La joie de vivre

Courses / 30.01.2020

La joie de vivre

Il avait un éternel sourire greffé au visage. Et cette photo, pas très académique, c’était vraiment lui. Le courtier Sébastien Le Forban, 35 ans, nous a quittés brutalement mercredi soir, alors qu’il se trouvait en Floride, où il avait ses habitudes pendant la période hivernale. C’est un choc immense pour ses amis, et Dieu sait qu’ils étaient nombreux.

Très ému, Édouard Lyon, qui était très proche de lui, nous a confié : « Il faut garder la tête haute pour lui, mais c’est très, très dur. Sébastien, c’était quelqu’un toujours de bonne humeur, positif… Il avait un contact humain tellement exceptionnel ! Comme moi, il était originaire de Maisons-Laffitte, mais nous sommes vraiment devenus amis en Floride justement. Et nous ne nous sommes plus quittés. Il était là quand j’ai eu des moments difficiles, il savait trouver les mots pour me rebooster. Nous avions quelques chevaux ensemble et il venait à l’écurie quasiment tous les jours. C’était un vrai amoureux des chevaux et leur contact lui était indispensable. Il venait à l’écurie du soir et prenait plaisir à marcher les chevaux, les panser… même si ce n’était pas les siens. Bien qu’issu d’une famille dans les courses depuis plusieurs générations, on peut dire qu’il s’est fait lui-même. Il a travaillé en Australie, puis à Dubaï, pour Satish Seemar, qui n’avait pas hésité à lui confier la responsabilité de quelques chevaux en France. Il s’était ensuite lancé dans le courtage en France, et avait une jolie clientèle, française comme étrangère. C’était un super mec. »

Anna Sundstrom n’a pu retenir ses larmes en se remémorant les souvenirs avec son ami : « Avec Sébastien, nous avons fait tellement de bêtises ! Il était toujours heureux. Je n’imagine pas aller aux ventes sans voir son sourire, entendre ses blagues, même quand je présente un poulain à un grand client ! Avec lui, tout était possible. Il ne se posait pas de question, il vivait à 100 à l’heure… Mais c’était aussi un très grand professionnel, un excellent juge. Il était très sérieux, sans se prendre au sérieux… Nous étions devenus amis quand il nous avait acheté un cheval, qu’il avait nommé Swedish Dream par rapport à mon pays d’origine. Ses amis sont devenus mes amis, il faisait partie de ma famille. »

Rupert Pritchard-Gordon faisait aussi partie de la "bande" de Sébastien Le Forban. Il se rappelle : « Sébastien était une personne très attachante, chaleureuse, et surtout très drôle ! Je l’appelais "The entertainer". Il avait un don pour raconter les histoires, mettre l’ambiance dans les dîners… Tout le monde avait envie d’être autour de lui. Notre histoire d’amitié avait commencé quand j’avais acheté Dicton pour monsieur Ng. Nous avons partagé de très bons moments après les victoires du cheval. Il avait ensuite insisté pour que nous achetions Graignes, alors qu’il était yearling. Ce fut un pinhooking sympa, et plus tard, à la vente de l’Arc, il l’a acheté pour des clients anglais. J’espère que le cheval remportera une grande course pour lui rendre hommage. Il voyait bien les chevaux, travaillait sérieusement, mais tout en restant fun ! C’était aussi quelqu’un de foncièrement gentil, qui pensait aux autres. Il va manquer à beaucoup de personnes. »

Emmanuel Viaud a aussi voulu rendre hommage à celui qui était plus qu’un client pour Osarus : « Nous sommes choqués. Sébastien était quelqu’un de très positif, qui n’avait pas son pareil pour mettre l’ambiance ! Avec lui, il n’était jamais question de sinistrose ! Il adorait venir à La Teste et avait toujours une idée à proposer. Depuis plusieurs années, nous devions sauter en parachute ensemble, mais il y avait toujours un contretemps. En septembre dernier, alors que nous étions en route pour sauter, les organisateurs l’avaient appelé pour annuler parce que le vent avait tourné… »

Une cagnotte a été créée pour venir en aide à la famille de Sébastien Le Forban. Les dons seront consacrés aux frais médicaux, de rapatriement et d'obsèques. Elle est accessible via ce lien.