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Jour de Galop

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LE MAGAZINE - Ces inédits de rêve qui sont en lice pour les classiques français en 2020

Courses / 25.02.2020

LE MAGAZINE - Ces inédits de rêve qui sont en lice pour les classiques français en 2020

On dit souvent qu’il faut avoir brillé à 2ans pour gagner un classique. C’est parfois vrai, mais ce n’est pourtant pas une règle gravée dans le marbre. Et dans la liste des engagés classiques de cette année, parmi les inédits, on trouve des profils qui font rêver !

Par Franco Raimondi

Ils sont 135 et ils n’ont jamais vu un hippodrome. C’est-à-dire qu’ils représentent quasiment un quart du total des engagés dans les classiques français et les grands Grs1 réservés aux 3ans dans notre pays. Cette "liste d’or" commence par la lettre A d'Alikova (Galileo), la fille de Goldikova (Anabaa), et se termine par le Z de Zaykava (Siyouni), la fille de Zarkava (Zamindar).

Castle Lady, Channel et Siyarafina, le coup de trois. L’année dernière, les trois pouliches qui ont gagné la Poule d’Essai, le Prix Saint-Alary et le Prix de Diane étaient inédites au moment des engagements. Castle Lady (Shamardal) a fait ses débuts sur la P.S.F. de Chantilly le 14 mars de son année de 3ans. La pensionnaire d’Henri-Alex Pantall, qui porte les couleurs de Godolphin, avait alors remporté par trois longueurs et demie une course réservée aux inédites. Le 12 mai, après s’être imposée dans le Prix de la Grotte (Gr3) et avoir mérité sa supplémentation, elle a placé son nez devant Commes (Le Havre) dans les Guinées françaises. Siyarafina (Pivotal), quant à elle, a attendu le 4 avril pour ouvrir son palmarès dans une épreuve similaire sur le gazon de Saint-Cloud. Cinquante-deux jours plus tard, elle s’est imposée dans le Saint-Alary pour sa troisième sortie. Francis-Henri Graffard a présenté Channel (Nathaniel) le 30 mars à Saint-Cloud. Elle s’est classée deuxième avant de passer par Lyon-Parilly, où elle a décroché son premier succès le 27 avril. Avant son jour de gloire dans le Prix de Diane, elle avait confirmé son succès lyonnais dans une Classe 1 à Chantilly

CES LAURÉATS DE GR1 FRANÇAIS À 3ANS QUI N’AVAIENT PAS COURU À 2ANS

Année Cheval Entraîneur Débuts Hippodrome Classement  Course gagnée
2018 Castle Lady Henri-Alex Pantall 13-mars Chantilly 1 Poule d'Essai des Pouliches
2018 Channel Francis Henri Graffard 30-mars Saint-Cloud 2 Prix de Diane
2018 Siyarafina Alain de Royer Dupré 04-avr Saint-Cloud 1 Prix Saint-Alary
2016 The Gurkha Aidan O'Brien 06-avr Leopardstown 3 Poule d'Essai des Poulains
2015 Erupt Francis-Henri Graffard 23-avr Lyon-Parilly 1 Grand Prix de Paris
2015 Queen's Jewel Freddy Head 30-mars Saint-Cloud 1 Prix Saint-Alary
2014 Vazira Alain de Royer Dupré 31-mars Chantilly 1 Prix Saint-Alary
2013 Flintshire André Fabre 07-mai Chantilly 1 Grand Prix de Paris
2012 Valyra Jean-Claude Rouget 14-avr Bordeaux-Le Bouscat 1 Prix de Diane
2011 Reliable Man Alain de Royer Dupré 12-avr Saint-Cloud 1 Prix du Jockey Club
2011 Wavering André Fabre 04-avr Longchamp 6 Prix Saint-Alary
2010 Sarafina Alain de Royer Dupré 03-mai Chantilly 1 Prix de Diane et Prix Saint-Alary

Plus facile pour les pouliches. Dans les six grandes courses pour poulains et pouliches, le taux de réussite de ceux qui n’ont pas couru à 2ans est excellent. Ces dix dernières années, ils en ont gagné treize. Cinq inédites à 2ans ont gagné le Prix Saint-Alary sur la période. Il s’agit des pouliches de Son Altesse l’Aga Khan, Sarafina (Refuse to Bend), Vazira (Sea the Stars) et Siyarafina, trois chefs d’œuvres signés du maître Alain de Royer Dupré. Alors que Wavering (Refuse to Bend) a gagné pour André Fabre et Queen’s Jewel (Pivotal) a fait briller la casaque Wertheimer sous l’entraînement de Freddy Head. Dans la foulée, Sarafina avait remporté le Prix de Diane. Deux ans plus tard, une autre Aga Khan, mais entraînée par Jean-Claude Rouget cette fois, a gagné les Oaks françaises. Son nom ? Valyra (Azamour) ! Elle avait découvert les couleurs le 14 avril de ses 3ans, à Bordeaux-Le Bouscat.

Plus dur pour les poulains. Avec neuf succès sur 13, les pouliches ont fait le gros du travail. C’est en revanche plus dur pour les mâles. Reliable Man (Dalakhani) est le seul des dix derniers lauréats du Prix du Jockey Club à ne pas avoir foulé les pistes à 2ans. Il a débuté le 12 avril à Saint-Cloud et est devenu classique 54 jours après. La Poule d’Essai est en théorie la course plus difficile pour un poulain qui n’a pas couru à 2ans. Aidan O’Brien avait attendu le 6 avril de ses 3ans pour présenter The Gurkha (Galileo) et il a été battu dans la boue de Leopardstown. Il a remporté son premier succès onze jours après à Navan. Et, quatre semaines plus tard, il s’est promené à Deauville. Le Grand Prix de Paris est plus favorable aux sujets tardifs. Flintshire (Danehill) a débuté en gagnant le 7 mai. Et le 13 juillet, pour sa quatrième sortie, il gagnait le 3ans de tenue. Erupt (Dubawi) a gagné le Grand Prix en invaincu, après deux succès à Lyon-Parilly et une victoire dans le Prix du Lys (Gr3).

Les 26 inédits de Fabre. Les treize gagnants dont nous avons parlé étaient entraînés par sept professionnels différents. Ces derniers ont encore beaucoup d’espoirs classiques sur les listes des belles épreuves françaises en 2020. André Fabre peut compter sur 61 engagés, dont 26 sont inédits. Chez lui, mes pouliches (18) sont majoritaires. Et s’il ne fallait en citer qu’une, ce serait Queen’s Opal (Dubawi), la demi-sœur du lauréat de l’Irish Derby (Gr1) Jack Hobbs (Halling), achetée 750.000 Gns (938.000 €) par Godolphin. Chez les poulains, on peut citer Baltic Gold (Golden Horn), issu de la gagnante du Prix Vermeille (Gr1) Baltic Baroness (Shamardal), et Royaume Uni (Galileo), demi-frère du champion allemand Novellist (Monsun).

Maître Alain, Rouget et leurs Aga Khan. Sur les 19 sujets engagés par Alain de Royer Dupré, 15 n’ont pas encore débuté. Si l’on s’arrête à la lettre Z, on trouve Zaykava (Siyouni), la fille de Zarkava (Zamindar). Mais on trouve aussi une sœur de la championne, Zarza (Charm Spirt) et son petit-fils, Zeyrek (Sea the Stars), issu de sa première fille, Zerkaza (Dalakhani). La lettre de D de Dalakhani (Darshaan) est représentée par la pouliche Dalmawa (Kingman). Elle l’est aussi avec Darzaviyna (Golden Horn), demi-sœur du lauréat de Gr1 et étalon Dariyan (Shamardal). Jean-Claude Rouget a cinq inédits en lice pour les classiques, dont trois pour la casaque princière. Velamar (Le Havre) est issu du croisement entre un gagnant du Prix du Jockey Club et Velannda (Sea the Stars), une demi-sœur de Valyra qui a remporté le Diane pour l’entraîneur palois. L’entraîneur classique a aussi sous sa responsabilité Edge of Victory (Kingman), un fils de la lauréate de la Poule d’Essai des Pouliches Beauty Parlour (Deep Impact). Il a été élevé par Peter Brant. Dermot Weld, quant à lui, a cinq inédites de l’Aga Khan.

Francis-Henri Graffard et son amour pour Lyon, les filles de stars de Freddy Head. Francis-Henri Graffard dispose de dix pouliches et deux poulains qui n’ont pas encore découvert les plaisirs de la compétition… tout en nourrissant des ambitions classiques. Lorsqu’il en présentera un à Lyon, faites attention… ! Au rayon des inédits " déjà célèbres", Freddy Head entraîne deux produits de ses championnes : il s’agit d’Alikova (Galileo & Goldikova) et de Cloudy (Dubawi & Moonlight Cloud). George Strawbridge lui a confié Another Sky (Le Havre), un demi-frère d’Almanzor (Wootton Bassett), dont il a acheté la mère, Darkova (Maria’s Mon).

Carlos Laffon-Parias et l’artillerie Wertheimer. Les autres entraîneurs de la casaque Wertheimer doivent encore sortir leurs cartouches. Carlos Laffon-Parias est bien pourvu avec quatre sujets. Trois sont issus de lauréates de Gr1 : Galawi (Dubawi & Galikova), Seamia (Sea the Stars & Solemia) et Silastar (Sea the Stars & Silasol). La quatrième, la bien nommée Right Hand (Lope de Vega), est une demi-sœur de Left Hand (Dubawi), laquelle a gagné le Prix Vermeille. André Fabre a aussi quatre inédits aux ambitions classiques pour le compte de l’écurie Wertheimer, dont Toddilea (Galileo), une demi-sœur de Queen’s Jewel.

Aidan et ses Galileo. Les étrangers ont engagé 34 inédits. Aidan O’Brien en a huit, son fils Donnacha quatre et son autre fils Joseph trois. Le premier peut compter sur six Galileo (Sadler’s Wells), dont Gauntlet, un demi-frère de la gagnante du Prix de l’Arc de Triomphe et des King George VI and Queen Elizabeth Stakes Danedream (Lomitas). John Gosden n’a pas d’inédits, tandis que Charlie Appleby en compte une seule, Sakura Petal (Dubawi), issue de Dancing Rain (Danehill Dancer), lauréate des Oaks et mère de Magic Lily (New Approach), la jument qui, après deux ans d’absence, a remporté deux Grs2 cet hiver à Meydan.

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