Patrick Lombrail, un nouveau venu dans les courses de pur-sang arabes en France

30.03.2020

Patrick Lombrail, un nouveau venu dans les courses de pur-sang arabes en France

À la tête d’un domaine situé à côté de Montauban, Patrick Lombrail se lance avec enthousiasme dans l’élevage de pur-sang arabes de course. Avec trois associés, il vient en effet de créer le haras de l’Aigle.

The French Purebred Arabian. – Quel a été votre parcours ?

Patrick Lombrail. – J’ai vendu mon entreprise il y a trois ans, qui était spécialisée dans l’équipement de protection individuelle des salariés. Comme j’ai toujours eu envie d’élever des vaches, j’ai donc cherché à acheter des terres près de Montauban. J’ai trouvé un domaine de 54 hectares avec une demeure et à 10 mn du centre-ville. Je me suis laissé tenter, pour y élever des vaches de race Angus. J’ai constitué un troupeau, puis, en maniant les chiffres, je me suis dit que j’allais peut-être acheter quelques chevaux. En effet, il se trouve que ce domaine avait auparavant été orienté sur l’élevage de chevaux de course, avec la présence de 25 boxes et de pas mal de paddocks. Il était précédemment connu sous le nom de l’écurie de Syrah. Et en achetant le domaine, j’ai également acquis quelques chevaux et poulinières qui étaient sur place.

Vous avez ainsi créé le haras de l’Aigle ?

J’ai le domaine de l’Aigle, où j’élève mon troupeau de vaches, et j’ai créé un haras au sein du domaine, avec deux partenaires, le haras de l’Aigle. J’en suis le responsable. C’est un certain investissement, entre les achats et les frais d’entraînement. Mais c’est quelque chose qui nous passionne, même si c’est nouveau pour nous. En effet, nous ne sommes pas issus du milieu des courses mais de celui de l’entreprise. Nous avons tous les trois occupé des fonctions de direction. Mes deux associés n’interviennent pas et me font confiance. J’essaie de faire les choses de la manière la plus professionnelle, en m’entourant de gens que j’ai jugés compétents.

Vous étiez familier avec les vaches et les chevaux ?

Il y a trois ans, je ne savais rien de ce qu’était une vache et j’avais peur des chevaux. Pour ces derniers, je n’ai peut-être pas rencontré les bonnes personnes au départ, je n’ai pas eu les bonnes explications. Au bout de deux ans, en essayant d’analyser ce qui se faisait à droite et à gauche, j’ai compris que je n’avais pas les bons chevaux pour le marché du pur-sang arabe.

À force de discuter et de regarder les résultats, mon analyse a été que les choses n’étaient pas simples, surtout avec les premiers chevaux que j’ai eus auparavant. Je me suis rendu compte que c’était un marché de niche, porté sur le haut de gamme. Lorsqu’on est en-dessous, on subit les choses. C’est ce qui m’est arrivé, à cause d’achats non judicieux. Je ne m’en prends qu’à moi-même mais à partir de ce constat, j’ai pensé qu’il fallait que je bouge et que je voie d’autres personnes, afin qu'elles m'apportent d’autres choses. C’est ainsi que j’ai fait trois rencontres décisives. Finalement, il ne sert à rien d’avoir beaucoup de chevaux. Il faut privilégier la qualité.

Quelles sont ces trois personnes ?

La première belle rencontre fut celle de Mathieu Daguzan-Garros, du haras des Granges. Il m’a vendu un cheval via Arqana, j’ai passé trois jours, en totale immersion, avec lui, et il m’a expliqué ce qu’était un cheval de course. C’est une personne qui s’est livrée et qui parle "vrai". Ensuite, j’ai fait la rencontre de Robert et Marie-Ange Bourdette, du haras de Monlau. Eux aussi m’ont parlé "vrai", en ce qui concerne les méthodes d’élevage. Ils m’ont expliqué leur manière de procéder. Enfin, j’ai apprécié d’échanger avec Paul et Virginie Basquin. Au côté de ces gens de confiance, vous posez beaucoup de questions, vous écoutez et vous apprenez. Par la suite, j’ai fait trois achats avec Paul. Voilà pourquoi je suis aujourd’hui propriétaire d’une pouliche à l’entraînement, qui s’appelle Sante Al Maury (Munjiz).

Dans l’optique de l’élevage ?

J’ai effectué trois achats assez lourds, deux pouliches et une poulinière. Pour les deux premières, le but est de les faire courir et de les valoriser. Sante Al Maury est à l’entraînement chez Élisabeth Bernard. C’est une pouliche qui a l’air d'être prometteuse et d’avoir de la qualité. L’objectif est de la préparer pour une course comme celle de Saint-Cloud (Gr1 PA) à l’automne. J’ai également demandé mes couleurs, donc effectué les démarches nécessaires. Je ne dirais pas que c’est un parcours du combattant car tout le monde a été plutôt sympa à France Galop, une structure que je ne connaissais pas du tout.

Sante Al Maury provient de l’élevage de madame Koch. Et du même élevage, j’ai également une autre 3ans, No Drug Al Maury (Mahabb), qui est confiée à Thomas Fourcy. La poulinière s’appelle Dormalla (Dormane) [il s'agit d'une propre sœur de trois mères de gagnants de Gr1 PA : Dormah de Brugère (Dormane), Balladore (Dormane) et Dormadora (Dormane), ndlr]

Au total, combien avez-vous de chevaux ?

En achetant le domaine, j’ai récupéré quelques origines de "Syrah", c’est-à-dire deux autres poulinières, Jilie (Tornado de Syrah) et Pamela de Syrah (Nehs d’Or Al Maury), cette dernière étant très âgée. J’ai aussi deux 2ans et trois foals ainsi qu'une 2ans, Syracuse (Dahess), qui est une fille de Sia (Akbar), une jument que j’ai vendue depuis. Elle est assez jolie, élégante mais pas très grande. En fréquentant Paul Basquin et Mathieu Daguzan, j’ai compris qu’il faut savoir regarder les chevaux, avoir une certaine sensibilité. On finit par sentir chez certains quelque chose de plus… C’est du ressenti.

Cette option de viser le haut de gamme, vous l’avez également choisie pour votre élevage de vaches Angus ?

Oui, le domaine est en bio et nous sommes très soucieux du bien-être animal. Pour les chevaux, même si ce n’était pas mon ""truc"" au départ, cela l’est devenu. Ce sont de beaux animaux et j’ai été séduit. D’ailleurs, je n’ai plus peur (rires) !