L’entraînement se poursuit aux quatre coins de la France

Courses / 18.03.2020

L’entraînement se poursuit aux quatre coins de la France

Depuis ce mardi, les courses françaises ont été suspendues jusqu’au 15 avril. Mais pas l’entraînement des chevaux, qui se maintient pour le moment avec succès aux quatre coins du pays.

Jérôme Charpentier, directeur de la Société hippique de Marseille, nous a expliqué : « Sur le centre d’entraînement de Calas, nous avons fermé ce que nous appelons la "cantine", où les employés du centre venaient se restaurer. Nous avons diffusé auprès des entraîneurs les consignes élémentaires de santé publique : pas de serrage de mains, pas d’embrassades … Comme les courses sont annulées jusqu’au 15 avril, nous avons pris la décision de fermer le gazon car les entraîneurs ne vont pas l’utiliser, d’autant qu’il est payant. Je ne pense pas que les propriétaires des chevaux soient tentés de faire beaucoup de dépenses. Une partie de mon personnel est au chômage technique afin de réduire les coûts, ce qui me permet de m’adapter aussi à un mode de fonctionnement un peu hivernal de l’entraînement des chevaux. Vu qu’il n’y a pas de courses, les entraîneurs ralentissent forcément l’intensité du travail. Il n’y a plus d’objectifs. En tant que responsable du centre d’entraînement, je ne pense pas que le risque de propagation du virus soit énorme, car les cavaliers sont en général à plus d’un mètre de distance les uns des autres. Peut-être que certains propriétaires vont mettre les chevaux au repos, comme je l’ai entendu dire lors de la dernière réunion de courses à Marseille-Vivaux, lundi dernier. Si cela se produit, il y aura forcément moins de chevaux sur les pistes et je retirerai un tracteur, car en ce moment, j’en ai deux qui tournent en permanence. C’est une ambiance assez curieuse, il y a nettement moins de livreurs, de maréchaux-ferrants. Nous avons l’impression d’être dimanche tous les jours. »

Une réorganisation de l’équipe de Chazey. Gildas Geffriaud, directeur du centre d’entraînement de Chazey-sur-Ain, nous a déclaré : « Certains de mes employés sont obligés de rester chez eux pour garder leurs enfants, donc nous nous sommes réorganisés. Nous avons dû fermer les pistes en gazon, car le fait de reboucher les trous nécessite beaucoup de temps. Comme les courses sont à l’arrêt pendant un mois, je ne pense pas que les entraîneurs vont l’utiliser. Le travail quotidien se fait sur le sable. Nous avons gardé un herseur, une personne qui s’occupe du fumier, et une personne pour l’entretien général, c’est-à-dire la tonte du gazon et son arrosage. Ici, nous avons l’avantage d’avoir deux sites d’entraînement, la ligne droite et la piste ronde. Pour éviter de se croiser, certains entraîneurs vont sur la ligne droite, car elle se trouve un peu plus à distance. Dans toutes les écuries que j’ai pu voir autour du site, les professionnels avaient bien affiché les consignes d’hygiène, comme se laver les mains et garder ses distances. J’espère que cette situation ne va pas durer trop longtemps. »

À Mont-de-Marsan, on suit minutieusement les consignes sanitaires. Pascal Darricarrère, responsable des pistes de Mont-de-Marsan, nous a confié : « Nous avons mis en place les consignes de sécurité. En ce qui concerne le personnel des pistes, je leur ai imposé de porter des gants, de garder des distances de sécurité, et de garder sur soi du gel hydroalcoolique. Nous désinfectons régulièrement les véhicules, et nous disposons aussi de lingettes pour décontaminer les volants des tracteurs. Concernant le centre d’entraînement, nous avons fermé les gazons jusqu’à nouvel ordre. Ce qui va changer pour les chevaux de course, c’est le niveau d’intensité de l’entraînement, car les entraîneurs vont forcément les ralentir dans leur préparation. Un travail d’entretien simple, vu que les courses sont à l’arrêt. Nous avons pu le constater mardi : le gazon était ouvert et seulement une dizaine de chevaux y sont allés, contre 60 habituellement. J’ai proposé d’élargir la plage horaire pour éviter que les écuries se croisent sur les pistes, mais malgré tout, notre centre d’entraînement est assez vaste, donc l’organisation est bonne. J’ai dit aux cavaliers que je croisais de monter avec des gants, car il y a un bouton poussoir pour ouvrir les portes des pistes ; comme tout le monde appuie dessus, cela peut propager le virus. En suivant les consignes, pour l’instant, cela se passe relativement bien, et puis il faut bien faire sortir les chevaux. Ce sont des animaux qui ont besoin de se défouler. Je pense qu’il faut surtout fortement insister sur le respect des consignes de sécurité auprès des cavaliers, surtout lorsqu’ils se retrouvent dans les selleries et qu’ils utilisent le matériel. Nous nous tenons aussi informés avec l’hippodrome de Pau, qui est à côté. »

À Senonnes, les portails automatiques restent ouverts. Malgré la fermeture des pistes en gazon et des obstacles, l’entraînement des chevaux se poursuit aussi à Senonnes. Geoffrey Gaucher, responsable des pistes d’entraînement de Senonnes, nous a dit : « Depuis que nous avons reçu les directives de confinement, l’entraînement se passe normalement ou presque, car les entraîneurs font des lots plus rapides. Je n’ai pas eu d’échos des professionnels en ce qui concerne l’éventuelle réduction de leurs effectifs équins, mais ils ont certainement dû réduire leurs équipes... Les portails automatiques restent ouverts, pour que les cavaliers n’aient pas à toucher les boutons, et les cavaliers respectent les distances de sécurité sanitaires. Les pistes en gazon sont fermées, tout comme le parcours d’obstacle ; seules les pistes en sable sont ouvertes. La plupart des chevaux font du galop de chasse ; certains d’entre eux travaillent un peu, mais c’est vraiment pour leur bien-être, afin qu’ils ne soient pas trop frais. De notre côté, nous avons reçu comme directive de réduire le personnel, et nous sommes trois personnes à travailler à temps plein. Malgré tout, nous faisons tout ce que nous pouvons pour que les chevaux puissent s’entraîner dans de bonnes conditions. »

Pau maintient la qualité du travail. Jean Brouqueyre, directeur de l’hippodrome et du centre d’entraînement de Pau, nous a expliqué : « Il n’y a rien de nouveau à Pau, si ce n’est que nous avons stoppé l’entraînement sur le gazon pour une durée indéterminée. Nous appliquons les consignes du gouvernement. Nous avons peu de personnel ayant des enfants en bas âge et tous nos salariés peuvent donc travailler. Nous arrivons dans une période cruciale pour les pistes. Tant que tout reste comme ça et que les mesures ne sont pas durcies de nouveau, nous pouvons maintenir le niveau de travail. Globalement, les entraîneurs peuvent compter sur plus de 80 % de leur effectif pour travailler. »