Tout sur Cheltenham (et même un peu plus)

International / 09.03.2020

Tout sur Cheltenham (et même un peu plus)

Cette année, JDG parachute un tandem de choc sur Cheltenham : Christopher Galmiche, spécialiste de l’obstacle (et de l’Angleterre), sera épaulé par Emmanuel Roussel, spécialiste de l’Angleterre (et de l’obstacle).

En voici un premier aperçu, signé Manu !

À partir de demain et pour les quatre jours du meeting, vous retrouverez comme chaque année dans Jour de Galop les reportages que, fidèle à son habitude, Christopher Galmiche vous mitonnera en direct des olympiades de l’obstacle britannique. Grâce à lui, vous saurez tout. Compte tenu de son format, Jour de Galop est la seule publication hippique en français qui vous permette de tout savoir chaque jour sur l’actualité du Festival, et en particulier sur les succès des chevaux élevés en France qui, lors du festival 2019, ont établi un nouveau record avec 14 succès sur 28 épreuves. Ils ont encore défrayé la chronique cet hiver en Grande-Bretagne et en Irlande, et passer le cap des quatorze victoires semble envisageable. Mieux encore, mercredi, dans le Glenfarclas Cross-Country, quatre chevaux entraînés en France, dont deux des trois favoris, seront au départ pour l’entraînement d’Emmanuel Clayeux et de David Cottin face au double lauréat du Grand National et tenant du titre, Tiger Roll, et à Might Bite, deuxième de la Cheltenham Gold Cup 2018…

Un trésor du patrimoine

Mais tout ça, c’est plutôt habituel. Ce qui est nouveau, si l’on peut dire, c’est que Christopher m’a glissé dans son sac à malices pour que je vous narre à ma façon les à-côtés de cet incomparable meeting. Pour vous j’irai débusquer au rond de Prestbury Park les gilets jaunes camouflés par nos chers compatriotes sous un raide manteau de tweed.

Je trépigne d’impatience de partager à nouveau avec vous tout ce qui, à mes yeux, fait des courses britanniques en général, et de ce festival en particulier, un véritable trésor du patrimoine de l’humanité. Ces courses et ce festival mériteraient amplement d’être référencés par l’Unesco, au même titre que les rillettes du Mans, la choucroute alsacienne, l’équitation de tradition française et la yourte des tribus mongoles.

Ainsi donc, chaque jour, en marge des reportages complets de Christopher, je m’efforcerai de vous faire vivre ce meeting comme si vous y étiez, dans le simple but de vous divertir.

Parce qu’il ne faut jamais oublier, surtout dans les périodes plus difficiles où l’épicerie prend le pas sur l’épopée, que les courses de chevaux, en France comme en Grande-Bretagne et comme partout dans le monde, c’est avant tout un bon prétexte pour se réjouir, pour s’amuser et pour se détendre entre gens bien élevés.

Faisons fi des tristes sires des ronds de présentation de Chantilly et de Deauville, des importants. Pour paraphraser Georges Clémenceau : « Les courses ! C’est une chose trop géniale pour les laisser à des professionnels »*.

À demain, même heure, même chaîne. Et d’ici là, “good night, and good luck!”

* « La guerre ! C’est une chose trop grave pour la confier à des militaires », déclara un jour le Tigre.

Post-scriptum depuis le champ de bataille, à la veille du combat

PS : Je ne peux résister au plaisir de dévoiler deux informations de première importance tandis que je vous envoie par les ondes ces quelques mots de l’immense salle de presse de Cheltenham.

Un brin de name dropping

Quand je suis arrivé ce midi pour retirer mes badges d’accès, j’ai dû chercher un bon moment avant de trouver… une place de parking. Nous sommes lundi, et il y a déjà plus de monde ici qu’un dimanche d’avril à ParisLongchamp. Je me gare donc en bougonnant à cent mètres de l’entrée. Tandis que je fouille mon coffre, mon voisin de parking gare sa Skoda grise auprès de ma Fiat lie-de-vin. Il s’extrait de son véhicule et me lance : « Ils ont même réussi à remplir le parking sans faire de courses ! »

Je lui réponds : « Vous avez raison, c’est incroyable », avant de m’apercevoir que mon voisin de parking, celui qui va laisser son auto tchèque à côté de ma bombe transalpine, n’est autre que Richard Pitman ! Champion jockey, gagnant du King George deux fois, deuxième du Grand National remporté par Red Rum en selle avec une montagne de plomb sur l’héroïque Crisp, ex-mari de la volcanique Jenny Pitman, puis correspondant de la BBC (sa fiche Wikipedia ici : https://en.wikipedia.org/wiki/Richard_Pitman). Toute proportion gardée, c’est un peu comme de se garer à Auteuil à côté de Jean Biju. Bref, voilà pour le name dropping.

… et une pincée de "bottom-up"

Ensuite, et pour être plus sérieux, les toilettes. Je vous parle ici de celles de la salle de presse provisoire de Cheltenham, qui doit contenir environ 200 journalistes. Quand vous arrivez là-dedans en ne connaissant que les misérables trous de nos fiers hippodromes parisiens (à l’exception d’Auteuil), c’est un peu comme si vous quittiez un vol intérieur Air France pour vous retrouver surclassé en business sur Emirates afin de poursuivre votre route jusqu’à Melbourne…

Deux lavabos impeccables (ils le resteront toute la durée du Festival, je l’ai vérifié quotidiennement l’année dernière), avec le petit flacon de savon parfumé sur le côté et un large miroir, deux pissotières séparées et deux toilettes isolées, contenant force rouleaux d’un papier doux comme la soie. On pense à Marco Polo arrivant au palais du khan, s’étonnant de tout, impatient de raconter par le menu tout ce luxe à ses Vénitiens compatriotes, qui ne savent pas encore comment consommer l’encre de seiche.

Bref, c’est une leçon que nous devrions retenir, chez nous, en France : si le métro de Moscou est le palais des prolétaires, sachez que les toilettes de Cheltenham sont (avec le WiFi) celui des journalistes en reportage.

On ne peut prétendre soigner l’accueil d’un visiteur de marque si l’on néglige de lui offrir des sanitaires propres et soignés. C’est le b.a.-ba de la stratégie "bottom up"*.

* Une approche dite ascendante, ou approche bottom-up ("de bas en haut" en français), se caractérise par une suite de processus qui apportent chacun une partie fondamentale de l’édifice qu’elle cherche à produire, à partir d’éléments de base. Exemple : l’assemblage de pièces (construction d’une maison, montage d’un kit, briques de Lego…).