Freddy Palmer n’est plus

Courses / 31.03.2020

Freddy Palmer n’est plus

Freddy Palmer s’est éteint, à l’âge de quatre-vingt-dix-huit ans, à Nice, où il avait choisi de passer sa retraite. Ce fut un jockey de légende, lauréat en l’espace d’un mois, lors de l’année 1955, du Derby d’Epsom avec Phil Drake, du Jockey Club avec Rapace, puis du Grand Prix de Paris de nouveau avec Phil Drake.

Son destin commence en 1896, quand son père, Frederick Palmer, arrive dans l’écurie du baron de Schickler, avenue de la Gare à Chantilly. L’entraîneur William Webb accueille ce garçon de douze ans qui vient de débarquer sur le quai de la gare du Nord à Paris, en provenance d’Angleterre. Après avoir monté en course, Frederick Palmer entreprend une longue carrière de garçon de voyage pour Frank Carter, puis pour son cousin Percy Carter. Entre-temps il est devenu le père de deux garçons, André, né en 1910, et Freddy né onze plus tard. D’abord jockey dans les deux spécialités, André s’installe entraîneur à Lyon en 1937 et prend sous sa coupe son jeune frère qui avait commencé son apprentissage l’année précédente à Chantilly, chez Claude Halsey. L’apprenti est doué, mais la Seconde guerre mondiale met un coup de frein à sa carrière. Durant la guerre, Freddy poursuit sa carrière comme il peut, se partageant entre le plat et (surtout) l’obstacle. À Auteuil et Enghien, il connaît de beaux succès, finissant l’année 1947 avec 31 victoires et la deuxième place du classement des jockeys derrière le champion Fernand Thirion. Encore cinquième en 1948, il abandonne l’obstacle l’année suivante pour remporter ses deux premières grandes victoires en plat, le Grand Critérium en selle sur Tantième et le Prix Royal Oak avec Ciel Étoilé. C’est aussi un premier succès pour le propriétaire de celui-ci, le baron Guy de Rothschild qui, après le décès de son père, vient de reprendre les couleurs familiales (casaque bleue, toque jaune) que Freddy fait triompher dès l’année suivante avec Vieux Manoir dans le Grand Prix de Paris.

Cette victoire dans la course alors la plus populaire de France permet à Freddy d’entrer dans le cercle restreint des jockeys les plus demandés. Tout en privilégiant le service de Percy Carter, il va endosser pendant une dizaine d’années certaines des casaques les plus prestigieuses (Dupré, Martinez de Hoz, Strassburger, Volterra, Waldner).

Au Grand Prix de Paris de Vieux Manoir s’ajoutent bientôt trois autres, ceux d’Orféo (1952), de Popof (1954) et Phil Drake (1955). Au Jockey Club de Rapace, succède celui de Val de Loir (1962). Le Royal-Oak de Ciel Étoilé est suivi de ceux de Buisson d’Or (1953), de Wallaby (1958) et de Match (1961). En 1960, Freddy pilote victorieusement Mincio dans la Poule d’Essai et les Prix du Moulin et de la Forêt. Et la moisson est aussi glorieuse outre-Manche, avec, outre le Derby de Phil Drake (1955), les Oaks de Sicarelle (1956), le St Leger de Cambremer (1956), des King George de Montaval (1957) et la Gold Cup à Ascot de Wallaby (1959) et de Balto (1962).

Fin 1964, Freddy Palmer raccroche selle et bottes pour devenir entraîneur, profession qu’il exercera jusqu’en 1990. Avec un effectif réduit, il remporte le Prix de Diane avec Fine Pearl (1966) et le Prix Royal-Oak avec Le Chouan (1969). Il a aussi formé Jean-Claude Rouget, Patrick Monfort et Christian Scandella.

Il exercera enfin le rôle de commissaire sur les hippodromes parisiens jusqu’à la date couperet de soixante-quinze ans.

Toute la rédaction de Jour de Galop présente ses sincères condoléances à son épouse et à ses proches.