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Institution / Ventes / 14.01.2020

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Ce mardi 14 janvier, les "boss" des courses françaises étaient réunis pour la première fois ensemble face à la presse hippique au siège du PMU. Édouard de Rothschild, président réélu de France Galop, Jean-Pierre Barjon, nouveau président de LeTrot, Bertrand Méheut, président du PMU, et Cyril Linette, directeur général du PMU, ont présenté leurs vœux. Bonne année et bonne unité !

Par Anne-Louise Échevin

Mot d’ordre : unité. Pour Jean-Pierre Barjon, le mot d’ordre est « #onnelâcherien ». Pour Édouard de Rothschild, « les courses, c’est nous ». Si l’on doit retenir une chose de cette présentation des vœux – sans grandes annonces –, c’est cette volonté des patrons des courses françaises d’avancer ensemble, main dans la main. On nous dira que l’unité trot et galop était déjà affichée entre Édouard de Rothschild et l’ancien président du trot, Dominique de Bellaigue. Oui, mais le président de France Galop a souligné : « C’est une nouvelle façon de travailler. Les générations se suivent et ne se ressemblent pas forcément. C’est très différent de travailler avec Jean-Pierre et le président précédent du trot. Nos visions convergent, nous trouvons des solutions, nous sommes pragmatiques et nous allons à l’essentiel. Quand Jean-Pierre annonce les Assises du Trot, je regarde le sujet et je me dis que nous pourrions faire quelque chose de similaire au Galop. C’est très motivant et le nouveau Conseil d’administration de France Galop est très positif sur cette nouvelle méthode de partage. Il n’y a pas de compétition pour savoir qui sont les meilleurs entre Trot et Galop. Nous travaillons avec passion. Les frustrations que j’ai pu expérimenter pendant de nombreuses années sont balayées. »

Jean-Pierre Barjon, visiblement très enthousiaste lors de cette conférence, a souligné : « C’est un peu d’émotion pour moi : je suis le nouveau président et, en étant ici, je repense à ma campagne. […] J’apprécie de travailler avec Édouard et les équipes du PMU. La campagne a été intéressante car proactive. Les attentes sont très importantes du côté des socioprofessionnels, qui demandent à ce que l’on agisse et à changer beaucoup de choses. […] Nous avons quatre ans pour tout reconstruire. Cela semble beaucoup mais cela ne l’est pas. Nous sommes partis comme sur un sprint et il va falloir tenir la distance. Mais le sprint a très bien démarré. C’est un travail à temps complet. Avec Édouard, nous nous parlons quatre à cinq fois par jour et on se rencontre tous les deux ou trois jours. Il y a vraiment un lien très fort avec un objectif : construire ensemble ! »

Bertrand Méheut s’est quant à lui « réjoui de cette détermination à avancer tous ensemble. Le succès passe par la cohésion. Je crois qu’il n’y a pas de fatalité à voir dans la baisse des enjeux hippiques en France et, d’ailleurs, nous avons même affiché une croissance lors des trois derniers trimestres. Il y a beaucoup d’axes pour confirmer cette croissance et même l’accroître. C’est le travail commun de France Galop, du Trot et du PMU et ce sera la clé du succès ».

Le client : les joueurs. La stratégie du PMU sous Cyril Linette est désormais bien connue : se concentrer sur l’identité du PMU (le pari hippique), ses clients existants, dédensifier l’offre courses et paris, et gommer les "irritants" pour les joueurs. Cyril Linette est revenu sur cette stratégie : « Nous avons fait le choix de ne pas considérer un nouveau pari comme étant l’alpha et l’oméga du PMU. Un nouveau pari a tendance à phagocyter la masse. Mais cela ne veut pas dire que, demain, il n’y aura pas l’envie d’aller chercher de nouveaux clients. […] Je suis très content que nous puissions être encore plus unis pour l’avenir des courses. »

Jean-Pierre Barjon a rebondi sur cette stratégie du PMU : « L’un des points forts de la stratégie de l’équipe de Cyril Linette a été de gommer les irritants et cela a été fait pour le PMU, jusqu’à la prise du ticket. Mais on constate que cela n’a pas été fait en ce qui concerne la course. Or, la course est notre responsabilité et lorsque j’en ai parlé en interne, j’ai eu des propositions, comme pas mal de freins et d’interrogations. Nous avons organisé mardi dernier un Conseil d’administration qui a duré cinq ou six heures, pour acter une nouvelle méthode de travail. À la suite de cela, nous avons décidé quelque chose de fondateur : le joueur est au centre de notre raisonnement et de notre métier. France Galop et LeTrot sont garants de l’élevage, de la culture, mais on se doit de développer notre chiffre d’affaires. Qui dit ambition dit vivre en son temps, modernité. » Vers une révolution du code des courses et des pratiques au trot pour suivre les envies des joueurs ?

Le client : le propriétaire. Les deux clés de voûte des courses sont bien connues : il y a le joueur mais aussi le propriétaire. Jean-Pierre Barjon a commenté : « Pour développer le pari, il faut développer les courses et pour développer les courses, le propriétaire est fondamental. Le joueur est au centre de nos préoccupations et le propriétaire doit être le moteur de l’offre, de l’organisation. Le propriétaire achète un poulain à un éleveur : il est donc un client. Et il va préfinancer les gains de son cheval en payant l’entraîneur et l’entraîneur a besoin de clients. En un mot : on a besoin de clients… Joueurs et propriétaires. » Sachant que, au trot, nombreux sont les propriétaires à être aussi socioprofessionnels.

Édouard de Rothschild a ajouté : « L’objectif est que les propriétaires trouvent aussi beaucoup de plaisir. Il faut donc développer l’accueil, l’attractivité, le partage avec eux… Sinon nous n’aurons plus de financeurs. »

ParisLongchamp et ses DiXmanches

C’est l’une des annonces suite au Conseil d’administration de France Galop de ce lundi : après les JeuXdis de ParisLongchamp, il y aura ce que l’on peut appeler les DiXmanches de ParisLongchamp. Chaque dimanche, ce sont dix courses qui seront proposées à ParisLongchamp. Édouard de Rothschild a commenté : « C’est de l’optimisation. Nous nous demandions pourquoi les dimanches à Vincennes marchaient mieux que les dimanches à ParisLongchamp et nous avons constaté, parmi les différents paramètres, que s’il y a huit courses à Longchamp, il y en a tout simplement plus à Vincennes. Donc dès cette année, nous allons courir dix courses le dimanche à ParisLongchamp [hors réunion de l’Arc, ndlr]. » Lorsque l’on pose la question de savoir si la piste de ParisLongchamp peut supporter cela, surtout en cas de terrain lourd, la réponse d’Édouard de Rothschild est positive. Rappelons que ces deux courses supplémentaires sont décrites dans le communiqué comme des « courses supplémentaires riches en partants ». France Galop devrait donc ajouter chaque dimanche deux courses de handicap pour des chevaux de petites valeurs avec l’idée d’une valeur ajoutée pour les enjeux de la réunion donc, mais aussi de faire venir des "petits" propriétaires par exemple dans le temple du Galop français.

Les Assises du Trot : explications

Jean-Pierre Barjon a parlé des Assises du Trot, certainement le premier acte fort de son mandat. « Nous nous sommes inspirés du Grand débat lancé par Emmanuel Macron pour lancer les Assises du Trot d’une façon la plus opérationnelle possible. Ces Assises vont avoir lieu le 3 avril mais nous allons les préparer très en amont. Nous nous adresserons aux joueurs, aux socioprofessionnels, aux propriétaires, aux journalistes ou aux commissaires… À l’ensemble des acteurs. Et nous allons leur proposer de répondre à plein de questions. Une plateforme de travail collaboratif va gérer le système et, grâce à des moteurs de sémantique et à l’intelligence artificielle, il sera possible de classer des milliers de citations pour les amener dans des dossiers. Ce travail va nous permettre d’accueillir une vingtaine de professionnels experts dans leur domaine pour quinze jours de prise d’informations, puis une journée de travail pour "détourer la photo". Ces outils vont nous permettre d’apporter la vision des intervenants : le joueur pense cela, les professionnels de l’entraînement pensent cela, les drivers pensent cela… Le 3 avril, l’idée sera d’être dans l’échange complet d’un travail qui a été complètement balisé, avec la France entière pouvant donner son avis. Il y aura vraisemblablement quelques débats, suivis en live, et les spectateurs pourront voter et prendre position avec leur téléphone. Nous allons travailler principalement sur deux thèmes : les irritants pendant la course et comprendre ce que désire le joueur. »

Pour connaître le fonctionnement du logiciel de ces Assises du Trot, cliquez ici : https://youtu.be/b2jb0y5QTm0

Ils ont dit

Voici quelques citations sur des sujets variés abordés lors de cette conférence de presse.

Statut du PMU suite aux annonces de l’État en décembre. Édouard de Rothschild : « Nous avons vu comme vous les incantations de l’État et ce n’est pas inintéressant. Mais ce n’est pas un objectif en tant que tel. C’est un moyen et nous verrons cela le moment venu, nous n’en sommes pas encore là. »

Bertrand Méheut : « Je me permets d’ajouter que, souvent, les commentaires disent que le PMU veut transformer son statut en société anonyme. Je peux vous assurer que ni Cyril Linette ni moi-même, et ce dans quelque cercle que ce soit, n’avons considéré que c’était une priorité et, comme le dit Édouard de Rothschild, c’est peut-être un moyen. »

Dossiers prioritaires ? Jean-Pierre Barjon : « Il n’y a pas de hiérarchie dans les dossiers. […] Tout est un sujet aujourd’hui. Mais le point de départ, c’est qu’il y a de la compétence et de l’envie. En termes de management, il n’y a pas de sujet fort. L’un des gros sujets sera de sensibiliser tout l’écosystème pour les joueurs. J’ai eu un gros plaisir l’autre jour. Je parlais d’allures avec un entraîneur et son point de vue était qu’il ne faut pas se rapprocher des Suédois dans leur facilité à accepter des allures peu orthodoxes. Mais immédiatement après, il a dit : "Mais si les joueurs le réclament, il faut le faire". »

Fiscalité. Bertrand Méheut : « Je ne ferai pas de pronostic sur la date d’un changement de fiscalité mais je pense et je soutiens l’idée que, pour le PMU, il serait meilleur d’avoir une fiscalité assise sur le produit brut des jeux plutôt que sur les enjeux, comme cela se passe partout. Cela nous donnerait peut-être la possibilité d’être plus créatifs dans l’offre de jeux, avec des jeux dont le taux de P.B.J. serait un peu plus bas que celui du Quinté. »

Privatisation de la FDJ. Cyril Linette : « Cette privatisation donne certainement plus de marge de manœuvre encore à la FDJ et renforce cette nécessité de travailler tous ensemble. Je pense qu'à ce titre, nous avons peut-être perdu un peu de temps ces derniers mois. […] Plutôt que de raisonner en défensif, comme souvent dans ce monde, raisonnons en offensif : nous avons notre ADN, nos atouts, et il faut les faire fructifier mieux qu’aujourd’hui et en travaillant mieux, tous ensemble. »