CORONAVIRUS : LA SITUATION À L’INTERNATIONAL - Italie : le propriétaire de Face Time Bourbon propose une indemnité chômage pour les chevaux

International / 16.03.2020

CORONAVIRUS : LA SITUATION À L’INTERNATIONAL - Italie : le propriétaire de Face Time Bourbon propose une indemnité chômage pour les chevaux

Les courses en Italie sont suspendues depuis le 10 mars, et, dans le meilleur des cas, elles ne reprendront pas avant le 4 avril. Varese et La Maura, l’hippodrome de trot dans la campagne milanaise, s’étaient déjà mis en sommeil avant la fin du mois de février. On n’est pas loin de la catastrophe pour les propriétaires, déjà affectés par le "classique" retard du paiement des allocations : quand on peut courir, on touche (que l’on peut écrire au futur…) des allocations, et si on reste à l’écurie, il y a zéro gain. À ce sujet, Antonio Somma, le propriétaire, entre autres, des champions de trot Face Time Bourbon (Ready Cash) et Vivid Wise As (Yankee Glide), vient d’envoyer une lettre à la ministre de l’Agriculture, Teresa Bellanova, et à son adjoint, en charge du secteur hippique, Giuseppe L’Abbate. En tant que simple propriétaire (il a encore deux chevaux en Italie, plus de poulinières), il demande que soit versée une indemnité de 1.000 € par mois pour chaque cheval à l’entraînement durant cette période sans courses.

Une idée et son coût. Cette idée n’a rien de saugrenu, c’est en réalité du bon sens. Le personnel des écuries n’est pas soumis à la même protection sociale que le reste de la population et surtout, il n’est pas concerné par le chômage technique. Le prix de pension en Italie est difficile à chiffrer : il peut varier de 800 € au trot à 1.500 € pour les grandes maisons au galop. Le pays compte entre 3.000 et 3.400 galopeurs à l’entraînement, et autour de 6.500 dans l’autre discipline. Grosso modo, il s’agit de 10.000 sujets et des frais qui s’élèvent à 10 millions par mois. La part des allocations destinée aux propriétaires est de 60 millions par an, soit 5 millions par mois. En théorie, chaque cheval aurait droit à 500 € par mois. Mais cette bonne idée est en effet difficile à mettre en pratique puisqu’il n’existe pas, en Italie, de registre officiel des chevaux à l’entraînement, sans oublier que, dans certaines régions, le travail au noir est une pratique assez courante. Malgré cela, c’est un sujet sur lequel il faut se pencher.

La meilleure solution : payer les allocations. Une autre solution existe. Les grandes écuries et les entraîneurs, qui sont soumis au régime de la T.V.A. sur les allocations, ont déjà envoyé au ministère les factures relatives à leurs gains des mois d’août, septembre et octobre. Mais les paiements sont encore bloqués. Il suffit donc d’appuyer sur la touche "payer " pour garantir des liquidités aux propriétaires et entraîneurs, et pour qu’ils puissent affronter cette épreuve un peu plus sereinement. Les petits propriétaires, qui ne sont pas soumis à la T.V.A. sur les allocations, sont dans l’attente de leurs gains du mois d’octobre annoncés en paiement depuis une dizaine de jours.