Pour les classiques, des deux côtés de l’Atlantique, l’imagination est au pouvoir…

International / 18.03.2020

Pour les classiques, des deux côtés de l’Atlantique, l’imagination est au pouvoir…

Bob Baffert se voyait déjà gagner un sixième Kentucky Derby. Mais après avoir appris que la course allait être décalée au premier samedi de septembre, il a déclaré à la presse américaine : « Ce n’est qu’une course de chevaux et j’ai bien d’autres raisons d’être inquiet. » Le changement de date du classique va chambouler la Triple couronne. Et pour les hippodromes de Pimlico et de Belmont Park, les Preakness et les Belmont Stakes sont des événements de première importance. Ce sont leurs grandes courses, celles qui génèrent le plus de recette. En suivant un espacement normal entre les manches, avec un Kentucky Derby le 5 septembre, les Preakness devraient se courir le 19 septembre et les Belmont encore trois semaines après, le 10 octobre. Une pilule difficile à avaler car la météo risque de se détériorer et la concurrence des autres sports sera alors bien plus rude.

Par Franco Raimondi

Et si on changeait l’ordre des courses ? Churchill Downs a fait son choix et comme on dit : premier arrivé, premier servi. C’est aux autres de trouver une bonne date. Il faudra un peu d’imagination et sortir de sa zone de confort. Aux grands maux, les grands remèdes.

Un des champions ayant décroché la Triple crown, Gallant Fox (Sir Gallahad III), avait remporté les Preakness alors que cette épreuve se courait avant le Kentucky Derby. C’était en 1930 et, à cette époque, la Triple couronne n’était pas encore considérée comme un vrai titre, même si Sir Barton (Star Shoot) avait gagné les trois courses en 1919. Mon ami et confrère Bill Finley du TDN a avancé une idée très intéressante : programmer les Preakness Stakes le 20 juin et les Belmont Stakes le 4 juillet, le jour de la Fête nationale, en les raccourcissant sur à 2.000m. Un éventuel gagnant des deux premières étapes aurait deux mois pour récupérer de ses efforts. Ou, c’est une autre possibilité, pour passer de forme.... L’idée Finley est la meilleure émise à ce jour. Mais il en faudra d’autres car un Kentucky Derby programmé en septembre va produire d’autres changements dans le programme. Les Travers Stakes (Gr1), soit le Midsummer Derby, sont à l’affiche le 29 août, une semaine avant le Kentucky Derby. Il est tout à fait logique que la puissante New York Racing Association cherche dès lors une nouvelle date pour une course qui est le moment fort du meeting de Saratoga. Mais pour cela, il faut tenir compte du fait que l’Haskell Invitational (Gr1), le clou de la saison à Monmouth Park, est à l’affiche le 18 juillet.

Des Guinées sans trials… Outre-Manche, on navigue dans le domaine des fantasmes et des plans secrets. Mais penser au programme, c’est se projeter dans l’avenir et faire preuve d’optimisme au moment où le confinement échauffe les esprits…

La saison classique anglaise risque elle aussi d’être bouleversée. L’effet des annulations de courses jusqu’à la fin du mois d’avril affecte le calendrier des préparatoires aux Guinées. Il faudra faire sans Craven Meeting et sans trials à Newbury. Sept des dix derniers gagnants des 2.000 Guinées ont fait leur rentrée directement dans le classique. Les trois autres, qui ont eu une course auparavant, sont Night of Thunder (Dubawi), le crack Frankel (Galileo) et le français Makfi (Dubawi). Chez les pouliches, seulement trois des 10 dernières lauréates des 1.000 Guinées (Gr1) n’ont pas eu de préparatoires : Hermosa (Galileo), Minding (Galileo) et Blue Bunting (Dynaformer).  

Ou quatre semaines plus tard. Dans un scenario qui évolue tous les jours, la British Horseracing Authority a d’autres chats à fouetter. Mais chez les professionnels, les bruits circulent vite. Certains disent que les classiques sur le mile pourraient reculer de quatre semaines dans le calendrier. Dans ce scénario, les Guinées auraient lieu les 30 et 31 mai. Alors que le Derby et les Oaks tomberaient les 26 et 27 juin. Royal Ascot cette année est à l’affiche du 16 à 20 juin. Certes, les Anglais sont respectueux des traditions… mais le meeting de Sa Majesté s’est déjà couru une fois en juillet. C’était en en 1955, l’année où l’italien Botticelli (Blue Peter) avait remporté la Gold Cup. La raison du changement était moins grave : une grève des trains avait bloqué l’Angleterre. Bob Baffert n’a pas tort, il ne s’agit que de courses de chevaux. Mais nous avons besoin d’en parler et d’y réfléchir pendant ces jours où elles nous manquent tant…