La lettre de Jean-Pierre Vogel et Martine Leguille-Balloy à Bruno Le Maire

Institution / Ventes / 27.03.2020

La lettre de Jean-Pierre Vogel et Martine Leguille-Balloy à Bruno Le Maire

Jean-Pierre Vogel (sénateur de la Sarthe) et Martine Leguille-Balloy (députée de la Vendée) sont les présidents des sections "cheval" du Sénat et de l’Assemblée nationale. Cette semaine, ils ont écrit au ministère de l’Économie et des Finances pour l’alerter sur les conséquences de la crise actuelle. Voici leur courrier.

« La filière cheval subit de plein fouet la crise sanitaire que notre pays traverse et elle est solidaire des mesures d’urgence qui ont été prises pour la contenir. Afin de respecter les règles de confinement, la Fédération nationale des courses hippiques a dû suspendre les courses, dès le 17 mars et ce jusqu’au 25 avril. Pour sa part, le PMU a décidé d’interrompre les prises de paris physique dans ses 13.500 points de vente. Or les ressources des sociétés mères du Trot et du Galop sont dépendantes de la prise de paris. La fermeture complète du réseau de points de vente physiques du PMU engendre donc des conséquences financières considérables, et l’ensemble des acteurs socioprofessionnels vont subir les pertes financières du PMU. Elles sont évaluées chaque semaine entre 12 et 15 millions d’euros (pertes en produits nets). Les hippodromes de province vont également subir les conséquences de ces pertes. Bien que ces organisations s’appuient sur un tissu de bénévoles, elles restent dépendantes de la Fédération nationale des courses hippiques, qui n’est plus en mesure de les accompagner financièrement. Or ces hippodromes concourent à l’aménagement du territoire, à la valorisation du terroir, au dynamisme et à l’animation locale et représentent une richesse incontestable. D’autre part, les centres équestres n’accueillent plus du tout de public et s’exposent à de graves risques financiers car ils n’ont plus de ressources mais ils doivent continuer à entretenir leurs chevaux, ce qui entraîne des charges conséquentes. Des mesures ont été prises pour mettre les écuries en configuration restreinte afin de limiter les difficultés économiques (mise au pré des chevaux lorsque c’est possible, chômage partiel…), mais leur capacité de résistance sera durement mise à l’épreuve et nous craignons la disparition d’un grand nombre de structures. Nous souhaitons donc vous alerter sur la situation des socioprofessionnels de la filière, qui va devenir extrêmement difficile voire dramatique, et vous demander d’envisager des mesures d’accompagnement spécifiques pour les soutenir durant cette crise. Les associations socioprofessionnelles des sociétés mères ont proposé qu’une compensation soit versée aux acteurs pendant la période de suspension des courses, afin d’assurer leur survie. Face à la gravité de la situation, nous vous demandons instamment d’examiner les mesures fortes qui pourraient être rapidement mises en œuvre afin de sauver une filière qui va être durement éprouvée. Il en va de la résistance et de la survie de toute une économie rurale indispensable au maillage territorial et dont il convient de préserver le modèle et l’excellence. »