LE MOT DE L’AFAC - Un mois de mars qui ébranle la planète courses

30.03.2020

LE MOT DE L’AFAC - Un mois de mars qui ébranle la planète courses

Par Axelle Nègre de Watrigant, présidente de l’Afac

Les sociétés-mères ont réagi avec beaucoup d’anticipation à la crise sanitaire que nous affrontons. Les courses françaises ont dans un premier temps été organisées à huit-clos, et ce avant même d’en avoir l’obligation. Au Conseil d’administration de France Galop, nous n’avons pas hésité à prendre cette décision : l’objectif étant de pouvoir organiser nos courses le plus longtemps possible. Malheureusement, le Covid-19 avançait à trop grandes foulées. France Galop a dû se résoudre à ne plus organiser ses courses, et ce dans le respect des règles sanitaires drastiques développées en France. Il faut endiguer la propagation de cette maladie.

France Galop a conscience des difficultés que va engendrer cette décision, bien sûr, pour nos propriétaires, éleveurs, jockeys et cavaliers d’entraînement, mais aussi et surtout pour nos entraîneurs.

La situation est difficile pour tous, le PMU est à l’arrêt, avec une baisse de 90 % de son activité. Et sans enjeux, la filière ne recevra plus, de fait, les ressources financières escomptées... Les recettes du PMU financent en temps réel, en quelque sorte à flux tendu, le fonctionnement entier de la filière…

Pour donner un ordre de grandeur, France Galop distribue en moyenne 21 millions d’euros d’allocations par mois, mais son fonctionnement (employés, hippodromes, loyers, centre d’entraînement, siège, etc.) génère aussi un coût additionnel très important. Si les allocations ne sont pas distribuées, les coûts fixes à l’organisation des courses, eux, demeurent.

Il faut donc trouver les économies nécessaires pour traverser cette situation sans précédent.

Malgré cela, France Galop a la volonté d’aider aussi les professionnels des courses, avec quelques mesures immédiates comme la suppression nationale des prélèvements des droits de pistes jusqu’au 1er mai 2020, ou encore un moratoire sur les loyers accordés aux locataires de ses écuries tant que les courses sont suspendues. Un projet d’aide aux entraîneurs publics a été dévoilé le 25 mars. D’autres mesures, plus significatives, avec l’État nous l’espérons, seront obtenues plus tard.

Grâce à la gouvernance de la filière cheval présidée par Loïc Malivet, les éleveurs ont trouvé un répit pour continuer la saison de monte après avoir, entre autres, proposé un protocole très strict pour le transport des chevaux et la saillie des juments… Mais pour combien de temps ? Sans compter que les vétérinaires sont très partagés sur la poursuite de l’activité hors urgences. Il y a fort à parier d’ailleurs que le texte que j’écris aujourd’hui sera obsolète sous peu. Aurons-nous la possibilité de faire naître autant de poulains l’année prochaine que précédemment ? Surtout en comparaison avec d’autres pays ?

Ce qui est certain, c’est que nous avons dû annuler à ce stade cinq courses de notre programme français :

- 22/03 Mont-de-Marsan : Prix Magic de Piboul -  Wathba Stallions Cup (4ans et +)

- 04/04 Bordeaux-Le Bouscat : Prix Massoud (3ans)           .

- 06/04 Mont-de-Marsan : Prix Kriss II - Wathba Stallions Cup (4ans et +)

- 07/04 Tarbes : Prix Val d’Adour - Wathba Stallions Cup (4ans et +)

- 11/04 Bordeaux-Le Bouscat : Prix Al Sakbe - Wathba Stallions Cup (4ans)

Quatre de ces courses sont sponsorisées en partie par le circuit de la Whatba Stallions Cup.

Une seule course de 3ans est donc annulée pour le moment.

Nous nous étions réjouis récemment que le Festival du Sheikh Mansour augmente en 2020 son sponsoring en France de deux courses de Groupe PA, le Cheikh Mansour Festival - Prix Nefta (Gr2 PA) et le Cheikh Mansour Festival - Prix Dormane (Gr3 PA), mais surtout de trois nouvelles courses à Pau.

L’Afac, en partenariat avec l’A.C.A., financera deux courses supplémentaires à Vichy, en août.

Notre programme 2020, enrichi de cinq courses initialement, se voit revenir à ce qu’il était en 2019 avec 81 courses. Toutefois, il est vraisemblable que cette situation perdure, malheureusement, et que nous ayons à vivre d’autres annulations de courses… D’ailleurs la journée de la Dubai World Cup a été annulée.

L’Afac est sur le pied de guerre, dans cette situation difficile, et comme à son habitude elle essaiera de trouver des solutions pour nos acteurs des courses en proposant des aménagements innovants le temps venu, tout ceci en parfaite collaboration avec France Galop.

Prenez soin de vous, de vos familles, restez chez vous, le confinement total est le meilleur moyen de stopper la progression de la maladie.

À nous de faire jeûner notre passion, elle n’en sera que plus vivante lors de la reprise !