Covid-19 : les États-Unis continuent de s’adapter

International / 21.03.2020

Covid-19 : les États-Unis continuent de s’adapter

La pandémie de Covid-19 continue de troubler les courses américaines. Après l’État de New York, les courses s’arrêtent dans l’Ohio. Les hippodromes ferment leurs portes mais l’entraînement pourra bel et bien continuer.

Ce samedi, les responsables de Fair Grounds ont aussi prévenu les professionnels que la réunion du jour, celle du Louisiana Derby (Gr2), serait la dernière de la saison. La réunion du 29 mars, qui devait se courir à huis clos, n’aura donc pas lieu. La Louisiane est un État très touché par le Covid-19. Fair Grounds a précisé qu’aucun cheval ni homme ne serait mis à la porte de l’hippodrome et du centre d’entraînement. Mais, pour les professionnels des États-Unis qui passent d’un État à un autre, d’un meeting à un autre, l’étau se resserre peu à peu : les mouvements de chevaux sont réduits par les différents hippodromes : Aqueduct a arrêté les courses, le meeting de printemps de Keeneland a été annulé… Il reste l’option de Churchill Downs, qui rouvre son centre d’entraînement le 31 mars prochain.

Le prize money réduit pour le Florida Derby. Certains hippodromes américains sont des racinos : hippodrome et casino à la fois. Or ces casinos participent aux allocations des courses et sont fermés. Gulfstream Park a donc annoncé une baisse de certaines de ses allocations. Le Florida Derby passe d’un million de dollars à 750.000 $. Le Pan American baisse aussi, à 200.000 $, tout comme les Gulfstream Park Oaks (Gr2), à 200.000 $, et les Cutler Bay et Sanibel Island Stakes à 100.000 $.

Du côté de Santa Anita et de Golden Gate Fiels, hippodromes du groupe Stronach comme Gulfstream, on continue de courir… Mais tous les profits issus des courses seront reversés à des associations qui luttent contre le Covid-19.

La Fédération nationale des entraîneurs britanniques fait une piqûre de rappel. Ce vendredi, la Fédération nationale des entraîneurs britanniques a tenu à rappeler les raisons qui ont poussé à la fin des courses hippiques en Grande-Bretagne, après seulement une journée de courses à huis clos. Une décision qui n’est pas sans débat, logiquement. Tout d’abord, il y a eu le discours de Boris Johnson lundi, qui a expliqué que le « gouvernement s’opposerait aux grands rassemblements, comme les événements sportifs, qui demandent la présence des services de santé ». Or, pour chaque réunion de course, il faut évidemment faire appel à des ambulances et à du personnel médical. Plutôt que de s’attirer les foudres du gouvernement, l’institution des courses britanniques a préféré tout arrêter. La Fédération nationale des entraîneurs britanniques précise : « La BHA a parlé aux membres du Parlement qui sont les plus grands supporters des courses. Le conseil donné par quasiment tous a été d’arrêter les courses. Ils ont été clairs sur le fait qu’il n’y aurait quasiment aucun soutien public ou politique si les courses continuaient. »

Ruby Walsh explique pourquoi l’Irlande peut continuer… pour le moment. Si les courses se poursuivent en Irlande à huis clos – la situation vis-à-vis du Covid 19 n’y est pas celle du Royaume-Uni –, ce n’est pas sans débat : certains soulignent que le personnel médical ne devrait pas être réquisitionné par les courses, surtout que la saison d’obstacle n’est pas finie.

Mais il y a une différence majeure entre l’Irlande et l’Angleterre, qu’explique Ruby Walsh sur son blog Paddy Power : en Angleterre, les courses font appel au service public de santé. En Irlande, les hippodromes travaillent avec l’ordre de Malte, qui n’est pas utilisé par le service public des ambulances en Irlande. Et le jockey précise : « Bientôt, elles [ces ambulances, ndlr] pourraient bien être utilisées par le gouvernement et cela pourrait donc changer le plan actuel qui est de courir à huis clos. Je comprends très bien pourquoi l’institution souhaite continuer mais nous devons penser à la question : pendant combien de temps le pourrons-nous ? Les courses continueront en Irlande tant que nous aurons du personnel médical sur place et, si nous continuons à en avoir, cela veut dire que notre pays n’a pas besoin d’eux, ce qui est finalement une bonne chose pour tout le monde. »

En Angleterre, les bookmakers tremblent. Avec des compétitions sportives et hippiques quasiment inexistantes, les bookmakers ont déjà tiré la sonnette d’alarme. Vendredi, ils ont appris que les betting shops faisaient partie des lieux qui ne pourraient pas rouvrir le samedi, pour une période indéterminée. C’est aussi le cas des pubs, des cafés, des musées, des centres de loisir ou des cinémas. Le gouvernement britannique a cependant fait un geste envers tous les salariés touchés par ces fermetures : il s’engage à prendre en charge 80 % de leurs salaires, à hauteur de 2.500 £ maximum par mois. Pour un pays ultralibéral comme le Royaume-Uni, c’est un geste fort et historique. Le Betting and Gaming Council, qui rassemble 80 % des bookmakers, a dit soutenir cette décision et cet effort national collectif.