Nicolas Clément : « Il faut faire preuve d’unité »

Courses / 25.03.2020

Nicolas Clément : « Il faut faire preuve d’unité »

Nicolas Clément préside l’Association des entraîneurs de galop.

« Il existe une gouvernance, présidée par Loïc Malivet, qui rassemble trot et galop. Ils travaillent pour essayer de trouver d’autres aides d’urgence à destination de tous les entraîneurs. À l’image de ce qui a été débloqué pour les marins pêcheurs, dont les bateaux sont à quai, et qui ont bénéficié de mesures exceptionnelles.

C’est une logique de gagnant-gagnant avec l’État : nous représentons des emplois, de la T.V.A. et des paris hippiques, sur lesquels la puissance publique exerce bien sûr son prélèvement. Nous faisons confiance à notre gouvernance. Il faut faire preuve d’unité au sein de la filière galop, mais aussi avec nos amis du trot. Éleveurs, propriétaires et entraîneurs doivent parler d’une seule voix. Il faut vraiment éviter le fait que la moitié des chevaux français repartent au pré, car dans ce cas, nous allons connaître une situation problématique lors de la reprise.

Il y a des centaines de yearlings à vendre et il faut amorcer la pompe de notre filière, en pensant au fait que nos amis éleveurs ont besoin d’écouler leur production.

Si l’entraînement s’écroule, toute la filière course s’écroule. Si des mesures d’urgence viennent sécuriser le paiement des pensions, nos propriétaires y verront un vrai signe de confiance, pour aller de l’avant. Et c’est aussi une manière d’aider ceux qui auraient du mal à régler leurs factures en cette période difficile. 

L’État doit injecter de l’argent, comme il le fait dans d’autres secteurs de l’économie, pour pérenniser l’activité. »

François-Xavier de Chevigny : « On en appelle à l’État »

François-Xavier de Chevigny est le directeur de l’Association des entraîneurs de galop.

« Les sommes proviennent de toutes les amendes payées par les entraîneurs depuis une dizaine d’années. Et elles n’avaient pas encore été débloquées pour les caisses de secours des deux associations, lesquelles permettent de verser une certaine somme tous les mois à des professionnels retraités et en difficulté. Tous les ans, nous faisons une demande dans cet objectif et tous les ans, il y une différence entre notre demande et le montant des amendes. C’est ce delta qui a généré l’argent qui vient d’être mobilisé aujourd’hui pour aider les entraîneurs dans ce contexte exceptionnel. L’annexe 1 du Code des courses stipulait que ces sommes étaient destinées aux associations qui s’en servaient pour distribuer les aides. Mais les amendes étant payées par l’ensemble des professionnels, membres ou non d’une association, il a été décidé que tout le monde pouvait en bénéficier.

France Galop a demandé aux associations de lister les besoins de leurs adhérents et un certain nombre de mesures, en ce qui concerne les frais de piste et les loyers, ont déjà été prises. Il existe des pistes pour essayer de trouver d’autres financements, mais pour l’instant ce ne sont que des pistes. Si cela se révélait possible, il faudrait mobiliser des budgets beaucoup plus élevés. Or ni France Galop, ni les associations, ne disposent de cet argent. Il n’y a que l’État qui dispose de cette capacité financière.

Un communiqué a été signé par la quasi-totalité des associations d’entraîneurs, d’éleveurs et de propriétaires. Dans ce texte, les professionnels demandent à l’État de les aider, en baissant son prélèvement sur les jeux lors de la reprise des courses. Le problème de notre métier, c’est que les chargent restent les mêmes avec ou sans rentrées d’argent. Nous ne pouvons presque rien réduire : il faut payer les salaires et nourrir les chevaux.

Nous souhaitons tous que la reprise soit la plus rapide possible, quitte à avoir des courses réparties par région. Néanmoins, compte tenu des annonces dans les médias généralistes, le 15 avril apparaît comme une date difficile à tenir pour la reprise de la compétition hippique.

Pour y parvenir, il faut retrouver le droit de se déplacer et de rassembler du monde dans une enceinte. Enfin nos adhérents nous font savoir que le personnel répond vraiment présent. Dans les écuries, nous essayons de mettre en place un maximum de mesures barrières, conformément aux demandes du gouvernement. Il faut saluer la passion et le dévouement des équipes. »