Les maréchaux-ferrants souffrent aussi de la crise

Courses / 19.03.2020

Les maréchaux-ferrants souffrent aussi de la crise

En ces temps de crise sanitaire, aucun maillon de la chaîne hippique n’est épargné. Afin de pouvoir continuer à exercer, les maréchaux-ferrants ont eux aussi été obligés de prendre des mesures drastiques. Nous sommes allés à la rencontre d’Alban Philippe, qui est installé à Maisons-Laffitte : « J’ai mis tout mon personnel au chômage partiel. Quelqu’un m’a dit que nous étions autorisés à ferrer les chevaux, car nous faisons partie des fournisseurs des entreprises agricoles. Mais dans ma corporation, les maréchaux qui dirigent la partie syndicale du groupe disent que nous ne devrions pas travailler. Il y a plusieurs avis, et nous ne savons pas réellement ce qu’il faut faire. J’emmène mon attestation avec moi à chaque fois que je me rends dans une écurie, mais je ne sais pas si elle sera valable lors d’un éventuel contrôle… On devrait jouer le jeu comme tout le monde, mais on travaille avec du vivant ; s’il y a un maillon de la chaîne qui arrête de travailler, nous sommes foutus ! J’ai trois fournisseurs, dont deux qui sont déjà fermés. Cela veut dire que si le troisième ferme, je ne vais plus pouvoir travailler. En attendant, j’essaye de négocier avec mes clients pour ne ferrer que les antérieurs des chevaux. Je vais réaliser un chiffre d’affaires minimum, mais ça ne va pas être mirobolant… Si je m’étais entêté à garder mon personnel avec moi aujourd’hui, je sais que dans trois mois, je n’aurais pas pu les payer ! Il vaut mieux que je travaille tout seul. »

Malgré tout, la solidarité est de mise. Basé lui aussi à Maisons-Laffitte, Pascal Marcheteau a également dû mettre son personnel au chômage partiel pour continuer à assurer son activité : « Lundi dernier, j’ai envoyé un message à tous mes clients pour leur dire que je restais à leur disposition en cas d’urgence : cheval boiteux, fer soulevé... Je leur ai également proposé de déferrer leurs chevaux si besoin est, gratuitement, et d’échelonner les factures, en cas de difficultés de paiement. J’ai mis tout mon personnel au chômage partiel, pour une durée indéterminée. Je travaille principalement à Maisons-Laffitte, mais je continue à me rendre à Chantilly lorsqu’on a besoin de moi là-bas. En termes de mesures sanitaires, je me désinfecte les mains et les gants à chaque fois que je change d’écurie. Là, j’ai déferré à peu près 15 chevaux de selle qui partaient au pré en catastrophe… Un de mes clients, qui est entraîneur, a carrément mis les trois quarts de son écurie au repos. Le problème, c’est qu’en temps normal, on ferre un cheval toutes les quatre semaines. Or, j’ai peur que l’arrêt des courses se prolonge au-delà du 15 avril… Et passé cinq semaines, en ce qui concerne la ferrure, ça commence à être très long pour certains chevaux ! »