Courses régionalisées : l’Angleterre y pense… Et la France ?

Courses / 30.03.2020

Courses régionalisées : l’Angleterre y pense… Et la France ?

L’Angleterre réfléchit au meilleur moyen de faire reprendre les courses au plus vite. Un scenario se dégage : l’organisation de meetings dans des centre régionaux, selon des critères bien précis. Et si la France s’en inspirait ?

C’est le Racing Post, ce dimanche, qui a révélé l’information. Face à l’inconnue de la durée du confinement total, la B.H.A. (British Racing Authority, “équivalent” de France Galop) élabore des plans pour faire reprendre les courses au plus vite. Et celui qui tient la corde est l’organisation de courses sur trois centres régionaux, sur une période d’une semaine pour chaque centre : sud, centre et nord du pays.

L’un des arguments majeurs que la société-mère anglaise pourrait avancer afin de faire passer cette mesure auprès des autorités est la quasi-absence de déplacements des participants. Pour cela, les hippodromes choisis devront bénéficier de moyens de logement sur site pour que tous les acteurs indispensables à l’organisation d’une réunion de courses (jockeys, personnel d’écurie, officiels…) puissent rester sur place pendant une semaine, alors que les chevaux seraient amenés sur les lieux uniquement pour la journée.

D’autres critères interviendraient, comme la capacité des hippodromes à accueillir plusieurs réunions d’affilée sur une période donnée, leur accidentologie par rapport aux chevaux et aux jockeys, leur proximité par rapport aux épicentres du virus, et bien sûr leur positionnement par rapport aux grands centres d’entraînement. L’accent est mis sur la sécurité : pour ne pas solliciter davantage les structures de soin du pays, la B.H.A. envisage un nombre de partants réduit, avec l’emploi de jockeys expérimentés.

Newmarket, l’endroit idéal ? L’hippodrome qui revient dans toutes les bouches est celui de Newmarket. La ville dispose de deux champs de courses, d’une clinique pour chevaux, et bien sûr d’une population équine et humaine dans ce domaine parmi les plus importantes du pays. Les entraîneurs basés sur place ont pris les devants et sont déjà en discussion avec les officiels de l’hippodrome et les équipes médicales.

William Jarvis, président de l’Association des entraîneurs de Newmarket, a déclaré au Racing Post : « Nous discutons de la reprise des courses et essayons d’être proactifs sur le sujet. La reprise sera non seulement salutaire pour le secteur économique, mais aura aussi valeur de booster pour le pays. Nous avons discuté avec les responsables de l’hippodrome de Newmarket et pensons que si nous avons le droit d’organiser un meeting en mai, nous pourrions parfaitement l’organiser. Nous pourrions avoir des ambulances privées, des médecins ou infirmiers retraités… Nous en avons déjà parlé avec les personnes intéressées. »

Mieux qu’un pis-aller, une opportunité ! Et si la France s’inspirait de ce scenario ? Pourquoi ne pas imaginer des courses régionales, sur les hippodromes disposant ou situés à proximité d’un centre d’entraînement, réservées aux chevaux entraînés sur place ou dans un rayon géographique limité, où les déplacements des personnes seraient donc réduits au minimum ? On peut penser à des hippodromes comme ceux de Chantilly, Deauville, La Teste, Senonnes, Marseille, Pau…

Certes, les courses d’obstacle pourraient poser un problème au niveau de la sécurité, mais l’organisation de bumpers pourrait y remédier provisoirement.

Cette reprise à géographie variable permettrait d’enclencher le retour à la normale, avant même la réouverture de la totalité des points de vente du PMU (on estime aujourd’hui qu’un tiers d’entre eux – vendeurs de tabac – seraient encore ouverts). Ces courses offriraient aux professionnels et aux propriétaires la possibilité d’une rentrée d’argent, et seraient aussi un moyen de garder le lien avec les joueurs. Cela nous donnerait même un temps d’avance sur les paris sportifs ! Les courses seraient en effet le seul sport où la prise de paris serait possible. On peut même y voir pour le PMU une vraie chance de basculer une partie de sa clientèle vers les paris online. C’est – toute proportion gardée – ce qui est en train de se passer pour les grandes et moyennes surfaces avec leurs services de drive (on commande ses courses par internet et on vient les récupérer sur le parking du supermarché). Les drives connaissent actuellement un boom et pourraient inciter les consommateurs, une fois la crise terminée, à continuer à consommer par ce biais.