Insémination à titre temporaire : le débat est lancé

Élevage / 22.03.2020

Insémination à titre temporaire : le débat est lancé

Lors de notre précédente édition, nous avions évoqué dans le Mot de la fin la possibilité d’utiliser l’insémination à titre temporaire, en cas de crise sanitaire. Plusieurs lecteurs nous ont fait parvenir leurs points de vue. En voici quelques-uns…

Voici la contribution de Félix Lepeudry : « Il très intéressant d'avoir suggéré l'insémination artificielle en ce temps de crise. Je pense que l'insémination artificielle, si elle est correctement régulée, pourrait être un facteur de croissance important :

- augmentation de la fertilité des juments, moins de juments vides et inutilisées, meilleure productivité des élevages ;

- baisse des accidents sur les étalons, moins de risques de mettre en péril la carrière d'un jeune étalon ou celle d'un fleuron du parc français, finis les coups de pieds !  Baisse des risques et donc des polices d’assurance ;

- quelques champions pourraient rester sur les pistes une année ou deux de plus tout en commençant leur carrière d'étalon, cela pourrait rendre les courses plus attractives pour les parieurs et le public général et dynamiser les revenus du PMU ;

- il est aussi de plus en plus difficile de trouver du personnel de qualité pour la saison de monte et l'étalonnage, certains étalons saillissent 4 fois par jour, parfois tard le soir...

- Il faudrait cependant limiter le nombre de cartes possibles par étalon pour éviter de noyer le marché et le stud-book avec le même sang ; empêcher l'utilisation de mères porteuses.

Imaginez pouvoir importer le sang d'un top-étalon japonais ou américain sans envoyer votre jument à l'autre bout du monde, sans parler de votre empreinte carbone, du marché qui s’ouvrirait pour les spécialistes de l'insémination... Cependant il y aurait des baisses au niveau des pensions de certains haras français, nous accueillons beaucoup de juments anglaises et irlandaises... Ce serait aussi l'ouverture d'une compétition plus forte entre les étalonniers car l'offre sera plus grande. Et une perte énorme pour les sociétés de transport. Il faudrait que tous les pays se mettent d'accord sur les règles. La crise actuelle pourrait être une bonne période de test au niveau national.

Large sujet mais globalement je suis pour. C'est mon avis personnel, je ne parle ni pour ma famille ni pour mon patron. »

Jacques Sorriaux nous a fait parvenir le message suivant : « Suite à l’invitation de s’exprimer sur la saison de monte 2020, voici mon point de vue. L’insémination devrait être autorisée pendant deux mois, et ce en maintenant des quotas afin d’assurer que les étalons leaders et les autres soient sur un pied d’égalité. »