Ça bouge à Maisons-Laffitte !

Courses / 05.03.2020

Ça bouge à Maisons-Laffitte !

Mansonienne de naissance et de cœur, Alice Baudrelle connaissait par cœur l’ancien centre d’entraînement. Depuis plusieurs mois, elle a assisté aux travaux pour le "nouveau Maisons-Laffitte". Et elle a été à la rencontre des professionnels pour avoir leur avis sur le résultat des travaux. En un mot : po-si-tif !

Par Alice Baudrelle

Après six mois d’attente, les travaux du centre d’entraînement de Maisons-Laffitte sont enfin terminés. Penthièvre, le Rond de l’Épine et le Rond Boileau ont certes fermé leurs portes, mais le plan de redynamisation du centre semble avoir porté ses fruits, comme le montrent les réactions positives de nombreux professionnels. Mieux encore : plusieurs entraîneurs externes se sont renseignés sur le nouveau site, ce qui laisse espérer la venue de nouveaux arrivants dans le futur !

Édouard Boutolleau, directeur du centre d’entraînement, nous a confié : « Les travaux ont commencé le 10 septembre et ont pris fin lundi dernier. Il reste juste l’une des deux pistes noires [Jacques Laffitte, ndlr] à refaire, ce qui sera réalisé cet été car les entraîneurs ont besoin d’une période un peu plus tranquille. Ce sera une piste intermédiaire, pas comme l’autre piste noire, qui est réservée uniquement aux canters. Nous souhaitions avoir des pistes homogènes et drainantes, pour ne plus avoir des flaques d’eau en cas de grosses pluies. Nous avons refait tout le réseau de drainage et posé une couche drainante sur les pistes, avec du sable par-dessus. En cas d’arrivée de gel, comme elles sont très drainantes et ne vont donc pas geler très rapidement. Depuis l’ouverture des nouvelles pistes, j’ai reçu plusieurs appels d’entraîneurs connus qui souhaitaient se renseigner sur le site de Maisons-Laffitte, preuve de son attractivité. Et, depuis la réouverture de Fromainville, nous avons reçu la visite de plusieurs pensionnaires d’Alain Couétil et de Gabriel Leenders, qui sont venus s’exercer sur les obstacles. Jean-Philippe Dubois a lui aussi prévu de venir dans ce but. »

Bien que des écuries aient été vendues à divers entraîneurs, il reste encore beaucoup de place pour accueillir de nouveaux professionnels : « Le fait d’avoir vendu des écuries à des entraîneurs est une bonne chose, car cela permet de les fixer sur Maisons-Laffitte. Ils sont gagnants, et nous aussi ! Mais nous souhaitons garder 300 boxes appartenant à France Galop, en espérant que d’autres entraîneurs nous rejoignent. »

Des pistes de canter praticables, malgré les intempéries. Patricia Butel, qui entraîne à Maisons-Laffitte en association avec Jean-Luc Beaunez, nous a livré ses impressions : « Je trouve qu’il y a eu des travaux conséquents. La piste de canter de Poniatowski a encore besoin de se faire, ce qui est normal puisqu’elle est neuve. Nous avons travaillé dessus mardi matin, et en dépit de son rétrécissement au niveau de la largeur, elle offre suffisamment d’espace pour faire canter dans de bonnes conditions. La piste noire doit elle aussi se tasser un petit peu, mais elle fera un outil intéressant à l’avenir. Il faut laisser le temps au temps. La piste de trot de Poniatowski, qui est délimitée par une lice, nous convient parfaitement. Quant à la P.S.F., elle est très bien par rapport à l’ancienne, qui était usée. C’est vraiment un outil supplémentaire, car il n’y avait plus grand monde qui allait sur l’ancienne fibrée, à part en cas de gel. Nous y sommes allés plusieurs fois pour changer un peu les chevaux de piste ; d’après les retours de Jean-Luc, qui est à cheval avec nos salariés tous les matins, elle semble très bien. »

Il va désormais falloir que les entraîneurs s’adaptent aux nouvelles conditions des pistes, qui ont chacune un usage bien précis : « Il faut que chacun soit respectueux du travail des autres, pour éviter l’anarchie. Si chacun reste à sa place, il n’y a aucune raison que ça ne fonctionne pas, et je pense que chacun va trouver ses marques. Nous avons un outil de travail performant et nous le prouvons tous les jours avec nos résultats, que ce soit en plat ou en obstacle. Pour ce qui est des pistes d’obstacle de Fromainville, nous les avons inaugurées la veille de l’ouverture officielle en pratiquant un galop d’essai. Nous y sommes allés avec de jeunes chevaux qui ont bien travaillé, sans faire de faute. Les obstacles sont très bien faits. Le seul problème que nous avons, ce sont les intempéries incessantes, car le gazon est très lourd en ce moment. »

Une différence très visible entre les pistes refaites, et celles laissées en l’état. Pauline Prod’homme, qui est associée avec son père, Didier, nous a déclaré : « Nous avons fait galop de chasse et petit canter sur les nouvelles pistes de Poniatowski, et elles sont impeccables. Malgré toute la pluie tombée, elles sont parfaitement praticables. On voit bien la différence avec les pistes jaunes [les Lamballe, ndlr] qui n’ont pas été refaites et sur lesquelles il aurait été compliqué de travailler ce matin. Nous avons préparé le meeting de plat de Cagnes uniquement sur la nouvelle piste noire, dès son ouverture. Il n’y a qu’à voir le résultat, puisque nous sommes rentrés de Cagnes avec sept victoires (rires) ! Franchement, on ne peut pas se plaindre de quoi que ce soit. Nous avons été mardi sur la P.S.F., qui est impeccable. En Angleterre, les pistes ne sont pas plus larges que celles de Maisons-Laffitte, et personne ne se plaint ! » Figure emblématique de Maisons-Laffitte, Yannick Fouin préfère attendre avant de se prononcer : « Pour moi, c’est encore trop tôt pour se prononcer sur les nouvelles pistes. C’est d’autant plus difficile d’émettre un avis que le temps est loin d’être clément avec nous, étant donné qu’il pleut tous les jours… »

Une possibilité de travail pour tous. Après tant d’années passées à Maisons-Laffitte, l’amour d’Isabelle Pacault pour son centre d’entraînement ne se dément pas. Malgré la réduction des pistes, notre "Zaza" nationale a choisi de relativiser : « Personnellement, je ne m’imaginerais pas travailler ailleurs. Nous avons été tellement gâtés avec l’ancien centre d’entraînement qu’il va falloir que les entraîneurs s’habituent à travailler sur un nombre de pistes réduit. Nous avons toujours la possibilité de nous promener à cheval dans les bois, dans les allées… c’est encore magnifique ! Il y a toujours une diversité et une possibilité de travail pour tout le monde. »

Anne-Sophie Pacault, quant à elle, était ravie d’avoir pu travailler ses chevaux ce matin, en dépit des mauvaises conditions météorologiques : « Malgré les fortes intempéries, j’ai pu faire canter sur la nouvelle piste noire ce matin ! Pourtant, avant le coup, je ne pensais pas que ce serait possible. Honnêtement, je suis séduite par le nouveau drainage et le nouveau sable. Désormais, on peut travailler à droite et à gauche sur le gazon, ce qui est important. Pareil en ce qui concerne le Rond Adam, où on peut également sauter dans les deux sens. Par rapport au climat, les nouvelles pistes sont vraiment extraordinaires ! »

Les nouveaux obstacles font l’unanimité. Jehan Bertran de Balanda fait également partie des convaincus : « Je pense que les travaux qui ont été faits sont bien. En termes de qualité des pistes, c’est très bien. Malgré toute la pluie tombée, les nouvelles pistes sont tout à fait praticables. Les nouveaux obstacles de Fromainville donnent entière satisfaction, ils sont très bien faits. Il va simplement falloir que les entraîneurs et leur personnel, ainsi que les employés des pistes, apprennent à cohabiter dans ce nouveau centre. Il faut qu’il y ait un rodage. »

Un sentiment partagé par Carlos Lerner, qui n’a pas émis de point négatif par rapport au centre : « Les travaux qui ont été réalisés sont considérables. Nous bénéficions désormais d’une P.S.F. toute neuve, et les nouveaux obstacles de Fromainville donnent entière satisfaction, tant les haies que le steeple. Il faut un temps d’adaptation pour tout le monde, par rapport à ce nouveau centre d’entraînement. Il est certain que nous aurions préféré garder notre champ de courses, mais ce n’était pas possible. Nous tous, entraîneurs mansonniens, espérons que notre maire puisse se mettre en relation avec France Galop après les élections et rouvrir l’hippodrome. »

Laisser le temps aux pistes de se stabiliser. Pascal Adda est également séduit par le nouveau centre d’entraînement : « Sachant que les pistes neuves ont besoin de temps pour se stabiliser, le nouveau centre me va très bien. Dans l’ensemble, je suis satisfait ! Avec l’hiver que nous avons eu, nous n’aurions pas pu faire travailler nos chevaux si nous n’avions pas eu la nouvelle piste noire. Le nouveau parcours à main droite au Rond Adam est satisfaisant, ainsi que la piste en sable fibrée, qui est nickel. En ce qui concerne Fromainville, je n’ai entendu que de bons échos. » Jeune entraîneur sur la montante, Sylvain Dehez est dans un état d’esprit similaire : « Je trouve ça bien. La piste noire est bonne : c’est une piste qui a besoin d’être mouillée, donc quand il pleut, elle est super. Ce matin, nous avons fait canter sur la piste de Poniatowski, qui est très convenable. Pour moi, les nouvelles pistes sont bonnes. Le fait d’avoir modifié les parcours d’obstacle de Fromainville est une bonne chose. Cela permet d'effectuer des travaux assez sélectifs, c’est complet. Mes chevaux ont testé le parcours à main droite du Rond Adam : ils ont été un peu surpris, mais Baptiste Meme, qui monte pour moi, m’a dit que ça se faisait très bien. Maintenant, il est important que tout le monde respecte le nouveau règlement, change ses habitudes et ne reste pas sur ses acquis. »

Jess Parize, un nouveau venu sur le centre. Un nouveau venu a fait son apparition sur les pistes. Il s’agit de Jess Parize, qui a installé une antenne provisoire composée de quatre chevaux à Maisons-Laffitte. Il nous a expliqué : « Le but de l’antenne est de préparer des chevaux pour l’obstacle. Je suis arrivé avec mes pensionnaires à Maisons-Laffitte à la fin du mois de février, et je pense les ramener à Wissembourg à la fin du mois de mars. Si tout se passe bien, nous reviendrons. Je connais très bien Maisons-Laffitte pour y avoir travaillé il y a quinze ans. En termes d’infrastructures pour l’obstacle, je pense qu’il n’y a pas mieux ! En province, nous ne disposons pas d’installations comme le Rond Adam et Fromainville. Je veux dresser mes chevaux pour l’obstacle dans les meilleures conditions possible. Ici, c’est le top. » Quand on lui demande son avis sur les nouvelles pistes, Jess Parize se montre également positif : « Même si elles ont été réduites, elles demeurent fonctionnelles. Certains professionnels sont un peu impatients, mais il ne faut pas oublier qu’il faut six mois à une piste neuve pour qu’elle se tasse, et devienne parfaite. Or, cela ne fait que quatre mois que la piste noire est ouverte. Il faut attendre que le sable prenne sa place et laisser faire la nature. Par ailleurs, j’ai remarqué qu’il y avait un bon entretien. Pour moi, le bilan est positif. »