ITM IRISH STALLION TRAIL 2020 - Le plan de Ballylinch Stud pour que Waldgeist triomphe au haras

International / 13.01.2020

ITM IRISH STALLION TRAIL 2020 - Le plan de Ballylinch Stud pour que Waldgeist triomphe au haras

Les 10 et 11 janvier, l'Irish Thoroughbred Marketing organisait la sixième édition de la version irlandaise de la Route des étalons : l'Irish Stallion Trail. Nous vous proposons de partir à la rencontre des haras qui font de l’Irlande l’un des plus grands pays d’élevage au monde.

Par Adrien Cugnasse

L’Irish Stallion Trail, c’est aussi l’occasion de traverser les superbes paysages de l’est et du sud de l’île. Les derniers kilomètres qui mènent à Ballylinch Stud sont d’une réelle beauté et si l’on devait illustrer ce qu’est l’Irlande rurale, ce sont assurément ces prairies traversées par les eaux de la Nore qui pourraient faire office de carte postale. Le haras a été créé dans les années 1910 pour accueillir The Tetrarch (Roi Hérode), considéré comme l’un des meilleurs 2ans de l’histoire des courses européennes. Malgré une libido irrégulière, il fut tête de liste outre-Manche. À peu près tous les pur-sang actuels – notamment par l’intermédiaire de Northern Dancer – portent son sang. Les férus d’histoire auront noté que le père du champion, Roi Hérode (Le Samaritain) était un cheval français… Comme un clin d’œil de l’histoire, un siècle plus tard, c’est avec des étalons façonnés en France que Ballylinch Stud connaît une réussite exceptionnelle. Lope de Vega (Shamardal), Make Believe (Makfi), New Bay (Dubawi), Waldgeist (Galileo)… sont tous d’anciens pensionnaires d’André Fabre.

Un Critérium de Saint-Cloud d’exception. Les spéculations ont été nombreuses depuis le mois d’octobre en ce qui concerne le lieu de monte du dernier lauréat du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe (Gr1). La réussite d’un autre élève de Dietrich von Boetticher, Lope de Vega, dans les mains de John O’Connor et de son équipe, a beaucoup pesé dans la balance. L’entourage de Waldgeist entend bien lui donner toutes ses chances et cela commence par le choix d'un box à la mesure de son ambition. Il occupe en effet celui de The Tetrarch, avec sa célèbre mosaïque ! John O’Connor nous a confié : « Quel plaisir de travailler avec Dietrich von Boetticher ! C’est un homme droit, une personne de parole. Sa passion pour son élevage est immense et il est facile de bien s’entendre avec une personne aussi impliquée. La confiance qu’il nous accorde avec Lope de Vega nous honore et nous allons tout mettre en œuvre pour obtenir la même réussite avec Waldgeist. Ce dernier est un prospect exceptionnel. Son palmarès parle pour lui. À commencer par sa victoire dans le Critérium de Saint-Cloud (Gr1). Cette édition restera comme l’une des meilleures courses pour 2ans depuis longtemps en France. » Dans ce Gr1, il devançait Best Solution (Caulfield Cup, Grosser Preis von Baden & Grosser Preis von Berlin, Grs1), Capri (Derby d’Irlande & St Leger, Grs1), Wings of Eagles (Derby d’Epsom, Gr1), Rekindling (Melbourne Cup, Gr1), Taj Mahal (Quayclean Zipping Sandown Classic & Quayclean Zipping Sandown Classic, Grs2), D'Bai (Emirates Al Fahidi Fort, Gr2), Rich Legacy (Clugston Construction May Hill Stakes, Gr2)…

Des soutiens de taille. Lancer de jeunes étalons est l’une des activités les plus difficiles du monde de l’élevage et tous les haras n’ont pas fait leurs preuves dans cet exercice. Ballylinch Stud a par contre prouvé son expertise en la matière et John O’Connor poursuit : « Waldgeist s’est imposé dans l’une des meilleures éditions de l’Arc vue de longue date, en devançant neuf lauréats de Gr1. Au total, il a remporté huit Groupes dont quatre Grs1… Après quatre années de compétition, c’est un cheval très sain. Sur le plan physique, il a beaucoup de qualité. En outre, il bouge très bien et son caractère est excellent. Enfin, son origine est en tout point remarquable. Il a vraiment un potentiel fantastique en tant qu’étalon. Et pour ses premiers pas au haras, il sera soutenu par trois haras à la grande réussite : Ballylinch Stud, le Gestüt Ammerland et Newsells Park Stud. Des parts ont également été vendues à des éleveurs de premier plan pour lui assurer un soutien important dès le départ. »

Lope de Vega, quand la classe et la vitesse se rencontrent. En ce qui concerne le porte-drapeau du haras, John O’Connor poursuit : « En 2019, Lope de Vega a dépassé la barre des 100 black types. C’est considérable pour un cheval âgé de 12ans seulement. Et son palmarès d’étalon va encore se renforcer dans les années à venir… Tout simplement parce que les générations issues de juments de top-niveau font leur apparition en piste. Même s’il a été bien soutenu dès le départ, à présent il a accès à des juments d’un tout autre calibre. » Seuls Galileo (36 black types), Dubawi (33 black types) et son père Shamardal (20 black types) ont donné plus de sujets capables de décrocher du caractère gras que Lope de Vega (18 black types) en 2019. Et il devance des étalons de valeur à ce classement (Frankel, Sea the Stars, Invincible Spirit…). John O’Connor détaille : « L’une des forces de Lope de Vega, c’est bien sûr d’avoir un pedigree indemne de Sadler’s Wells (Northern Dancer) et Danehill (Danzig). Mais c’est aussi et surtout le fait qu’il apporte vraiment beaucoup de vitesse, ce qui n’est pas une évidence pour un cheval qui a gagné un classique sur 2.100m. Lors de sa première génération, Lope de Vega a produit une gagnante des Cornwallis Stakes (Gr3) ainsi qu’un lauréat des Dewhurst Stakes (Gr1). Quand la classe et la vitesse se rencontrent, on obtient des résultats exceptionnels. »

Make Believe et New Bay retiennent leur souffle. Double lauréat de Gr1 en France, Make Believe a réalisé une belle saison avec ses 2ans, produisant notamment l’espoir classique Ocean Fantasy (Preis der Winterkönigin, Gr3), Rose of Kildare (Godolphin Oh So Sharp Stakes & William Hill Firth of Clyde Stakes, Grs3) et Tammani (Prix Isonomy, L). John O’Connor nous a confié : « Make Believe fut un bon 2ans, mais sa progression fut spectaculaire à 3ans. Et la réussite de ses premiers 2ans est donc d’autant plus prometteuse que l’on peut espérer que ses produits suivront la même progression. Il a donné trois lauréats de Stakes, avec un pourcentage de black type qui le place parmi les tout meilleurs de sa génération. Make Believe transmet sa volonté de gagner. On notera que certains de ses premiers 3ans ont des engagements de prestige. C’est le cas de Mishriff (2.000 Guinées d’Irlande, Gr1), Aesop (2.000 Guinées d’Irlande, Gr1), Gin Blossom (2.000 Guinées & Oaks d’Irlande, Gr1), Tammani (Derby d’Espsom, Gr1), Fiscal Rules (2.000 Guinées d’Irlande, Derby d’Epsom & Derby d’Irlande, Grs1)… C’est extrêmement positif pour les éleveurs, courtiers, propriétaires, pinhookers et entraîneurs qui ont fait confiance à Make Believe. » Autre lauréat classique français, New Bay va vivre une année cruciale car ses premiers 2ans seront en piste. « Nous sommes impatients de les voir courir. Pour l’instant, nous pouvons nous fier au retour que nous donnent les entraîneurs. À ce stade, sa production fait preuve de bon vouloir. Ce qui est important. Extrêmement bien né, Dubawi sur la famille de Kingman et Oasis Dream, il a des produits à l’entraînement chez André Fabre par exemple. »

Trois étalons en France en 2020. Ballylinch Stud est lié à trois étalons stationnés en France avec Fas (haras de Saint-Vincent), Dream Ahead (haras de Grandcamp) et Lawman (haras de Grandcamp). John O’Connor détaille : « Avec pas moins quatre sprinters au niveau Gr1 en 2019, Dream Ahead a réalisé une remarquable saison en piste. C’est plus que n’importe quel étalon européen. Sa réussite en France est notable et il est intéressant de noter qu’il aura trois fils au haras dans l’Hexagone en 2020 : Donjuan Triumphant, Al Wukair et Tornibush. Dream Ahead va durablement et positivement influencer les courses françaises. Ses porteurs de parts continuent à le soutenir, lui qui apporte classe et vitesse. Fas avait beaucoup de qualité et nous voulons donner sa chance à ce cheval qui en est pétri, mais dont la carrière a été perturbée par une blessure. Lawman continue à faire beaucoup de régularité et c’est une belle opportunité pour les éleveurs français. » Beat Hollow (Sadler’s Wells) va saillir un nombre limité de juments en 2020, lui qui est âgé de 23ans.