EN RÉGION - Jacques Rossi : « Préserver Borély est une nécessité pour préserver la filière » 

Courses / 27.02.2020

EN RÉGION - Jacques Rossi : « Préserver Borély est une nécessité pour préserver la filière » 

Le 25 novembre dernier, le Conseil municipal de Marseille a décidé de ne pas reconduire le bail de l’hippodrome de Borély, lequel expire en février 2022. À l’approche des élections municipales, Jacques Rossi, le nouveau président de la Société hippique de Marseille, est dans l’expectative, mais aussi combatif.

Jour de Galop – Une partie de l’avenir de Marseille-Borély va se jouer lors des élections municipales. Quel est votre état d’esprit ?

Jacques Rossi – Nous attendons de pied ferme les résultats des prochaines élections municipales. Des candidats souhaitent le maintien de l’hippodrome de Marseille-Borély, d’autres, comme Martine Vassal [étiquette L-R, ndlr], veulent le détruire. Nous y verrons plus clair dans les prochaines semaines, mais ce qui est sûr, c’est que nous allons nous défendre pour rester sur notre hippodrome et que nous entamerons des discussions dès que les résultats seront connus. Rien n’a changé nous concernant depuis le 25 novembre dernier et la décision de Conseil municipal sortant de ne pas renouveler notre bail. Lors de notre récent Conseil d’administration, il a été réaffirmé à l’unanimité notre volonté de rester à Borély.

La Société hippique de Marseille sans Borély, est-ce possible ?

Nous organisons 74 réunions par an, 40 à Vivaux et 34 à Borély. Ce sont 33 personnes qui travaillent sur les deux sites et le centre d’entraînement de Calas. Techniquement, Vivaux ne pourra pas accueillir les 34 réunions de Borély, donc il faudra bien une issue. Aujourd’hui, Borély accueille les courses "classiques", les Quinté +, les Grands Prix,… ce que Vivaux, là encore, ne peut pas faire. Nous avons 600 chevaux à l’entraînement à Calas. La semaine dernière à l’étranger [jumelé marseillais à Doha dans l’ITM Cup (Gr2 local) avec Stunning Spirit (Invincible Spirit) et Marianafoot (Footstepsinthesand)], les chevaux marseillais ont prouvé qu’ils étaient très performants. Depuis trois ans, nous avons de bons chevaux qui s’imposent même hors de France. Nous sommes montés en gamme à tous les niveaux, en termes de propriétaires, d’entraîneurs, et de qualités de pistes. Préserver Borély est donc une nécessité pour préserver la filière, et plus globalement notre Institution.

Justement, l’Institution a récemment adressé une lettre ouverte aux différents candidats de la mairie de Marseille.

Oui, nous sommes très soutenus par les instances, et, plus localement, des comités de soutiens se sont constitués. Je tiens à rappeler que Marseille-Borély représente pour la municipalité un loyer annuel de 130.000 €, que nous payons aussi une taxe foncière de l’ordre de 200.000 € par an, et que la municipalité ne nous reverse rien de la loi Myard, soit 200.000 €. Cela ne leur coûte donc rien, et nous générons des centaines d’emplois. À l’inverse, on sait que le projet de construire ce gigantesque parc en lieu et place de notre hippodrome représente plusieurs centaines de millions d’euros de travaux. Tout cela est très politique de toute façon.

Quelles sont vos autres priorités pour la Société hippique de Marseille ?

Depuis quatre ans, des travaux ont été menés aussi bien sur Borély que sur Vivaux. À présent, nous allons en récolter les fruits. Nous n’avons aucun grand chantier à mener cette année. Il s’agit juste de bien entretenir l’ensemble. Pour la fréquentation, et comme c’est le cas de toutes les Sociétés qui organisent plusieurs réunions dans l’année, nous sommes confronté à une désertification. Fidéliser un public avec des horaires qui varient constamment est impossible. Beaucoup de personnes viennent à nos belles nocturnes du mois de juin et du premier samedi de juillet, mais on ne les revoit pas ensuite. Ce sera l’un des enjeux des années à venir.