Les haras français et la saison de monte… La suite

Élevage / 21.03.2020

Les haras français et la saison de monte… La suite

Dans notre édition précédente, vous avez découvert les témoignages de nombreux étalonniers français sur la poursuite ou non de la saison de monte. Voici la suite.

Ils continuent…

Ferme de Jalogny 

Sylvie Le Gall (Promosire) : « Nous continuons avec les étalons de Promosire à l’élevage des Fruitiers, l’élevage des Vernes et de Jalogny. Nous avons pris connaissance du communiqué de la Fédération des éleveurs ce vendredi et nous remercions vraiment les organisations qui ont participé au montage de ce protocole. Cela nous permet de continuer et d’avancer en ordre plutôt qu’en étant dispersé. Nous allons le suivre strictement. Ce matin, nous avons eu une réunion téléphonique avec les trois stations pour mettre au point des éléments pratiques. Je pense que la situation va être plus facile pour les petites stations comme nous que pour les grandes, qui reçoivent beaucoup plus de juments par jour. La protection des personnes reste une priorité. Nous allons faire le maximum pour que tout cela soit logique, de bon sens et le plus sécurisé possible. »

Haras de Taillis

Bernhard Wenger : « Après la décision du ministre de l’Agriculture, nous avons décidé de continuer notre activité au haras dans le cadre du protocole. »

Haras de Rosières aux Salines

Audrey Starczan : « Nous continuons la monte avec l’étalon It’s Gino (Perugino). Mais nous arrêtons notre activité d’insémination pour nos autres étalons [de sport, ndlr]. Nous suivons le protocole et respectons les consignes que nous avons reçues vendredi soir. »

Haras de la Courlais 

Ophélie Delaunay : « Nous avons diminué notre activité. Nous n’accueillons plus de juments en pension et respectons le protocole. Nous ne faisons pas beaucoup de saillies en ce moment et ne sommes pas à la plus grosse période de notre activité. Nos clients ne sont pas particulièrement affolés. Cependant, nous n’avons plus de vétérinaire, donc c’est un peu compliqué. »

Haras des Châtaigniers

Xavier Brelaud : « Pour l’instant, nous continuons la saison de monte pour les juments qui sont à la maison. Nous accueillons les juments de l’extérieur uniquement à la saillie, avec le protocole qui est recommandé : décharger nous-mêmes les juments, les préparer et les saillir. Les papiers des juments doivent nous être envoyés par e-mail au préalable. Nous demandons aussi que les juments soient amenées avec les papiers de transport qui ont été dévoilés vendredi soir. C’est assez important : un camion s’est fait contrôler en arrivant chez nous ce samedi. Nous faisions aussi centre d’échographie pour les juments de la région mais nous avons dû arrêter cette activité pour le moment. Concernant les vétérinaires, la situation change tous les jours. Chez nous, il n’y a plus que deux séances au maximum par semaine et, sinon, nous utilisons un souffleur. »

Haras de Saz 

Roger-Yves Simon : « Nous continuons, sachant que les juments qui sont saillies chez nous sont presque toutes déjà là. Nous prenons toutes les précautions nécessaires et le personnel joue très bien le jeu. »

Haras d’Ayguemorte 

Yves Frémiot : « Nous avons deux étalons et nous continuons avec les juments déjà présentes. »

Haras de la Clayette 

Étienne Raquin : « Nous continuons la saison de monte. J’ai un vétérinaire qui est présent. Nous faisons très attention en suivant le protocole. Nous sommes un petit haras. Cette année, je pense que mon étalon va faire une quarantaine de juments et la plupart sont déjà sur le site. Par rapport à la Normandie, nous sommes au début de la saison et nous avons eu beaucoup de juments qui ont pris du retard et qui n’ont pas encore pouliné. De ce fait, nous travaillons un peu en décalé. C’est pour ces raisons que je ne suis pas très inquiet concernant ma saison. »

Haras de la Baie 

André-Jean Belloir : « Le haras poursuit son activité avec les mesures de confinement qui nous ont été envoyées. Nous n’avons pas encore pris la décision de tout suspendre et nous traitons la situation au jour le jour. Pour le moment, le vétérinaire ne vient pas et je ne sais pas s’il va venir à partir de lundi. Nous verrons bien. »

Haras de Longechaux 

Frédérique Detouillon : « Nous sommes privilégiés car nous avons beaucoup de juments stationnées à l’année mais nous sommes pénalisés par notre situation géographique. Nos principaux clients sont allemands ou suisses et ils ne peuvent plus venir. Nos vétérinaires suivent les instructions du conseil de l’ordre et ont arrêté les consultations. Ils ne font plus que les urgences. Ce n’est pas normal que tout le monde ne soit pas logé à la même enseigne. Et cela va pénaliser certains haras. En ce qui nous concerne, nous faisons à l’ancienne avec un souffleur. Mais, si cela continue comme ça, il va quand même bien falloir passer des échographies dans trois semaines. Comment allons-nous faire ? Rien n’est clair. »

Haras de Sivola 

Gilles Trapenard : « Nous continuons la saison de monte. Il n’y a aucun problème nous concernant. Nous avons beaucoup plus de juments à saillir que l’année dernière. »

Haras de Mirande 

Isabelle Pacault : « Je continue la saison de monte. Je suis très en colère sur l’état d’esprit des Français, qui sont indisciplinés et qui se comportent avec énormément d’irresponsabilité par rapport à leur travail. En ce qui me concerne, j’ai tout ce qu’il faut à Mirande. J’ai un souffleur et les vétérinaires ne sont pas indispensables. Je suis d’accord pour les progrès techniques mais, à un moment, il faut se rendre compte de la gravité de la situation d’une part et, d’autre part, qu’il y a des méthodes naturelles qui existent. Il y a un étalon dans mon haras et tous ceux qui veulent venir à la saillie le peuvent. J’ai contacté les haras privés qui mettent en place un protocole sanitaire strict, que nous avons bien l’intention de respecter pour continuer la saison de monte. Nous avons déjà connu des situations de confinement dans les haras. Je pense que les personnes qui sont à la tête de leur entreprise et qui ont une obligation de résultats sont parfaitement conscientes des avantages et des inconvénients de tout ce qu’elles décident. À partir de là, il ne faut pas minimiser l’ampleur de la situation. »

Haras de la Barelière 

Sybil Pecriaux : « Nous avons beaucoup de juments qui sont déjà sur place. Nous avons nos vieilles méthodes avec notre souffleur. Quand nous devons faire intervenir quelqu’un, nous faisons le maximum pour garder nos distances. Nous venons d’annuler un départ sur le haras du Bouquetot. La saison est bousculée… Pour l’instant, nous recevons le courrier mais il ne faut pas se leurrer, cela ne va pas s’améliorer. À partir du moment où il y a un maillon qui manque dans la chaîne, tout est impacté. Ce n’est pas parce que nous, nous continuons à travailler maintenant que nous allons pouvoir continuer. Nous sommes tout de même dépendants de beaucoup de choses et puis le souffleur ne peut pas tout faire non plus. Nous avons besoin du vétérinaire ! Il faut répondre présent… Tout en ne répondant pas présent, sinon nous n’arriverons pas à contenir ce virus. »

Haras de Lignères

Guillaume Lassaussaye : « Dans l’immédiat, je continue la monte dans mon haras. Nous respectons les consignes d’hygiène. Nous faisons attention à ce qu’il n’y ait pas de contact humain. Nos vétérinaires sont toujours présents donc, de mon côté, je n’ai pas à me plaindre pour l’instant. »

Haras de Tiercé

Nicolas Lemeunier : « Nous continuons, toujours avec des règles sanitaires strictes. Notre vétérinaire passe trois ou quatre fois par semaine. »

Ils continuent, mais…

Haras de la Croix Sonnet 

Émile Jean-Charles : « Pour l’instant nous continuons même si, de mon point de vue, il serait plus raisonnable d’arrêter. Nous prenons toutes les mesures nécessaires pour éviter la contamination. »

Haras de Vains

Adrien Delaroque : « Je continue la monte même si je pense qu’il aurait été plus prudent d’arrêter trois semaines. Comme tout le monde continue, ma structure n’a pas d’autre choix que de suivre le mouvement. Je ne trouve pas normal que certains vétérinaires arrêtent quand d’autres continuent. Tout le monde travaille, ou personne ne travaille ! Chacun fait comme il veut et je ne suis pas vraiment d’accord avec cela : les vétérinaires sont très importants pour les petits haras, qui ne peuvent pas aller à la saillie sans eux, ou alors avec un souffleur, mais ce n’est pas la même chose. »

Ils arrêtent…

Haras du Grand Chesnaie

Franck Lamy : « Nous allons nous arrêter dimanche soir et nous reprendrons l’activité au 1er avril. Je pense que si la conscience de nos dirigeants était un peu plus élevée cela aurait été appliqué depuis longtemps. »

Haras de Chantemerle 

Gérard Mimouni : « Nous arrêtons la saison de monte pendant un mois seulement, je l’espère. Il vaut mieux rester confiné pour que cela se termine le plus vite possible. »