SAUDI CUP - Une vraie finale mondiale

International / 28.02.2020

SAUDI CUP - Une vraie finale mondiale

RIYAD (KSA), SAMEDI

L’hippodrome de Riyad ressemble à un petit Belmont Park mais, dans la Saudi Cup, il faudra se « contenter » du deuxième des Belmont Stakes (Gr1), le gris Tacitus (Tapit). Un représentant du prince Khalid Abdullah lauréat de l’édition inaugurale de la course, avouez que cela aurait de l’allure ! Tacitus, c’est le Poulidor des poulains américains, puisqu’il a aussi pris la troisième place du Kentucky Derby (Gr1) – après enquête –, et la deuxième des Travers Stakes (Gr1). Celui qui attire tous les regards, c’est Maximum Security (New Year’s Day), distancé de son succès dans le Kentucky Derby. Il s’élancera au centre de la piste, et Bob Baffert l’a désigné comme le danger numéro un pour ses deux poulains, Mucho Gusto (Mucho Macho Man) et Mckinzie (Street Sense). Faisons-lui confiance ! Dernière américaine du lot, Midnight Bisou (Midnight Lute) est l’une des meilleurs femelles sur le dirt. Elle a tout un fan club derrière elle et son copropriétaire, Jeff Bloom, qui fut jockey avant de retourner à ses études, a expliqué : « La grande force de Midnight Bisou, c’est la façon dont elle peut s’adapter à toutes les conditions de course. Elle va aimer le tracé et le fait qu’il y ait peu de projections sur la piste. Elle est prête à affronter les garçons ! » L’autre femelle au départ, on la connaît bien : il s’agit de Magic Wand (Galileo). L’élève des Monceaux et de Skymarc Farm n’est pas née pour le dirt, et sa découverte de la surface est la grande inconnue de la course. Le dirt de Riyad est réputé convenir aux chevaux de turf, alors qui sait ? Benbatl (Dubawi) a bien montré à Meydan, pour ses débuts sur la surface, qu’on pouvait dominer sur le turf et le dirt. Le représentant de Godolphin s’est promené dans l’Al Maktoum Challenge R2 (Gr2), associé à Christophe Soumillon. Il sera associé cette fois à Oisin Murphy, alors que Christophe Soumillon montera le japonais Chrysoberyl (Gold Allure), qui est tout simplement invaincu en six sorties dans son pays, dont la Champions Cup (Gr1). Pour beaucoup, il s’agit du meilleur cheval de dirt que le Japon ait jamais élevé. Christophe Lemaire montera Gold Dream, un autre fils de Gold Allure que Chrysoberyl a devancé dans la Champions Cup. Troisième jockey français au départ, Mickaël Barzalona devra composer avec le 13 dans les boîtes tiré par Capezzano (Bernardini), plutôt difficile à saisir. Gronkowski (Lonhro) a terminé à dix centimètres de la gloire dans la Dubai World Cup en 2019. Il a été placé en hibernation ensuite mais ses deux courses depuis sa rentrée ont été décevantes. Il sera associé à Dettori mais, sur ce qu’on a vu, il lui faudrait Houdini.

LONGINES HANDICAP TURF

Une Melbourne Cup dans le désert

Ce handicap de tenue a attiré la crème des stayers internationaux, avec comme fer de lance le Godolphin Cross Counter (Teofilo), gagnant de la Melbourne Cup (Gr1) en 2018. Prince of Arran (Shirocco) a terminé deuxième du grand handicap australien l’an passé et il fait vivre un conte de fées à son jeune entraîneur, Charlie Fellowes. La France est plutôt bien lotie avec Call the Wind (Frankel) et Called to the Bar (Henrythenavigator), jugés supérieurs à l’anglais par les handicapeurs, mais en dessous de Dee ex Bee (Farhh), la monte de Mickaël Barzalona, deuxième du Derby d’Epsom (Gr1) avant d’être rallongé avec succès. Jamie Osborne tente un pari avec Mekong (Frankel), préparé à Dubaï, un cheval pas simple mais qui a le droit d’être aligné dans une telle course, où il se retrouve bien placé au poids. Lanfranco Dettori a perdu Weekender (Frankel) mais a récupéré la monte de la jument True Self (Oscar), pensionnaire de Willie Mullins, qui a abandonné les claies il y a deux ans et qui, lors de son voyage en Australie, a fini sur la même ligne que Prince of Arran. Elle n’a pas couru la Melbourne Cup mais s’est bien consolée dans un Gr3.

MOHAMED YOUSUF NAGHI MOTORS CUP

Deirdre, sans hésitation

La réunion débutera avec une course sur les 2.100m de la piste gazon. Intellogent (Intello) aura la charge de représenter la France. Le pensionnaire de Fabrice Chappet, qui s’élancera de la stalle 8, n’est pas le cheval le plus volontaire du monde, et Pierre-Charles Boudot devra parvenir à le bluffer dans un lot dominé sur le papier par la japonaise Deirdre (Harbinger), dont la campagne 2019 n’est entachée d’aucune contre-performance. Aidan O’Brien sellera Mount Everest (Galileo), un fils de la championne Six Perfections (Celtic Swing), qui n’a pas encore les titres de sa mère. On peut lui préférer le "FR" Royal Youmzain (Youmzain), qui fait une rentrée depuis plusieurs mois, ou l’élève du haras de Saint Pair Trais Fluors (Dansili), capable de faire mieux que son naufrage dans la Breeders’ Cup Mile (Gr1).

SPRINT CUP

Trois français sur une distance mystère

Quand ils ont posé, avec l’intermédiaire de Sébastien Le Forban, une enchère de 600.000 € à la vente de l’Arc pour s’assurer le 3ans Graignes (Zoffany), quatrième de la Poule d’Essai des Poulains (Gr1), les nouveaux propriétaires du poulain ont pensé à la réussite de Suédois (Le Havre) qui, quatre ans avant, avait affiché à la même vente 165.000 €. Suédois a multiplié par dix l’investissement en remportant un Gr1 aux États Unis et des victoires dans quatre pays différents. Les deux ex-français se retrouvent dans la 1.351 Cup, une course qui tient son nom de sa distance assez spéciale, longue pour les sprinters purs et courte pour les milers. Elle offre un million de dollars d’allocations. Graignes, passé chez George Baker, n’a pas été revu après sa cinquième place dans le Qatar Prix de la Forêt (Gr1) alors que Suédois a gagné un riche handicap à Meydan. Le troisième "FR" de la course, King Malpic (King’s Best), a connu à 6ans, en 2019, la meilleure saison de sa carrière.

Les chevaux de 1.400m n’ont pas de courses millionnaires et David Elsworth a préparé avec soin Sir Dancealot (Sir Prancealot), un des meilleurs anglais sur ce parcours. Charlie Appleby est doublement représenté par Glorious Journey (Dubawi) et Mubtasim (Arcano), qui ont terminé dans cet ordre lors d’un Gr2 à Meydan. Peter Miller, le patron du sprint en Californie, a délégué le brésilien Ghoul (Put It Back).

SAUDIA SPRINT CUP

Imperial Hint, la vitesse américaine

Le sprint sur le dirt est une discipline américaine et Imperial Hint (Imperialism) appartient à l’élite de la spécialité. Il s’est placé à deux reprises dans la Breeders’ Cup Sprint (Gr1) et l’année dernière il a remporté le Vanderbilt Handicap et les Vosburgh Stakes, c’est-à-dire les deux sprints de Gr1 les plus importants de New York. Le pensionnaire de Luis Carvajal semble imbattable et il a déjà démontré en se classant troisième du Dubai Golden Shaheen (Gr1) qu’il peut voyager et courir sans l’aide du Lasix. Aux États-Unis, on dit que le sprint est une spécialité de la West Coast, de la Californie, et le plus grand chef dans le genre est Peter Miller, qui compte sur Captain Scotty (Quality Road). Il a attendu ses 6ans pour remporter son premier Groupe, les Palos Verdes (Gr2). Gladiator King (Curlin), lauréat de Gr3 en début de 2019 en Floride, a bien réussi son arrivée chez Satish Seemar et il s’est imposé deux fois à Meydan associé à Mickaël Barzalona. Le japonais Matera Sky (Speightstown), deuxième dans le Dubai Golden Shaheen, n’a pas confirmé ensuite.

SAUDI DERBY

Les belles de Meydan face aux poulains

Les pouliches Bella Fever (Texas Fever) et Down On Da Bayou (Super Saver) ont procuré les meilleures impressions parmi les 3ans qu’on a vus cet hiver à Meydan. L’uruguayenne entraînée par Mike de Kock s’est imposée après presque douze mois d’absence dans le Meydan Classic Trial sur les 1.400m de la piste en gazon alors que la pensionnaire de Salem bin Ghadayer a remporté par dix-huit longueurs et demie les UAE Oaks (Gr3). Les deux ont quelques points d’interrogation : Bella Fever retrouve le dirt et elle est rallongée à 1.600m alors que Down On Da Bayou revient en piste à neuf jours et sera raccourcie après sa domination sur 1.900m. De plus, elles affronteront les poulains. L’américain Billy Batts (City Zip) est le deuxième de la Breeders’ Cup Juvenile Turf (Gr1) mais il n’a jamais couru sur le dirt. Son compatriote Rowdy Yates (Morning Line) a fait le tour de l’Oklahoma et du Nouveau-Mexique en remportant trois Stakes. John Gosden a deux partants, Cherokee Trail (War Front) et Mishriff (Make Believe), qui affrontent le déplacement avec un rating de 93, mais ils n’ont jamais couru sur la sable. Il y a aussi un japonais, Full Flat (Speightstown), qui avait même osé courir la Breeders’ Cup Juvenile.

THE OBAIYIA CUP

La fête du pur-sang arabe

L’hippodrome de Riyad, jusque-là réservé aux courses de pur-sang anglais du royaume saoudien, a accueilli pour la première fois cette saison des épreuves pour les chevaux arabes. Alors que tout le microcosme hippique converge sur la capitale saoudienne pour la grande réunion de la Saudi Cup ce samedi, le pur-sang arabe sera également de la fête avec la Obayia Cup, une épreuve disputée sur les 2.000m de la piste en dirt. Quatre chevaux entraînés par des Français seront au départ.

Entraînés respectivement par Antoine de Watrigant et Élisabeth Bernard, Aoun (Mahabb) et Hajres (Nizam) ont fait leur rentrée sur la fibrée paloise fin janvier, le deuxième dominant le premier. Ils découvrent la piste en dirt mais peuvent tous les deux se prévaloir d’avoir gagné au niveau Groupe PA sur la piste en sable de Casablanca, ce qui devrait les aider dans leur tâche. Venus des Émirats arabes unis voisins, Ziyadd (Bibi de Carrère), entraîné par Jean de Roualle, reste sur un succès sur le dirt de Meydan à l’occasion du Round 2 de l’Al Maktoum Challenge (Gr1 PA), devançant notamment la pensionnaire d’Éric Lemartinel Amwaj (Abu Alemarat), troisième. Reste que Ziyadd a hérité du numéro dans les stalles le plus à l’extérieur.

La coalition saoudienne. Le 22 janvier dernier se tenait la première édition de la Prince Sultan World Cup (Gr1 PA) sur l’hippodrome privé du prince Sultan bin Abdulaziz, propriétaire d’Al Khalediah Stables. Dans une arrivée disputée, Mubasher Al Khalediah (Laith Al Khalediah) s’imposait devant son contemporain Mutawakel Al Khalediah (Laith Al Khalediah) tandis que Shabah (Amer) terminait troisième après avoir mené jusqu’à mi-ligne droite. Ces trois-là se retrouvent sur un peu plus long cette fois. Lauréat de l’édition 2018 de la Dubai Kahayla Classic (Gr1 PA) puis cinquième de l’édition 2019, Tallab Al Khalediah (Jalood Al Khalidiah) n’a pas été revu depuis le 30 mars dernier. À 9ans, il fait sa grande rentrée ici. Portant les couleurs saoudiennes d’Athbah Racing, Mehdaaf Athbah (Amer) a déçu (11e) dans la Prince Sultan World Cup (Gr1 PA) mais il sera confié à Olivier Peslier. Son compagnon de couleurs et d’entraînement Mashhur Al Khalediah (Jalnar Al Khalidiah) retrouve, lui, Jean-Bernard Eyquem, avec qui il a remporté le Sheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan Jewel Crown (Gr1 PA) sur le gazon d’Abu Dhabi fin novembre. Enfin, l’inconnue reste la jument Wathabath Al Khalediah II (Laith Al Khalediah), qui restait sur huit victoires d’affilée dans une catégorie de courses dite "desert bred" avant d’avoir été non partante le 20 février. Elle passe un test ici.