Le haras des Cruchettes met les bouchées doubles pour assurer la sécurité sanitaire de ses équipes

Élevage / 17.03.2020

Le haras des Cruchettes met les bouchées doubles pour assurer la sécurité sanitaire de ses équipes

Thierry de Chambord dirige le haras des Cruchettes. C’est-à-dire la base française d’Al Shahania Stud, où Son Altesse le cheikh Mohammed bin Khalifa Al Thani élève une bonne partie de ses pur-sang anglais et de ses pur-sang arabes. Le stud manager nous a détaillé le quotidien pendant l’épidémie et les mesures prises pour continuer l’activité.

« Depuis trois semaines, nous avons pris les choses en main, dans l’idée que la situation pouvait se détériorer.  L’équipe de 15 personnes gère actuellement environ 200 chevaux. Il n’était pas question qu’un employé tombe malade sur le domaine. Depuis quinze jours, du gel désinfectant est disponible dans toutes les cours du haras, mais aussi dans tous les véhicules, afin que tous les employés puissent se laver correctement les mains. Les véhicules ont par ailleurs été désinfectés. Tous les matins, l’équipe avait l’habitude de prendre le café pour parler de l’organisation de la journée à venir. Nous avons cessé cela. Nous avons aussi arrêté de nous serrer la main et de nous faire la bise. Tout le monde est appelé à garder ses distances. Des masques, récupérés en amont pour les personnes venant sur le haras en provenance d’Asie ou de Doha, ont été mis à disposition. Chaque personne ayant voyagé dernièrement porte un masque. Suite à l’allocution de notre président de la République ce lundi soir, l’équipe été scindée en deux, pour éviter d’avoir à se croiser dans la cour. Par exemple, dans l’équipe A, cinq personnes travaillent l’après-midi jusqu’à vendredi inclus. Alors que l’équipe B prend le relais pour le week-end et ainsi de suite pendant au moins quinze jours. Tout le monde a été très réactif et satisfait de ces initiatives, sachant qu’il y a deux femmes enceintes qui travaillent ici. Nous sommes solidaires. Deux autres employés font du télétravail. Un couple travaille ici et le mari est resté chez lui pour s’occuper des enfants. Si on veut éliminer ce virus, il faut que chacun retrousse ses manches. Nous avons une guerre à gagner, comme le dit notre président et je suis d’accord avec lui. Nous avons la chance que le beau temps arrive. Quelques poulains sont déjà dehors ainsi que quelques pur-sang arabes. Nous ne fermons pas le haras complétement mais nous évitons que des personnes extérieures rentrent. Le personnel à interdiction de monter dans les bureaux et les secrétaires sont séparées du reste de l’équipe. Les livraisons doivent être faites en bas et des précautions ont été prises concernant les ressources essentielles à notre travail. »