettons à cette perception de se développer, il ne sera pas possible d’apaiser les opposants au sport et la prochaine victime logique est l’obstacle, avec son taux d’accidentologie plus élevé. Ne vous trompez pas : les opposants les plus virulents à la cravache sont aussi les opposants les plus virulents aux courses hippiques et ils ne s’arrêteront pas tant que notre sport ne sera plus qu’une histoire ancienne. Et vous pourrez essayer de vous accrocher tant que vous voudrez à des bouées de sauvetage, ils ne cesseront de vouloir vous noyer.

Il semble qu’il n’y ait pas assez d’hommes de chevaux au sein de la B.H.A., qui puisse parler de manière empirique sur le principal participant de notre sport, le cheval. Luca Cumani (pour l’association des entraîneurs) semble être le seul dans ce cas au sein du Comité de la B.H.A. et il est assurément le seul membre à avoir l’expérience de l’homme de cheval. Cela doit être rectifié de toute urgence, ou la voix de la raison risque d’être enterrée.

Tous ceux qui travaillent avec les chevaux savent que la cravache n’est pas un "problème de bien-être" mais une question de discipline. Les règles que nous avons sur la cravache, en Grande-Bretagne, sont excellentes, même si je reconnais que les manquements aux règles devraient être sanctionnés plus durement. Nous devrions plutôt investir notre énergie et des moyens pour éduquer le public, au lieu de cette insistance atroce et constante sur la perception de la cravache.

Ensuite, nous devrions nous concentrer sur le problème réel du financement qui guette notre secteur économique et travailler pour trouver une solution urgente. C’est la plus grande menace pour le futur d’un sport qui joue un rôle majeur pour la bonne santé de nos campagnes et de tous ceux qui y vivent. »

Pour lire la version originale de cet article, cliquez ici (https://tweenhills.com/redvers-rant/4-the-whip)