Cracking Smart, le premier gagnant de Groupe au galop de Pascal Berthou

Élevage / 17.02.2020

Cracking Smart, le premier gagnant de Groupe au galop de Pascal Berthou

Coéleveur et copropriétaire du crack Ready Cash (Indy de Vive), Pascal Berthou est bien connu dans le milieu du trot. Éleveur de trotteurs, mais aussi de galopeurs en parallèle, il vient de signer un premier succès de Groupe sur les obstacles grâce à Cracking Smart (Great Pretender), vainqueur du Boyne Hurdle (Gr2) en Irlande.

Jour de Galop. – Dimanche dernier, Cracking Smart a offert une première victoire de Groupe à votre élevage au galop, à Navan. Pourquoi l’aviez-vous vendu en Irlande ?

Pascal Berthou. – C’était un grand cheval tardif, qui avait débuté au printemps de ses 4ans à Angers. Ce jour-là, il était tombé à la dernière haie, alors qu’il était en tête. Son ancien entraîneur, Donatien Sourdeau de Beauregard, m’avait dit que le cheval n’avait pas un programme favorable en France, et qu’il était préférable de le vendre. Comme Cracking Smart avait montré des moyens, à l’instar de sa sœur, Barbarella Smart (Hurricane Cat), cela n’a pas été difficile.

Comment avez-vous introduit la souche de Cracking Smart dans votre élevage ?

J’ai acheté mes deux premières poulinières au galop, Maya du Frêne (Le Pommier d’Or), future mère de Cracking Smart, et Indra du Frêne (Turgeon), à Marinette Avril. À l’époque, les deux juments étaient pleines de Saint des Saints (Cadoudal). Le premier produit de Maya du Frêne, Ascot Saintmartin (Saint des Saints), avait débuté sa carrière de manière prometteuse, mais il était fragile. Son deuxième produit, Barbarella Smart, était une bonne jument. À 3ans, elle avait remporté ses trois premières courses et terminé quatrième du Prix Jacques de Vienne (devenu Gr1 AQPS), ce qui lui avait valu de conclure en tête du classement des AQPS en plat, en 2014. À 4ans, Barbarella Smart a confirmé en s’imposant dans le Prix de l’Union des AQPS du Centre-Est (devenu Gr3), à Vichy. Ensuite, j’ai envoyé Maya du Frêne à la saillie de Great Pretender (King’s Theatre), un étalon qui était en vogue et qui convenait bien à la jument au niveau du modèle, et le croisement a donné Cracking Smart. La jument a produit en suivant un mâle nommé Hélios Smart (Balko), qui est aujourd’hui âgé de 3ans. J’ai vendu ce dernier un bon prix en Irlande, alors qu’il était foal. Depuis, Maya du Frêne a eu une infection, et nous n’arrivons plus à la faire remplir. Nous l’avons gardée à la retraite, et elle va jouer le rôle de nounou avec les poulains.

Pourquoi vous êtes-vous lancé dans l’élevage ?

Parce que je suis un entrepreneur ! J’ai été expatrié pendant 35 ans, durant lesquels j’ai créé et managé plusieurs sociétés de construction pétrolière en Afrique. Avant de tomber sur Ready Cash, je n’avais jamais mis les pieds sur un champ de courses. À mon retour de l’étranger, j’ai acheté une propriété à Montsûrs, en Mayenne. Mon fils s’est retrouvé à l’école avec le fils de Pierre Tébirent, futur coéleveur de Ready Cash, et c’est ainsi que nous nous sommes connus : un pur hasard. Quand Ready Cash est devenu un crack, j’ai voulu découvrir un autre business et je me suis lancé à la fois dans l’élevage de trotteurs et de galopeurs, il y a une dizaine d’années.

Combien de poulinières de galop possédez-vous à l’heure actuelle ?

Malheureusement, Indra du Frêne est morte des suites de coliques en 2015. Elle avait bien fait au haras en me donnant trois gagnants sur quatre produits, dont Algrey Saintmartin (Saint des Saints), qui s’était imposée à 3ans sur les haies de Fontainebleau. J’ai gardé cette dernière à l’élevage, ainsi que Barbarella Smart, qui est vide de Manduro (Monsun) et va le rencontrer à nouveau cette année. J’ai aussi deux poulinières de plat, Viva Béré (Hold that Tiger) et Galilée Smart (Olympic Glory). Je compte garder mes souches d’obstacle dans le but de les commercialiser, mais l’obstacle est une discipline difficile. Désormais, je préfère tenter ma chance en plat. J’ai d’ailleurs gardé sous ma casaque un 2ans nommé Iron Smart, par Dabirsim (Hat Trick) et Viva Béré, qui est à l’entraînement chez Édouard Monfort.