À Maisons-Laffitte, on fait contre mauvaise fortune bon cœur

Courses / 18.03.2020

À Maisons-Laffitte, on fait contre mauvaise fortune bon cœur

Malgré l’arrêt des courses, l’entraînement des chevaux se poursuit à Maisons-Laffitte comme ailleurs. Certains professionnels ne cachent cependant pas leur inquiétude, à l’image de Patricia Butel, qui nous a confié : « La grande question est de savoir comment nous allons pouvoir résister à cette crise. Beaucoup de mes propriétaires se posent des questions et ne savent pas comment ils vont pouvoir régler leurs pensions ; certains ont beaucoup de chevaux à entretenir, ou une activité professionnelle complètement stoppée, d’autres ont perdu pas mal d’argent à la bourse… D’après ce que j’ai entendu, nous allons être aidés par la MSA, et j’espère que ce sera bien le cas. Mais cela sera-t-il suffisant ? Beaucoup d’entraîneurs ont des parts sur des chevaux et sont déjà en difficulté, et cette crise ne va pas arranger nos affaires. Pour ce qui est des chevaux, nous sommes obligés de les sortir, donc il faut que les salariés continuent à venir au travail. Certains ne viennent plus car ils habitent un peu loin et ont peur de prendre les transports en commun, ce qui est compréhensible. Heureusement, ceux qui continuent à venir se sentent solidaires et responsables, donc il y a plutôt une bonne ambiance à l’écurie. En revanche, quand on vient à la piste, on sent une certaine morosité… » Malgré tout, Patricia Butel est reconnaissante de pouvoir entraîner ses chevaux : « Tant qu’on peut circuler librement sur les pistes avec les chevaux, le reste est un moindre mal. Si on devait laisser les chevaux au box, on aurait des problèmes de coliques, entre autres… Nous en avons envoyé quelques-uns au pré. Les pistes en gazon sont fermées car les trous sont bouchés par des intérimaires, mais nous pouvons toujours utiliser les pistes en sable. Le personnel d’entretien a été un peu réduit, mais il y a toujours des gens pour assurer le hersage et l’arrosage. Le seul problème au niveau de l’entraînement, c’est qu’on ne sait pas quel degré de travail donner aux chevaux, vu qu’on ne sait pas avec certitude quand les courses pourront reprendre. Malgré tout, on essaye de continuer comme avant. »

L’écurie Prod’homme adapte son organisation. En ce qui concerne l’écurie de Didier et Pauline Prod’homme, il n’y a pas de problème de personnel, ni de problème de paiement … pour le moment. Pauline Prod’homme nous a expliqué : « À l’écurie, rien n’a changé. Nos salariés n’ont pas d’enfants, donc il n’y a pas de problème de ce côté-là. Nous avons un peu ralenti le travail ; nous faisons deux canters par semaine, au lieu de quatre habituellement. Nous avons également raccourci le temps des lots, car nous ne pouvons pas nous permettre de payer des heures supplémentaires aux salariés. Mais les chevaux font du marcheur en plus, et sortent donc plus d’une heure par jour. Si les courses reprennent bien le 15 avril, ça va arriver plus vite qu’on ne le croit : il faut bien qu’on garde les chevaux en condition ! Si ça dure plus longtemps, on verra… Pour le moment, tous nos propriétaires ont laissé leurs chevaux à l’écurie, et ils ne nous ont pas fait part d’éventuelles difficultés de paiement. En ce qui concerne les mesures sanitaires, j’ai posé des affiches de prévention un peu partout. Nous faisons désinfecter les poignées de porte et les interrupteurs matin et soir, et le personnel se lave les mains entre chaque lot. »