Je vote pour l’option 1 car les éleveurs souffrent

Institution / Ventes / 08.01.2020

Je vote pour l’option 1 car les éleveurs souffrent

Par Guillaume de Saint-Seine, éleveur sans sol et membre du Comité de France Galop

« En ce moment, tous les éleveurs français sont appelés aux urnes pour décider des taux de prime. Depuis lundi, je suis étonné d’avoir lu aussi peu de choses sur ce sujet… alors que la décision qui va être prise est hyper importante. On nous demande ni plus ni moins que de décider de nos revenus !

Personnellement, je voterai pour l’option 1 qui prévoit, en plat, une prime décroissant avec l’âge.

Pourquoi ce choix ?

D’abord parce que le fait de récompenser un peu plus les "jeunes" est dans l’ADN même de notre sport. Je n’ai pas besoin de rappeler que les allocations les plus importantes ont toujours été servies, à toutes les époques et partout dans le monde, à la génération des 3ans. Viennent ensuite les 2ans. Pourquoi cette primauté accordée aux 2ans et 3ans ? Parce que c’est sur ces deux classes d’âge que s’opère la sélection en plat – sélection qui est notre raison d’être.

Ensuite, je voterai pour l’option 1 parce que je trouve qu’il faut garder une harmonie entre les primes à l’éleveur et les primes propriétaires. Or les primes propriétaires suivent ce même chemin décroissant des plus jeunes aux plus vieux. Il est plus que jamais indispensable de se serrer les coudes, même symboliquement, entre éleveurs et propriétaires.

Enfin et surtout – c’est mon principal cheval de bataille – parce que les éleveurs souffrent aujourd’hui ; la réalité économique est impitoyable ; et elle exige d’encaisser autant d’argent que possible et aussi rapidement que possible. Pour cela, donner 15 % aux 2ans-3ans (option 1) me semble plus porteur que de limiter ce pourcentage à 13 % (option 2).

Pour moi, en conclusion, le choix qui doit être fait n’est pas social : on se trompe de combat quand on présente le débat sur les primes comme une lutte entre les petits et les gros. Le choix est économique et uniquement économique. À ce titre, comme petit éleveur, investissant régulièrement, je privilégie une récompense plus élevée et plus rapide. »