La dernière fois que les courses se sont arrêtées plusieurs mois…

Courses / 31.03.2020

La dernière fois que les courses se sont arrêtées plusieurs mois…

Par Nicole Braem

Le 1er septembre 1939, le Reich envahit la Pologne et, le lendemain, c’est la déclaration de guerre et la mobilisation en France et en Angleterre. La dernière réunion qui a précédé cette annonce s’était déroulée à Clairefontaine le 30 août. Ce sera aussi la dernière de l’année 1939, puisque le 2 septembre, on déclare la suspension des courses jusqu’à nouvel ordre.

En novembre, on annonce qu’une reprise limitée pourra avoir lieu l’année prochaine et on prévoit pour 1940, outre Vincennes, 51 réunions à Longchamp et 20 à Auteuil.

Après 5 mois et demi d’interruption, la reprise sera effective à Auteuil le 15 février et en mars à Longchamp.

Les 9 et 10 mai, les nazis attaquent la Hollande, la Belgique et la France. Le 11 mai sera donc la dernière réunion à Auteuil avant une nouvelle interruption qui durera cette fois 4 mois et demi. Puis les forces d’occupation allemandes annoncent qu’il n’y a pas d’objection à ce que les courses reprennent. Un calendrier est donc établi pour l’automne, mais, Longchamp ne pouvant être utilisé, il est décidé de faire une piste plate à Auteuil, à l’extérieur. En octobre, les Poules d’Essai des Poulains et des Pouliches y ont lieu, ainsi que trois courses de remplacement pour le Jockey Club, le Grand Prix de Paris et le Cadran. Mais pour la seconde année consécutive, l’Arc est abandonné.

En dépit de la guerre et de l’Occupation, l’année 1941 voit heureusement un vrai retour au programme classique avec, en point d’orgue, un retour de l’Arc de Triomphe, le plus petit de l’histoire de la course en matière de nombre de partants, 7 seulement. Ceci s’explique évidemment par la diminution du nombre de chevaux à l’entraînement. Plusieurs raisons à cela, certains propriétaires ont arrêté, des yearlings sont restés dans les haras et des chevaux ont été réquisitionnés par les Allemands.

Mais à terme, les courses sont reparties et se sont remises de ces longues interruptions de 1939 et 1940. Notre suspension actuelle des courses d’un mois, un mois et demi, peut-être deux mois, qui pose, certes, beaucoup de problèmes aux propriétaires et professionnels et à toute l’Institution, ne devrait pas être un obstacle insurmontable.     

La présence de pratiquement tous les cavaliers d’entraînement dans les écuries pour continuer à sortir les chevaux (qui est à saluer), l’adaptation de tous à la situation et un aménagement des programmes pour la reprise devrait nous permettre d’entrevoir une sortie du tunnel.

(À noter que le texte ci-dessus concerne les courses parisiennes. Certains hippodromes de province ont pu continuer à courir pendant les années de guerre, principalement au-dessous de la Loire.)