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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Disparition de My Risk

Élevage / 22.03.2020

Disparition de My Risk

Stationné au haras du Lion depuis le début de la saison, My Risk (Take Risks) est mort à l’âge de 21ans des suites d’une crise cardiaque, lors d’une saillie. L’élève de Roland Monnier, de Daniel Forsans et de Dominique Bougarelle fut un bon miler sous la coupe de Jean-Marie Béguigné, remportant quatre Grs3 sur 1.600m : les Prix du Chemin de Fer du Nord, Quincey, Perth et Edmond Blanc. Sa seule tentative au niveau Gr1 s’est soldée par une excellente troisième place dans le Prix du Haras de Fresnay-le-Buffard - Jacques Le Marois (Gr1), derrière Whipper (Miesque’s Son) et Six Perfections (Celtic Swing). Roland Monnier, coéleveur, copropriétaire et ancien étalonnier de My Risk au haras de Victot, se souvient : « My Risk s’éteint au moment où je termine ma carrière, c’est bien triste. Il était très beau étant poulain ; je me rappelle d’ailleurs que Frédéric Sauque avait voulu me l’acheter, quand il était yearling. My Risk a débuté tardivement, en fin d’année de ses 3ans, après avoir fait de la croissance. Jean-Marie Béguigné m’avait dit : "Ne vous inquiétez pas, je crois qu’il est bon !" Le cheval a gagné un Quinté, avant de monter les échelons avec succès. Christophe Soumillon, qui lui a été associé lors de ses quatre victoires de Groupe, nous avait dit qu’il avait le niveau d’un Gr1. Nous l’avons donc engagé dans le Marois ; il y avait un bon lot, et Jean-Marie Béguigné était un peu inquiet, mais j’ai insisté pour courir. Christophe Soumillon voulait bien monter le cheval, mais il s’est finalement retrouvé sur Whipper. Olivier Peslier a donc monté My Risk pour la première fois, et ils ont fini à la troisième place. My Risk était un gentil cheval, qui dormait la plupart du temps. Quand j’allais le voir aux courses, je demandais toujours à Jean-Marie Béguigné : "Vous êtes sûr qu’il est bien ?". Mais dès qu’il était sellé, il n’était plus le même. Le jour de sa victoire dans le Prix du Chemin de Fer du Nord, j’étais avec Alec Head. Dans la phase finale, je vois un "Wertheimer" qui fond sur le mien, et qui le rejoint au passage du poteau : c’était Charming Groom (Kaldoun). Je dis alors à Alec : "Mince, je suis battu d’un rien !", et il me répond : "Mais non, vous avez gagné. Il est dur votre cheval, il ne lâche rien !" »

De No Risk at All à Bon Augure, en passant par Sire de Grugy. Au haras, My Risk a fait preuve de polyvalence en donnant de bons chevaux, en plat comme en obstacle. En plat, il a produit Kontrastat, gagnant du Prix La Rochette (Gr3) avant d’être exporté à Hongkong, où il a remporté le Lion Rock Trophy (Gr3) sous son nouveau nom, The Golden Age. On lui doit aussi Barouda, lauréate du Prix des Réservoirs (Gr3), ou encore Risk Major, troisième des Prix des Rêves d’Or - Jacques Bouchara et des Jouvenceaux et des Jouvencelles (Ls). Mais on lui doit surtout No Risk at All, gagnant de la Coupe et du Grand Prix de Vichy (Grs3) et troisième du Prix d’Ispahan (Gr1), devenu depuis un étalon recherché pour l’obstacle. No Risk at All a encore été mis à l’honneur lors du dernier Festival de Cheltenham, puisqu’il est le père d’Épatante, lauréate du Champion Hurdle (Gr1). En obstacle, le meilleur produit de My Risk est le champion Sire de Grugy, lauréat du Queen Mother Champion Chase, du Celebration Chase, du Clarence House Chase, ainsi que du Tingle Creek Chase (Grs1) à deux reprises. On lui doit aussi Bon Augure, lauréat du Prix des Drags (Gr2). En tant qu’étalon, My Risk a également laissé de très bons souvenirs à Roland Monnier : « C’était un amour de cheval, qui n’avait pas de mauvaises manières. Lorsqu’il était à Victot, mon petit-fils, qui avait cinq ans à l’époque, venait le caresser sans problème. Ses produits avaient beaucoup de jus, mais ils n’étaient pas très précoces. Il me reste deux yearlings de My Risk, une femelle et un mâle. J’espère qu’ils lui feront honneur… »