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Jour de Galop

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Monte : les laboratoires mobilisés pour la continuité du service

Élevage / 24.03.2020

Monte : les laboratoires mobilisés pour la continuité du service

Ce matin, la ministre du Travail déclarait : « Nous avons étudié avec Bruno Le Maire l’idée d’établir une liste de secteurs autorisés à continuer ou pas, mais nous nous sommes vite heurtés à un problème, car tous les secteurs sont imbriqués. »

Dans les courses, c’est pareil ! Ainsi, pour assurer la saison de monte, les haras et les éleveurs ont besoin des laboratoires et des transporteurs. Nous sommes allés à leur rencontre (virtuelle).

Si la saison de monte peut continuer, du moins pour le moment, c’est aussi parce que les laboratoires jouent le jeu.

La monte chez les pur-sang (et l’AQPS) est soumise à un protocole sanitaire exigeant. Avant d’être saillie, la jument doit être testée pour la métrite équine contagieuse, les métrites à Pseudomonas aeruginosa, ainsi pour l’artérite virale équine. Des laboratoires agréés réalisent ces diagnostics sur les prélèvements effectués par les vétérinaires. À la tête de Labéo, l’un des laboratoires de référence en analyses vétérinaires, le Dr Guillaume Fortier, par ailleurs vétérinaire conseil de la Fédération des éleveurs, nous détaille les mesures mises en place au sein de son laboratoire pour assurer ce service aux éleveurs et aux vétérinaires, indispensable à la tenue de la saison de monte.

« Avant même que le confinement ne soit instauré dans le pays, nous avons mis en place un plan de continuité de l’activité, en définissant des activités prioritaires. Les analyses dans le cadre de la monte équine en font évidemment partie. Au sein du laboratoire, nous nous sommes organisés pour protéger en premier lieu nos salariés. En ce qui concerne la métrite, qui mobilise cinq à six personnes, nous avons progressivement mis en place des équipes de deux ou trois personnes, en rotation, et avons réquisitionné des places de laboratoire dont nous ne nous servions pas pour cause d’arrêt d’activité au vu du contexte de crise, tout ça dans le but de limiter les contacts entre les personnes. Une partie de nos salariés, notamment ceux de la partie recherche, sont aujourd’hui au chômage partiel. C’est un moment dur pour ces équipes de pointe.

Les analyses pour la métrite peuvent être effectuées par culture – la technique plus ancienne, qui requiert au moins 6 jours pour avoir les résultats –, immunofluorescence – trois ou quatre ou par P.C.R. – quelques heures à 48 h. C’est le vétérinaire qui prescrit la technique qu’il souhaite. Dans le but de respecter les délais avec des effectifs à protéger chez nous, nous avons décidé, pour la première fois de notre histoire, de réguler nous-mêmes ces trois techniques. Dans le cas où les cultures sont trop nombreuses, nous en passons en immunofluorescence, et quand l’immunofluorescence déborde, la P.C.R. prend le relais. Pour le client, il n’y aura pas d’impact financier. Nous allons lisser les prix.

Pour résumer, il n’y a pas, à l’heure actuelle, de soucis pour effectuer les tests nécessaires à la monte équine. C’est le cas chez nous, et dans la grande majorité des autres laboratoires agréés. II n’est pas impossible, selon l’évolution de la situation, que l’on nous réquisitionne pour effectuer des tests sur le covid-19. Mais dans tous les cas, nous n’abandonnerons pas la filière équine, qui fait partie de notre ADN !

Plus généralement, et comme vétérinaire conseil de la Fédération des éleveurs, je répète qu’il est indispensable de respecter à la lettre le protocole sanitaire de déplacement des juments vers les centres de reproduction. Il en va de la santé du personnel des haras, des vétérinaires, des transporteurs. »