LE REGARD TOURNÉ VERS L’AVENIR - Didier Guillemin, des juniors et bien plus encore

Courses / 18.02.2020

LE REGARD TOURNÉ VERS L’AVENIR - Didier Guillemin, des juniors et bien plus encore

Par Franco Raimondi

Il a de très bons résultats avec ses 2ans, avec lesquels il est deuxième du classement par gagnants. Et il ne faut pas oublier que c’est aussi un entraîneur d’anglo-arabes, d’arabes, de sauteurs... Didier Guillemin est sur tous les fronts : l’année dernière, il a couru 113 chevaux, dont 55 ont gagné une course.

Les 2ans ont pris un tiers des gains. Les statistiques ne suffisent pas à tout expliquer. Les gains de l’écurie, avec l’aide de la prime, ont atteint 2.203.447 €, et tous les pensionnaires y sont pour quelque chose. Neuf de ses treize anglo-arabes ont rapporté 397.000 € d’allocations, alors que le bilan des 2ans est de 24 gagnants sur 46 partants, avec 756.615 € de gains. Les 3ans et plus, eux, pèsent 930.962 €, alors que les 118.870 € manquant sont à mettre au crédit des sauteurs. Les 2ans représentent donc plus d’un tiers des gains, un petit record. Didier Guillemin, comme chaque entraîneur, reste prudent à un mois de la première course en région parisienne réservée à cette génération, le Prix de la Marche, à l’affiche le jeudi 19 mars à Saint-Cloud : « Avec les 2ans c’est un peu au jour le jour. Quand vous pensez tenir un poulain précoce, un petit problème survient au galop suivant. Pour un autre que l’on estime plus tardif, à l’inverse cela s’enclenche soudainement. »

2019, une année record. Le professionnel montois se refuse à toutes comparaisons avec son lot de 2019 : « Si on arrive avec les 2ans de cette année au même résultat que l’an passé, ce serait top. Mais je ne suis pas médium et je ne peux donc pas vous dire si mes juniors de 2020 sont meilleurs ou moins bons que leurs aînés. Je ne suis pas du genre à dire : j’ai un lot exceptionnel ou celui-là sera le premier à courir. On peut juste noter qu’au niveau des origines cette année, il y a un peu plus de qualité, et que pour le moment tout se passe bien. Mais c’est tout ce que je peux dire pour l’instant. »

Quantité et qualité. Quarante-cinq sujets de 2ans sont déjà à l’écurie, et l’entraîneur en attend encore d’autres. Ces 45 juniors sont enregistrés sous 30 propriétaires ou associations différentes. L’entraîneur lui-même est associé sur 12 produits avec des différents propriétaires et détient deux juniors à 100 %. L’écurie Jarlan, qui lui a confié huit poulains et pouliches, tous élevés maison, est le propriétaire le plus représenté. Didier Guillemin explique : « Il faut avoir un peu de quantité, car ça donne de la profondeur et vous permet de mieux gérer les juniors. Mais plus que les statistiques, je regarde les bons chevaux. Les courses qui font parler sont les Groupes et les Listeds, c’est à ce niveau-là qu’il faut gagner. Mais il faut garder à l’esprit que chaque poulain de l’écurie puisse faire plaisir à son propriétaire et devienne rentable. »

Une Kingman pour Pierre Pilarski. Vingt-cinq sujets sont passés sur des rings de ventes et ils se sont vendus pour un chiffre d’affaires total de 667.000 €. Autrement dit, à eux tous ils valent autant qu’un 2ans issu d’une grande maison… La vente d’octobre d’Arqana est le marché de référence avec 10 sujets, mais 5 sont passés à la v.2 et 4 chez Osarus. Le top price de l’écurie est une pouliche par Kingman (Invincible Spirit) achetée 150.000 € à la vente d’août et qui appartient à Pierre Pilarski, au haras d’Étreham et Éric de Chambure. Didier Guillemin nous confie : « C’est la première fois que j’ai chez moi une pouliche ayant affiché un tel prix ! Elle est très belle, possède de la classe. Il est trop tôt pour en parler, car elle est arrivée il y a un peu plus d’une semaine. Je m’entends bien avec monsieur Pilarski, c’est un plaisir d’entraîner pour lui. »

Scissor Kick parmi les jeunes étalons. Les pouliches sont majoritaires (25), alors qu’il y a au total 31 étalons représentés, dont cinq ont leurs premiers 2ans. Parmi ces derniers, trois sont d’origine australienne : Exosphere (Lonhro), Pride of Dubai (Street Cry), qui a déjà deux gagnants en Australie, et Scissor Kick (Redoute’s Choice), lequel a produit un placé black type en Nouvelle-Zélande, la pouliche Hasstobemagic. Exosphere et Pride of Dubai sont restés en Australie, tandis que Scissor Kick officie au haras d’Étreham en 2020. Didier Guillemin nous confie : « J’ai deux poulains par Scissor Kick. Ils évoluent bien, ce sont de jeunes chevaux précoces. »

Le frère de Sexy Metro pour Gérard Laboureau. Quatre 2ans de la team Guillemin sont issus de mères ayant décroché leur black type en course et quatre autres proviennent de mères dont les produits ont déjà décroché leur caractère gras. Une seule remplit ces deux cases : il s’agit de Molly Mara (Big Shuffle), mère d’une pouliche par Exosphere élevée par son propriétaire, Zien ben M’rad. Outre celle de Pierre Pilarski, une autre casaque, plus connue au trot, celle de Gérard Laboureau, est représentée par Bobby (Diamond Green), un propre frère de Sexy Metro, deuxième du Prix Robert Papin (Gr2). Son entraîneur est confiant : « Il n’est pas précoce comme Sexy Metro, mais il a tout pour faire un bon 2ans. Je suis très content de l’avoir. »

Nos cinq coups de cœur

  • LA JONCTION (F2)

(Kingman & Harem Lady, par Teofilo)

Pr. : Écurie Pierre Pilarski, Haras d’Étreham & E.de Chambure

El : Haras d’Étreham & E. de Chambure

Cette pouliche a fait monter les enchères à 150.000 €, quelques mois avant que Juddmonte ne se décide à doubler le tarif de son père, Kingman (Invincible Spirit), à 150.000 £ (180.000 €). Ce dernier a donné 17 gagnants black types en deux générations (227 produits). La mère, Harem Lady (Teofilo), s’est classée deuxième du Prix Allez France (Gr3) et a failli décrocher une place de Gr1 dans le Prix Jean Romanet. Elle ne compte que trois autres produits, dont la pouliche de 4ans Chance (Showcasing), lauréate de trois courses en Angleterre avec à la clé un rating de 91. La deuxième mère, Luminosity (Sillery), a donné neuf gagnants, dont deux se sont imposés au niveau Groupe, et remonte à la souche Wildenstein du quadruple lauréat de Gr1 Bigstone (Last Tycoon).

  • BOBBY (M2)

(Diamond Green & Mindset, par Vettori)

Pr. : G. Laboureau

El : M. Daguzan-Garros

Il est le propre frère de Sexy Metro, excellent 2ans et deuxième du Prix Robert Papin (Gr2). L’expression dit que la foudre ne frappe jamais deux fois au même endroit, mais le croisement entre Diamond Green (Green Desert) et Mindset (Vettori) a produit un autre 2ans de valeur Groupe, Mindsomer, qui était passé juste à côté de son black type dans le Prix de Cabourg et le Prix des Chênes (Grs3) en affichant une valeur 47,5. D’après son entraîneur, il est prometteur et courra à 2ans. Mindset a donné aussi Birdparker (Never on Sunday), placé de Listed sur les haies d’Auteuil.

  • VEDVOKOV (M2)

(Scissor Kick & Moune, par Whipper)

Pr. : A. Jathière et D. Guillemin

El : S. André

Il appartient à la première production européenne de Scissor Kick (Redoute’s Choice), qui compte sur 42 2ans. Sa mère, Moune (Whipper), a produit le premier gagnant d’un autre jeune étalon : Marselha Prince, qui a permis d’ouvrir le palmarès de Prince Gibraltar (Rock of Gibraltar). C’est anecdotique, peut-être, mais ce poulain acheté 28.000 € chez Osarus est un demi-frère de deux autres gagnants, et la deuxième mère, Gravières (Saint Estephe), avait remporté le Prix des Yearlings et le Prix Zeddaan (Ls), avant de décrocher son Gr1 aux États-Unis. Elle a produit, entre autres, le placé de Gr1 à 2ans Coliseum (Sadler’s Wells).

  • PONT MIRABEAU (M2)

(Nathaniel & Anaita, par Dubawi)

Pr. : G. Augustin-Normand

El : J. Bérès

Ce poulain, acheté 70.000 € à la vente d’octobre, n’a pas le profil d’un 2ans, et son père, Nathaniel (Galileo), est davantage connu pour ses femelles (Enable, Channel et God Given) que pour ses poulains. Le croisement avec l’allemande Anaita (Dubawi) a déjà bien fonctionné avec Amorella, une propre sœur de ce Pont Mirabeau qui a remporté un Gr2 pour femelles à 4ans avant de se classer deuxième du Preis von Europa (Gr1). L’éleveur de Pont Mirabeau, Jacques Bérès, a réussi un vrai coup de maître en s’adjugeant pour 15.000 € Anaita pleine de Nathaniel en décembre 2017 à Deauville, quand Amorella était encore inédite et son produit suivant, Accon (Camelot), était yearling. Ce dernier s’est imposé dans un Gr3 et s’est classé troisième dans le Deutsches Derby (Gr1).

  • LUANCO (M2)

(Dabirsim & Lady Family, par Sinndar)

Pr. : Haras d’Étreham, D. Guillemin & Riviera Équine

El : Haras d’Étreham & Riviera Équine

Didier Guillemin entraîne trois produits de Dabirsim (Hat Trick), invaincu à 2ans avec à la clé le doublé de Gr1 Prix Morny et Prix Jean-Luc Lagardère. Nous avons choisi ce poulain qui n’est pas passé en vente et vient d’une souche de grande vitesse. La mère, Lady Family (Sinndar), n’a pas couru, mais c’est une demi-sœur de Family One (Dubai Destination), qui a gagné le Prix Robert Papin (Gr2) avant de tomber sur un monstre de 2ans nommé Dabirsim dans le Prix Morny… La deuxième mère, Ascot Family (Desert Style), fut elle aussi lauréate black type à 2ans. Dans son pedigree, on trouve encore l’excellente Flotilla (Mizzen Mast), gagnante de la Breeders’ Cup Juvenile Fillies Turf (Gr1) et le grand sprinter et étalon, Lethal Force (Dark Angel). 

Pour consulter l’ensemble des 2ans de Didier Guillemin déclarés à l’entraînement au 17 février, cliquez ici .