Le PMU anglais n’est pas dead

International / 10.02.2020

Le PMU anglais n’est pas dead

Le Tote anglais, seul opérateur britannique de pari mutuel, garantira au Festival de Cheltenham, et pour la première fois sur son réseau en dur, des prix au "mutuel" au moins égaux au starting price, soit le prix agréé au départ de la course par l’ensemble des bookmakers, c’est-à-dire en cote fixe.

Cette mesure, déjà mise en place sur le réseau mutuel en ligne par UK Tote, vise à rassurer les plus gros parieurs du marché britannique, qui préféraient jusqu’à présent miser avec les bookmakers pour être certains de toucher la cote agréée. En effet, si les rapports du mutuel sont souvent meilleurs que ceux des bookmakers pour les outsiders, ils sont en revanche souvent inférieurs pour les favoris.

Pendant ce temps, en France, on dit que certains opérateurs de pari mutuel en ligne font de même avec pour référence les rapports du PMU : ils payent systématiquement plus que ce benchmark. Cela trahit un abondement hors pari-mutuel, mais il n’est bien sûr pas annoncé en amont puisque ce n’est pas conforme à la loi.

Outre-Manche, l’offre de l’UK Tote est lancée au moment où les bookmakers, sous pression, doivent de plus en plus souvent proposer des cotes supérieures à ce qu’une répartition neutre les conduisait à offrir. Comme dans les paris sportifs, ils sacrifient parfois le bénéfice à court terme pour préserver leurs parts de marché. Du coup, pour limiter les dégâts, ils fermeraient régulièrement les comptes des parieurs trop malins…

En somme, en cote fixe comme au mutuel, les opérateurs regagnent ailleurs ce qu’ils perdent sur une ou plusieurs occurrences.

UK Tote a été racheté l’année dernière par un groupe d’investisseurs au bookmaker Betfred pour 115 millions de livres, soit 136 millions d’euros au cours actuel. Ces actionnaires, qui ne sont pas des philanthropes, estiment que la part du pari mutuel sur le marché britannique –environ 4,8 % en 2017 selon les chiffres de la Fédération internationale des autorités hippiques – est anormalement basse et qu’il y a matière à l’augmenter.

Ils y croient.

Le pari mutuel en Grande-Bretagne est pourtant, pour reprendre un terme familier des cadres supérieurs de notre époque, un "marché mature". Le mot "mature", chez ces gens-là, signifie "mort", ou "dead", pour rester en conformité avec leur lexique. C’est aussi un très bon prétexte pour ne pas réfléchir à des offres alternatives : on ne soigne pas les morts.

Dès lors, ces marchés ne sont pas considérés. Et c’est dommage.

Pour lire l’article du Racing Post à ce sujet, cliquez ici.