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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Jockeys : vers le statu(t)... quo !

Institution / Ventes / 08.02.2020

Jockeys : vers le statu(t)... quo !

D’après nos informations, il y a de grandes chances que le système social actuel des jockeys reste inchangé. La seule petite chose qui pourrait évoluer serait le cas des apprentis trotteurs, lorsqu’ils montent ou drivent pour quelqu’un d’autre que leur employeur.

Pour cela, il va falloir que le ministère dise officiellement à France Galop qu’il est d’accord pour ne pas réformer. C’est de l’ordre du possible puisque, rappelons-le, toute cette affaire n’a pas été soulevée par le ministère mais par les acteurs de la filière. Si la réforme avait été produite à sa demande, les choses auraient été différentes. 

Quand on lit le discours officiel de l’Association des jockeys et celui des associations de propriétaires, c’est à qui sera le plus vague, le plus énigmatique. Personne ne veut revivre le pic d’il y a quelques années, au sommet de la crise. Ni les jockeys qui ont à présent compris qu’ils n’avaient aucun intérêt à ce que les choses changent ; ni les propriétaires qui ne sont pas mal lotis dans le système actuel. 

Social, fiscal : les propriétaires ne sont pas mal lotis

C’est une chose qu’il est important de rappeler : la cote mal taillée dans laquelle nous évoluons depuis des années maintient un juste équilibre sur tous les plans. Certes, les propriétaires sont les employeurs des jockeys. Mais premièrement, cela n’a jamais conduit – et ne conduira jamais – à la remise en cause du statut fiscal de non-intervenant (qui permet au propriétaire "loisirs" de ne pas être imposé sur ses gains). On pourrait même imaginer demander à Bercy une confirmation écrite de ce point ; on l’obtiendrait. Et deuxièmement, on n’a jamais vu aucune action en responsabilité menée par un jockey contre un propriétaire, suite à un accident. 

Bref, quand tout le monde est raisonnable (les jockeys, les propriétaires, l’État et France Galop), tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Les jockeys renoncent à envoyer les 5.000 propriétaires français aux prud’hommes à chaque monte ; les propriétaires acceptent d’être les employeurs et de payer des charges sur les montes perdantes ; l’État fait semblant de ne pas avoir vu qu’il avait des millions d’euros à gratter pour la MSA et abandonne la réforme ; et France Galop ne nous monte pas une usine à gaz onéreuse produisant 100.000 bulletins de paie par an. 

Ainsi conserverons-nous toute la souplesse requise et ce merveilleux et ultra dérogatoire système de taxation sociale. Ainsi garderons-nous notre liberté, en laissant l’État à trois pas. N’est-ce pas ce que nous voulons ? Comme disait Émile de Girardin, inventeur de la presse moderne : « La liberté est à la paix ce que la victoire est à la guerre. »

 

– Mayeul Caire.