LES PROPRIÉTAIRES FACE À LA CRISE - On vous donne la parole

Courses / 23.03.2020

LES PROPRIÉTAIRES FACE À LA CRISE - On vous donne la parole

Les courses sont financées par les joueurs et les propriétaires. Les premiers ne disposent plus que des paris internet sur les courses internationales. Les seconds n’ont plus de rentrée d’argent depuis le 17 mars, date de l’arrêt des courses dans le pays. Comment gèrent-ils cette période critique ? Nous leur avons posé la question *.

* Nous avons choisi d’interroger des propriétaires aux profils variés. Le terme professionnel est parfois employé dans ce dossier. Par le terme professionnel, nous entendons des propriétaires qui ont choisi de se déclarer comme tels auprès de l’administration fiscale, dans le but de récupérer la T.V.A. Il s’agit d’un statut fiscal. Même un propriétaire de 15 % d’un cheval peut choisir d’être assujetti à la T.V.A. : le terme "professionnel" n’a donc rien à voir avec le nombre de chevaux en propriété, et n’indique pas non plus qu’il s’agit de l’activité principale de la personne !

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François Dufaut : « Je prends la crise de plein fouet »

François Dufaut est propriétaire d’une dizaine de trotteurs, et autant de galopeurs, souvent en association. Il est "propriétaire professionnel", c’est-à-dire assujetti à la T.V.A.

« Mon activité professionnelle réside dans les investissements boursiers : autant vous dire que la crise, je la prends de plein fouet ! J’ai décidé de laisser mes chevaux chez leurs entraîneurs, afin qu’ils soient prêts à courir dès que les courses reprendront. J’ai la chance qu’ils aient tous bien couru lors du meeting de Cagnes. En gros, les pensions sont assurées, grâce à ces gains, pour mars et avril, mais il ne faudrait pas que ça dure plus longtemps… Avant même que les courses ne s’arrêtent, j’ai prévenu les professionnels avec qui je travaille que cela allait être compliqué financièrement… La majorité font des gestes commerciaux, c’est-à-dire des pensions un peu différées… La recette des courses, elle vient des joueurs et des propriétaires. Dans ce sens, je crois que si une aide devait exister, elle devrait aussi aller vers les propriétaires, qui pourraient ainsi honorer leurs factures chez les entraîneurs… Mais tout cela est compliqué, va mettre du temps à se mettre en place. L’argent qui n’est pas distribué en ce moment le sera sûrement quand les courses vont reprendre, avec la forte probabilité d’épreuves dédoublées, etc. Ce qui est sûr, c’est que nous connaissons un passage de trésorerie compliqué. Il y a aussi le fait que nous ne pouvons plus voir nos chevaux. Les entraîneurs que j’ai choisis savent communiquer, et ils nous envoient régulièrement des nouvelles et des vidéos, ce qui est très apprécié ! »

Didier Krainc : « Soutenir les professionnels et leur personnel »

Didier Krainc est l’animateur de deux syndicats de propriétaires, l’écurie Vivaldi et l'écurie Bartok, soit 12 chevaux actuellement à l’entraînement (à Chantilly, Pau, La Teste-de-Buch et Mont-de-Marsan), sans compter ceux au repos et au préentraînement. Ces syndicats représentent une trentaine d’actionnaires et possèdent aussi des parts de sujets à l’élevage et de poulinières. 

« Nous abordions tous cette première partie de saison avec un certain optimisme, suite à de bonnes performances en période hivernale, mais aussi et surtout grâce à plusieurs espoirs pour les bonnes courses, voire les classiques. Et à présent nous nous apprêtons à passer des semaines difficiles, sans aucune recette, tout en ayant comme tous les mois des factures à régler. Nous avons organisé plusieurs conférences téléphoniques avec les actionnaires. Nous allons remettre un peu au pot, pour poursuivre cette belle aventure. Toute la difficulté réside dans le fait que l’on ne connaît pas la durée de la période de confinement. Quoi qu’il en soit, nous ne pourrons pas tenir plus de quelques mois sans courses. Mais que voulez-vous que nous fassions : nous n’avons pas d’autres solutions que de faire preuve de patience. Nos actionnaires se mobilisent, pourtant eux aussi ont été affectés dans leurs activités professionnelles. Mais ils ont conscience qu’il faut soutenir les professionnels et leur personnel, tout en croisant les doigts pour que ces derniers ne soient pas touchés par le virus. Certains chevaux au préentraînement ne seront pas envoyés chez leurs entraîneurs. Nous essayons de voir avec les professionnels comment nous organiser au mieux pour faire face. La période est d’autant plus compliquée qu’elle correspond au moment de l’année où, au sortir de l’hiver, il n’y pas encore eu beaucoup de courses et donc de gains. Au même moment, il faut commencer à régler les saillies des poulains qui viennent de naître. D’autres frais viennent s’ajouter, comme les primes d’assurance par exemple. Les éventuelles transactions en cours sur des chevaux à l’entraînement à l'amiable se sont arrêtées net. Or pour une écurie comme la nôtre, vendre est une nécessité pour tenir. Néanmoins, il est important de faire preuve de discipline pour pouvoir sortir au plus vite de cette période de crise. »

Grégory Vayre : « Nos plans sont chamboulés »

Avec son épouse, Grégory Vayre est à la tête d’AGV Karwin Stud. Leur casaque est active en plat et sur les obstacles, souvent en association. Ces propriétaires assujettis ont actuellement huit chevaux à l’entraînement à Chantilly, La Teste, Pau, Calas, mais aussi dans l’Ouest.

« Si l’on compte ceux qui sont à l’entraînement, ceux au repos et ceux à l’élevage, nous avons actuellement environ 25 chevaux. Nous essayons de voir avec les entraîneurs si certains peuvent sortir de l’entraînement et prendre du repos. Cela permet de réduire les frais. Certains 3ans un peu tardifs, et qui n’ont pas encore débuté, sont retournés à l’herbe. Cela leur sera peut-être profitable. Mais la plupart des chevaux poursuivent leur entraînement. Nous ne pouvons pas les arrêter à cette date, surtout ceux ayant des ambitions au niveau Groupe, comme Kraquante (Bated Breath) par exemple. Et faute de compétition, il est difficile d’y voir clair. 

Pour faire tourner l’effectif, après avoir investi, nous avons passé pas mal de chevaux aux ventes cet hiver. Malheureusement, le meeting de Pau n’a pas été très fructueux. Plusieurs chevaux ont déçu. Seul Groom Boy (Tiger Groom) et Eden Conti (Khalkevi) ont tiré leur épingle du jeu sur les obstacles. L’argent que nous espérions décrocher en allocations n’est pas au rendez-vous. Dans le même temps, le commerce vers l’étranger est en pause et, là aussi, ce sont des rentrées d’argent qui font défaut. Nous avions plusieurs chevaux en préparation pour les breeze up : tout cela est décalé.

Nos plans sont chamboulés. Nous essayons de faire au mieux. Tout en sachant que nous ne pouvons pas laisser tomber les entraîneurs : ils ont des factures à régler et des salaires à payer eux aussi. Ils ne peuvent pas supporter toutes les conséquences de la situation actuelle. C’est toute la filière qui doit trouver des solutions, collectivement. 

Je pense et j’espère que le marché va repartir au sortir de la pandémie. Reste à savoir dans quelles mesures certains acteurs auront été affectés et quelles seront leurs capacités d’investissements. Beaucoup de gens ont perdu en bourse par exemple. 

La crise tombe vraiment au mauvais moment. Y compris dans notre activité professionnelle. Mon épouse et moi-même travaillons dans la restauration. Pourrons-nous rouvrir les restaurants à partir de mi-avril ? En attendant, nous devons payer le personnel, sans savoir quand le gouvernement va débloquer ses dispositifs d’aides aux entreprises. »

Maxime Moczulski : « Les entraîneurs ne peuvent pas payer pour la défaillance de certains propriétaires »

Maxime Moczulski est propriétaire de quatre chevaux de plat, trois à La Teste-de-Buch, chez Christophe Ferland et un à Lamorlaye, chez Ludovic Rovisse. Il a choisi le statut fiscal de propriétaire professionnel. Il dirige deux "Super U".

« Heureusement, de par mon métier, j’ai la chance d’être très sollicité, puisque les supermarchés ont le droit de rester ouverts. Je vis la crise actuelle avec beaucoup de patience. Pour le moment, je ne suis pas inquiet pour le paiement des pensions, et j’ai choisi de laisser tous mes chevaux à l’entraînement. Je reste un petit propriétaire, mais si la situation n’excède pas six mois, je devrais m’en sortir… En tant que propriétaire, on sait pertinemment qu’on peut avoir un creux dans ce genre d’activité. La meilleure solution que j’ai trouvée pour faire face, c’est de me mettre en mode "off" avec les courses, sachant que les réunions qu’on nous propose en ce moment ne m’intéressent pas plus que ça. Je n’appelle pas mes entraîneurs tous les jours, car ils vont me dire la même chose… En ce moment, je suis sevré ! Mon activité de propriétaire est un loisir coûteux, mais un loisir quand même. Je pense surtout aux entraîneurs, ainsi qu’aux éleveurs-propriétaires qui ont de grosses structures, qui ont absolument besoin des courses pour vivre. Ce sont eux qui ont le plus besoin d’aide ; les entraîneurs ne peuvent pas payer pour la défaillance de certains propriétaires. »

Francis Teboul : « La passion a un coût et a des limites »

Francis Teboul, président d’un centre de formation professionnelle dédié au secteur de l’assurance, est par ailleurs éleveur-propriétaire ; assujetti à la T.V.A.

« J’ai une douzaine de poulinières, une dizaine de foals et yearlings, un étalon, ainsi qu’une douzaine de chevaux à l’entraînement, en plat comme en obstacle. Ces derniers sont répartis entre Chantilly, Deauville, Marseille, Mont-de-Marsan, et l’Ouest. La situation actuelle est assez cornélienne. J’ai laissé tous mes chevaux à l’entraînement, car pour moi, ce n’est pas une bonne idée de les envoyer au pré maintenant. Dans l’hypothèse où les courses reprendraient bien le 15 avril, il faudra que les chevaux soient prêts. Avant de mettre les chevaux en vacances, il faudrait savoir avec certitude la durée de l’arrêt des courses, mais aussi sous quelle forme elles vont reprendre, quel type de programme on va nous proposer… Aujourd’hui, les entraîneurs n’ont pas moins de personnel pour autant, car il faut bien sortir les chevaux tous les jours. À partir de là, il est difficile pour nous, propriétaires, de leur demander un effort ; nous sommes obligés de les soutenir, même sans rentrée d’argent. Je ne demanderai pas de tarif avantageux à mes entraîneurs ; en revanche, je vais peut-être, avec leur accord, échelonner les règlements de pension… Cette crise, qui est extrêmement aigüe, va toucher tous les socioprofessionnels. À un moment, nous allons nous poser des questions et nous demander s’il ne faut pas réduire nos effectifs, car il va être bien difficile dans les prochains mois de compenser les coups que nous allons subir. Nous sommes tous animés par la même passion, mais la passion a un coût et elle a des limites… »

Paul Couderc : « Il faudra une aide pour les propriétaires »

Paul Couderc est pharmacien-biologiste et a une quinzaine de chevaux à l’entraînement, aux quatre coins de la France, sans compter les chevaux d’élevage.

« À l’entraînement, actuellement, j’ai une quinzaine de chevaux en association. Les chevaux d’obstacle du meeting de Pau sont partis en vacances. J’ai essentiellement des chevaux chez Emmanuel Clayeux, Gabriel Leenders, Dominique Bressou, François Nicolle, Guillaume Macaire, Adrien Lacombe et mes anglos de plat sont chez Thierry de Laurière. Je suis assujetti à la T.V.A. Nous avons un 3ans qui est retourné au pré car il n’était pas spécialement précoce. Sinon, tous mes chevaux sont restés à l’entraînement. J’ai eu la chance d’avoir fait un meeting de Pau et un début d’année corrects. Si l’arrêt des courses dure un mois ou un mois et demi, ça ira. Plus, ça sera beaucoup plus difficile. Les propriétaires payent des pensions conséquentes et il leur faudra une aide. S’il y a une difficulté pour le propriétariat, il y a des chevaux qui vont sortir de l’entraînement. C’est obligatoire. »

Frank Walter : « J’ai réfléchi à plusieurs plans B »

Frank Walter est directeur commercial dans le secteur de l’informatique, et fait partie des propriétaires assujettis à la T.V.A. 

« J’ai 16 chevaux à l’entraînement, dont un cheval d’obstacle, qui sont répartis chez six entraîneurs différents entre Chantilly, Deauville, La Teste, Pau et Rome. Depuis l’annonce de l’arrêt des courses, je n’ai pas envoyé de chevaux au pré. J’ai neuf 2ans qui sont en train d’apprendre leur métier, et je ne voulais pas les arrêter. Quant aux autres, soit ils sont prêts à débuter, soient ils sont prêts à recourir. Ils vont rester à l’écurie pour le moment, en espérant que les courses reprennent assez vite. Les chevaux de course sont une passion, mais l’idée, c’est que ça coûte le moins cher possible ! Si je continue à avoir des coûts sans aucune rentrée d’argent, je vais finir par avoir des problèmes de trésorerie… D’autant que ma profession ne marche pas fort en ce moment. Je suis directeur commercial dans le secteur de l’informatique, et les clients sont peu enclins à lancer de nouveaux projets. La prospection commerciale est actuellement à 10 % de son activité normale, et nous perdons énormément de chiffre d’affaires. La reprise va être très lente… Du coup, j’ai réfléchi à plusieurs plans B avec mes entraîneurs, au cas où la situation s’inscrirait dans la durée. En attendant, ils s’assurent que le protocole sanitaire est bien respecté au sein de leurs écuries. Il faudrait qu’il y ait un système de compensation qui vienne de l’État ou de France Galop, par exemple. Je ne suis pas contre l’idée que les propriétaires aident les entraîneurs, mais il faudrait qu’ils soient eux-mêmes aidés en contrepartie ! Si rien ne se passe, les propriétaires ne pourront plus payer leurs pensions à terme, et il n’y aura plus personne pour s’occuper des chevaux. Heureusement, j’ai réalisé une très bonne vente le jour de la vacation de l’Arc grâce à Chares (Ivawood) ; ça permet de patienter un peu… »

Patrice Détré : « Je fais confiance à France Galop »

Patrice Détré est chirurgien-dentiste, et propriétaire d’une trentaine de chevaux en association.

« J’ai actuellement trente chevaux à l’entraînement, tous en association. Mes chevaux sont essentiellement chez François Nicolle, mais aussi chez Arnaud Chaillé-Chaillé, quelques-uns à Chantilly, d’autres chez Donatien Sourdeau de Beauregard, Augustin Adeline de Boisbrunet et Hector de Lageneste. Comme mon père, je suis non-assujetti. Nous n’avons pas arrêté un seul cheval. Les débuts ou la rentrée des chevaux qui devaient courir au printemps sont différés, mais nous n’avons pas arrêté volontairement des chevaux. Ils doivent être prêts quand les courses vont repartir, et les arrêter voudrait dire perdre encore plus de temps.

Je fais confiance à France Galop et à la médecine française. Si les courses reprennent vraiment le 15 avril, je fais le dos rond. Si l’arrêt des courses est prolongé de quinze jours ou un mois, ça va commencer à devenir de plus en plus dur. Mais je suis sûr que France Galop soutiendra les socioprofessionnels, et a fortiori les propriétaires, si un plan est mis en place. Nous sommes tous capables, petits ou grands, de tenir un mois. Et au 15 avril, nous verrons ce qui se passera.

France Galop a arrêté les courses, devançant l’État qui nous aurait sans doute fait arrêter. Mais nous n’avions plus que les enjeux online qui ne pouvaient payer les allocations. Il faut espérer que les parieurs puissent rapidement revenir jouer au moment où nous repartirons. Dans les six mois qui viennent, quand le PMU aura repris son activité normale, il faudra voir si l’État peut diminuer son prélèvement. Ce serait une idée intelligente pour aider les entraîneurs et, a fortiori, les propriétaires. »

Philippe Faucampre : « Il faut accorder une subvention à chaque cheval qui est resté à l’entraînement »

Philippe Faucampre est un propriétaire professionnel (assujetti à la T.V.A.) avec 12 chevaux (en totalité ou en partie) à l’entraînement à Chantilly et à Calas. Il est à la tête de plusieurs commerces.

« J’ai eu la chance de faire un bon meeting de Cagnes-sur-Mer et c’est ce qui me permet de tenir. Alors que les dépenses continuent – il faut bien nourrir et faire entraîner les animaux –, nous n’avons plus de rentrées d’argent. Mon but n’est pas de sortir les chevaux de l’entraînement car les professionnels ont du personnel à l’année, des personnes compétentes, qu’il faut continuer à payer. En outre, si les chevaux partent au repos, il va falloir beaucoup de temps pour les remettre en route et ce n’est pas ainsi qu’on va parvenir à décrocher des allocations au moment où les courses vont reprendre.

Toutes les ventes de chevaux à l’entraînement sont décalées, l’investissement est à l’arrêt, plus personne ne bouge. Ceux qui ont la trésorerie suffisante vont pouvoir tenir un peu. D’autres vont mourir demain. Le président de la République a utilisé le terme de guerre dans son dernier discours. Et en temps de guerre, les gros maigrissent et les maigres meurent. Si les courses ne reprennent pas d’ici au 1er mai, la situation va devenir catastrophique. Depuis le début de l’année, j’ai eu 41 partants, principalement dans des petits handicaps et des réclamers. Soit les catégories qui fournissent des partants, qui génèrent du jeu et qui font vivre le système. Nous ne sommes plus au XIXe siècle : les propriétaires actuels sont rarement des gens fortunés. Je suis dans l’attente de voir ce que France Galop va faire. On ne peut pas dire que l’Institution n’a plus d’argent et qu’elle fonctionne à flux tendu. Les informations communiquées lors de la campagne électorale de fin 2019, indiquaient des réserves disponibles dépassant la centaine de millions d'euros, répartie entre les sociétés-mères et le PMU, même si les encours se font à J + 4, ne confondons pas les flux au quotidien et la santé financière de nos organisations. Avec 32 millions de revenus mensuels, si on enlève 10 millions de frais fixes, il reste 22 millions. Et cet argent, à quoi va-t-il servir ? J’espère qu’il ne sera pas utilisé pour reconstituer une trésorerie mise à mal par la reconstruction de ParisLongchamp. Il faut s’en servir pour aider les propriétaires et à la filière. Sans cela, les entraîneurs-propriétaires et beaucoup de propriétaires français vont mourir. Il faut accorder une subvention à chaque cheval qui est resté à l’entraînement.

En outre, le président de la République a dit devant la France entière que personne ne serait laissé de côté. C’est donc maintenant qu’il faut bouger, au moment où des milliards de trésorerie sont débloqués. La solution est simple : France Galop doit contracter un emprunt et demander à l’État de réduire son prélèvement sur les jeux. L’État est certain de s’y retrouver dès que les paris repartiront. Les courses ont besoin de dirigeants réactifs, qui se comportent comme de véritables chefs d’entreprises.  Car actuellement, c’est pratiquement la politique de l’autruche.

Il faut bien comprendre que si les propriétaires disparaissent, les éleveurs qui continuent à faire saillir n’auront bientôt plus de clients pour acheter leur production. France Galop doit tout faire pour maintenir la clientèle existante. Je suis dans les courses depuis 38 ans : les princes arabes et les records, c’est derrière nous. Surtout que dans le même temps, la situation financière de la majorité des propriétaires français s’est dégradée. J’ai gagné des courses à réclamer avec 6.000 € au gagnant il y a 20 ans. À présent, cette même épreuve offre 5.000 € au lauréat, alors le coût d’un cheval à l’entraînement a nettement augmenté. Quand on gère une écurie en professionnel, la différence est énorme en fin d’année. »