Il faut courir dès la fin du confinement !

Courses / 29.03.2020

Il faut courir dès la fin du confinement !

Le monde professionnel est unanime : France Galop doit relancer les courses dès la fin du confinement national. Même à huis-clos. Même si les cafés PMU n’ont pas rouvert. Même avec des allocations sans doute pas équivalentes à ce qu’elles auraient dû être.

Tel est l’engagement que nous attendons de la part du président de France Galop. Qu’il dise, clairement, que les courses recommenceront dès la fin du confinement.

L’enjeu est décisif pour tous les membres de la filière. Aussi bien économiquement que moralement.

Pour les propriétaires, d’abord. Qu’ils investissent dans la filière par loisir ou qu’ils investissent à titre professionnel, ils ont besoin de voir leurs chevaux sur les hippodromes.

Pour les entraîneurs et leurs salariés, ensuite. Car leurs entreprises manquent, comme beaucoup de structures en France, de trésorerie. Et aussi parce qu’il leur faut des arguments pour convaincre leurs propriétaires de laisser leurs chevaux à l’entraînement.

Pour toutes les autres entreprises de la filière, du maréchal-ferrant aux agences de ventes en passant par tant d’autres acteurs, parce que leur sort est lié directement ou indirectement aux joutes hippiques.

Et enfin pour les éleveurs, qui ont la chance de pouvoir continuer à saillir presque partout en France. Mais qui ont besoin, eux aussi, que des compétitions aient lieu – pour encourager leurs futurs clients et valoriser leurs souches.

Le plus grave, évidemment, c’est le virus. Et l’Institution a pris la bonne décision en arrêtant tout. Mais immédiatement derrière vient l’activité. Dans cette matière, on peut facilement deviner que les cafés PMU feront partie des derniers secteurs économiques à être autorisés à reprendre. À ce titre, il faut absolument que France Galop accepte l’idée de décorréler la question des enjeux PMU et celle du sport. Sinon, les courses n’ont presque aucune chance de reprendre avant longtemps. Fin mai ? Fin juin ? Ce sera déjà trop tard.

Le problème, on le sait, c’est que les caisses sont assez vides puisque l’organisation de l’Institution repose sur du flux tendu : un parieur joue sur une course le lundi ; le PMU reverse à France Galop sa part sur ce pari le jeudi (4 jours après la course) ; et France Galop paie les acteurs à l’arrivée de la course du lundi le jeudi suivant (11 jours après la course).

Mais ce problème, comme tous ceux auxquels le monde doit faire face depuis quelques semaines, n’est pas sans solution. Depuis le début de la crise, il est beaucoup question de solidarité. Sans doute faut-il, pour décider France Galop, que les acteurs des courses fassent preuve de solidarité en acceptant par exemple, comme en Australie actuellement, de courir pour des allocations réduites de moitié. Quitte à ce que, si l’État nous aide plus tard dans l’année, on reverse aux acteurs les 50 % manquants…

Nous sommes aussi certains que les professionnels seraient prêts à faire des efforts pour courir au plus vite. Entre “pas de course du tout” et des courses avec des allocations revues à la baisse compte tenu du contexte économique, la balance va pencher vers la seconde option. Cette reprise aura valeur de réamorçage de la pompe, pour toute la filière. Les propriétaires, entraîneurs et même éleveurs auront de nouveau un espoir de gains. Les transporteurs et le personnel des sociétés de courses, de nouveau du travail. Pour tous, cette reprise serait un signal fort : celui que la société-mère a confiance en l’avenir. Dans une telle crise, Édouard de Rothschild doit émettre ce signal qu’attendent toutes les personnes qui vivent par ou pour les courses. Cette confiance, elle se distillera vers les propriétaires, qui garderont leur passion intacte et continueront leur investissement, permettant ainsi aux entraîneurs de sortir la tête de l’eau, aux éleveurs de continuer leur travail sereinement, convaincus que leur production aura un débouché, et à tous les métiers périphériques dont nous avons pris la température ces derniers jours de poursuivre leur activité.