ÉDITORIAL-  Réseaux sociaux : quand les agriculteurs nous montrent la voie

Courses / 18.03.2020

ÉDITORIAL- Réseaux sociaux : quand les agriculteurs nous montrent la voie

En début de mois, le Salon de l’agriculture a eu lieu et a connu une belle affluence, même avec une journée en moins pour cause de coronavirus. Les courses y ont souvent fait quelques apparitions, ce qui est d’autant plus logique que l’un des ministères de tutelle est justement l’Agriculture. Or nous partageons beaucoup plus qu’on ne pourrait le penser avec le reste du monde agricole, je veux dire hors courses.

Nous sommes nous aussi attaqués (certes, à un degré moindre que la filière viande) dans nos fondements par des groupuscules extrémistes. La société, en particulier les citadins, n’a pas le même rapport aux animaux. L’agribashing s’est développé rapidement et, pour contrer cela, de nombreux agriculteurs ont lancé leurs propres comptes Twitter, Instagram, voire même leurs chaînes YouTube. Pourquoi ? Pour montrer la vérité du terrain, pour répondre à toutes les questions que peuvent se poser les consommateurs, car il n’y a rien de pire que l’opacité et le silence. Et les premières initiatives portent leurs fruits ! En quelques mois, le nombre d’abonnés à ces comptes d’agriculteurs n’a fait qu’augmenter.

Deux exemples d’agriculteurs ayant lancé leurs chaines YouTube ou encore leur compte Twitter sont très parlants. Tout d’abord Étienne Fourmont, l’"agri youtubeurre", éleveur laitier. Il a lancé sa chaine YouTube (https://www.youtube.com/c/Etienneagriyoutubeurre) et celle-ci a rapidement connu un bel essor. Il y aborde des sujets totalement différents, qui vont de vidéos-réponses à des attaques d’antispécistes pendant les vêlages, aux travaux quotidiens sur sa ferme, aux naissances, voire aux questions que l’on peut se poser sur le bien-être animal dans l’agriculture. Aucune question n’est éludée et tout est fait de manière pédagogique et dans la bonne humeur.

Autre agriculteur, également spécialisé dans les vaches laitières, Antoine Thibault (https://twitter.com/AgriSkippy?s=20) a lui aussi mis un point d’honneur à expliquer ce qui est fait sur son exploitation quotidiennement, avec beaucoup d’humour là encore. Ces deux exemples ont fait des petits et ils sont désormais nombreux à expliquer leur métier, qu’ils soient céréaliers, éleveurs de porcins ou de bovins…  

Un exemple à suivre. Mais pourquoi donc nous parle-t-il des agriculteurs ? À cette question que vous vous posez sans doute, la réponse est simple. Nous devons prendre exemple sur eux.

Faire des journées portes ouvertes, c’est bien, mais ce n’est pas suffisant. Faire des vidéos, une fois par semaine, ça ne prend pas beaucoup de temps et les agriculteurs sont comme les professionnels du monde des courses, ils n’ont pas énormément de temps à accorder à cela. Pourtant, ils le font et cela aide à changer le regard de la population sur leur activité. Tout le monde peut s’adonner à cette pratique, éleveurs, propriétaires, entraîneurs, jockeys, lads, journalistes…

Filmer les chevaux au repos dans leur pré, expliquer pourquoi on va pratiquer tel ou tel travail avec tel cheval, montrer l’affection et l’amour portés à nos chevaux, les soins vétérinaires, le travail du maréchal ferrant… Les sujets ne manquent pas pour améliorer la perception des courses par la société. Il faut se donner la peine d’ouvrir des comptes sur les réseaux sociaux, d’y passer cinq minutes par semaine.

Beaucoup de professionnels ont d’ores et déjà des pages Facebook, des comptes Twitter. Ils y parlent de leurs partants et un peu de leur actualité. C’est une première étape. Mais le plus important, c’est d’entrer dans l’intimité des écuries pour casser les préjugés.