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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Erwan Grall - « Entraîner à Maisons-Laffitte, c’était une évidence »

Courses / 15.02.2020

Erwan Grall - « Entraîner à Maisons-Laffitte, c’était une évidence »

Erwan Grall : « Entraîner à Maisons-Laffitte, c’était une évidence »

Connu pour avoir été l’assistant-entraîneur de Guy Chérel durant huit ans, Erwan Grall s’est installé à son compte en octobre à Maisons-Laffitte. À la tête d’un effectif de vingt-quatre chevaux, le professionnel devrait bientôt avoir un premier partant dans un Groupe avec Danse avec Jersey (Spanish Moon).

Par Alice Baudrelle

Jour de Galop. – Vous avez réalisé un bon meeting de Pau, où vous avez décroché quatre succès, dont trois acquis avec Danse avec Jersey, qui est invaincu depuis son arrivée au sein de votre écurie. Chez vous, le cheval a retrouvé une deuxième jeunesse…

Erwan Grall. Le cheval a eu une saison compliquée en 2018, à cause d’un problème de pied qui a mis du temps à guérir. Il a bénéficié d’un bon break, ce qui lui a permis de trouver des engagements faciles pour son retour à la compétition. Nous avons été au plus simple pour lui redonner du moral, et ça a fonctionné. Danse avec Jersey m’a offert ma première victoire dès mon deuxième partant, le 23 novembre, à Nantes, et il a enchaîné avec trois succès à Pau. Il a gagné en haies et en steeple, mais il est meilleur en haies. Il va courir soit le Prix Juigné (Gr3), le 1er mars, soit le Prix Hubert d’Aillières (L), le 7 mars. A priori, ce sera le Juigné. Le cheval aura l’avantage d’arriver en pleine forme sur une distance trop courte pour certains, tandis que d’autres feront leur rentrée. Si ça ne se passe pas bien, il retournera sur le steeple. Et lorsque les terrains s’assécheront, il partira en vacances, car c’est un cheval qu’il ne faut pas faire courir sur des pistes trop rapides.

Parmi vos propriétaires, on retrouve des noms prestigieux à l’image du haras de Saint-Voir, de Pegasus Farms, ou encore de l’écurie Victoria Dreams. Cela doit être gratifiant d’accueillir dès le début d’aussi belles casaques…

Oui, c’est le fruit de mes nombreuses années en tant qu’assistant-entraîneur. J’ai toujours été en contact avec Nicolas de Lageneste par le biais de Thomas Trapenard et de Guy Chérel, deux de mes anciens employeurs, qui entraînaient pour lui. L’arrivée du haras de Saint-Voir dans mon écurie s’est donc faite naturellement. Je connaissais déjà aussi Hervé Barjot et Jean-Philippe Dubois, qui m’ont confié deux chevaux, sur lesquels ils sont tous les deux associés. L’un d’eux, So Sweet (Montmartre), est un frère de We Have a Dream (Martaline), qui a gagné le Future Champions Finale Juvenile Hurdle (Gr1) en Angleterre. Il n’a pas un modèle fou, mais il travaille très bien et va bientôt débuter à Auteuil. L’autre, Astarablue (Blue Brésil), est issu d’une bonne famille d’obstacle, celle qui a donné Grand Seigneur, Hunorisk, Le Toiny… Je pense que c’est un vrai bon cheval. Il montre beaucoup de classe sur le plat. Il est encore perfectible sur les obstacles, mais il devrait courir rapidement à Auteuil. Il débutera peut-être dans le Prix Rohan (L). En tout cas, c’est un honneur d’avoir été sélectionné par ces propriétaires pour entraîner quelques-uns de leurs chevaux. De manière générale, je tiens à remercier tous les propriétaires qui m’ont poussé à passer ma licence ; à la base, je n’étais pas vraiment décidé. Nicolas de Lageneste et David Powell m’ont aidé pour mon dossier de stage, et Jean-Michel Carrié, qui est à l’heure actuelle mon plus "gros" propriétaire, m’a particulièrement soutenu.

Vous avez également reçu un poulain dont les origines détonnent dans votre écurie d’obstacle. Il s’agit de Circular Quay, qui avait été cédé 380.000 Gns yearling à Michael Vincent Magnier, lors du book 1 de Tattersalls…

Circular Quay est un fils de No Nay Never (Scat Daddy), qui a gagné le Prix Morny (Gr1), et c’est le frère du stayer Raymond Tusk (High Chaparral) et de Striking Dancer (Smart Strike), tous deux gagnants au niveau Gr2 en plat. Il n’est donc pas du tout prédestiné à sauter, mais c’est un excellent sauteur ! Avant d’arriver chez moi, il était à l’entraînement chez Aidan O’Brien, mais il n’avait pas assez de vitesse. C’est un cheval qui pèse 565 kg ; il est très tardif. Il a beaucoup de fond et devrait bien s’adapter au tracé d’Auteuil, mais c’est plus un cheval pour l’automne.

Quels sont vos espoirs parmi vos 3ans ?

Nouveau Monde (No Risk at All) va faire partie des premiers à débuter. C’est un poulain très facile, très pratique, qui fait tout bien. J’aime bien aussi Invité Spécial (Sinndar), qui semble être un bon cheval et devrait débuter au printemps. Ses travaux du matin sont très prometteurs. À l’automne, j’espère pouvoir compter sur Anjou Bleu (Joshua Tree) et Good Ball (Doctor Dino), qui ont davantage le profil d’un Prix Finot (L).

Pourquoi avez-vous choisi de vous installer à Maisons-Laffitte ?

Pour moi, c’était une évidence. Les pistes de Maisons-Laffitte sont celles que je connais le mieux, car j’y ai longtemps travaillé. J’ai également passé cinq ans au service de Robert Collet, à Chantilly, mais je trouve que c’est plus facile d’entraîner un cheval d’obstacle ici. Nous sommes mieux équipés à Maisons-Laffitte qu’à Chantilly, car il y a plus de variété d’obstacles. Quand on va travailler les chevaux à Fromainville, c’est comme si on allait aux courses ! Cela les avance beaucoup. À Maisons-Laffitte, on a davantage de choix au niveau de la profondeur des pistes. On a la forêt tout près pour changer les idées aux chevaux. Et puis, au niveau accès, nous sommes à proximité de tout.