TRIBUNE LIBRE - Primes à l’éleveur : une option qui ouvre une première voie vers le bon sens

Courses / 05.01.2020

TRIBUNE LIBRE - Primes à l’éleveur : une option qui ouvre une première voie vers le bon sens

Par Hubert Tassin, président de l’association PP

« À partir de la mi-2018 et en 2019, il ne s’est pas tenu une réunion des instances de France Galop sans que les élus PP ne demandent une révision de la règle de suppression de la prime aux éleveurs pour les chevaux d’âge, au nom d’un nécessaire équilibre, d’une égalité de traitement et, plus encore sans doute, de l'impératif de cohésion entre les différentes catégories d'acteurs du Galop. Notre vice-président Baudouin de La Motte Saint-Pierre l’a encore évoqué lors du Comité de France Galop de décembre dernier. Ces chevaux d’âge, l'ensemble en a besoin pour les courses, pour les partants tout au long de l'année, pour la recette. Le président de France Galop a pris acte de la véritable fracture que cette mesure a provoquée tout au long des années 2018 et 2019. Il propose un retour en arrière salutaire, bien que partiel. Les PP ne peuvent que se féliciter que la production durable de chevaux de course ne soit pas absurdement sanctionnée. Ce n'était pas vraiment dans l'air du temps !

Une « consultation nationale » nous propose finalement de choisir entre deux options, sans même proposer le maintien du mécanisme qui avait été imposé en 2018. La première prévoirait une prime qui décroîtrait avec l’âge. Elle ne me semble pas acceptable. Elle propose, en effet, ni plus ni moins qu’une double peine en plat puisque la prime à l’éleveur est indexée sur ce que touche le propriétaire et que la prime propriétaire décroît déjà avec l’âge. La seconde option propose la solution la plus claire, la plus simple, la plus facile à appliquer : un taux identique de 13 % pour tous les âges en plat (pour les courses de pur-sang ouvertes) et de 14,5 % en obstacle.

Évidemment, il est regrettable que le taux de prime ne puisse pas retrouver ce qu'il était en 2017 : il ne peut s'agir à mes yeux que de la première étape pour corriger une baisse d'enveloppe de 2018 qui a – en plat – été orientée de façon à pénaliser les propriétaires de chevaux français par rapport à ceux de chevaux étrangers. Cela posé, c'est un premier pas et j’engage donc les éleveurs qui participeront à cette consultation à choisir la solution la plus claire et la plus lisible, c’est-à-dire l’option n°2 : l'éleveur d'un cheval français qui perçoit une allocation en France a droit à une prime.  Son montant doit dépendre de l'allocation avec un taux uniforme.

Quatre mois après la mise en œuvre de cette sinistre mesure, les PP avaient organisé au printemps 2018 une consultation par internet, dont le résultat avait été très clair, pour proposer ce que France Galop envisage enfin de faire aujourd’hui. Nous avions été alors très critiqués et même attaqués, pour cette initiative alors jugée inopportune. Nous ne pouvons que nous réjouir que le président de France Galop engage dorénavant France Galop sur un nouveau mode de management participatif et qui permet déjà aujourd'hui –et permettra évidement encore davantage demain sur d'autres sujets – à la base des propriétaires et des éleveurs d’exprimer alors clairement ses avis pour être nécessairement mis en œuvre. »