TRIBUNE LIBRE - Communication du Syndicat des propriétaires : irresponsable !

Courses / 22.03.2020

TRIBUNE LIBRE - Communication du Syndicat des propriétaires : irresponsable !

Par Pascal Adda, entraîneur

« Dans un contexte anxiogène obligeant les entraîneurs à trouver des solutions pour rester la tête "hors de l’eau" en attendant que les courses reprennent, le message véhiculé par ce Syndicat national est pour le moins choquant au sens propre du terme. Voire irresponsable.

Oser suggérer que les allocations non distribuées par France Galop sont en "réserve", alors que les responsables de ce Syndicat savent pertinemment que la gestion de l’Institution est à flux "plus que tendu" (c’est d’ailleurs confirmé dans les colonnes de JDG du dimanche 22 mars), est un "mensonge". Ils ne peuvent ignorer que ce sont les enjeux au PMU qui alimentent la filière !

La grande majorité des propriétaires ne sont pas professionnels, c’est un loisir qu’ils peuvent assumer. La communication positive de la part de ce Syndicat devrait plutôt être d’adresser un message de soutien aux entraîneurs pour les aider à faire face à cette crise que nous espérons la plus courte possible. Certains de mes propriétaires, également choqués par votre communication, vont plutôt aider les entraîneurs autant qu’ils le peuvent, même en avance de trésorerie.

J’ai proposé aux écuries de groupe que j’anime, et qui ont quelques réserves, d’aider nos entraîneurs de galop et de trot dans ce sens. Les actionnaires ont trouvé cette solidarité comme allant de soi.

Nous sommes bien loin de la Sécurité Sociale que vous prônez !

Là où vous avez raison, c’est d’actionner, mais en commun avec toutes les familles de chevaux, les plans de sauvegarde que l’État soutient. Mais nous savons tous que la mise en place de ces aides mettra un certain temps à fonctionner. Mis à part le décalage des charges MSA et le recours à l’activité partielle très limitée, si nous voulons garder les chevaux en condition pour courir dès la reprise des courses, il faut bien continuer à payer nos fournisseurs. Notamment pour nourrir et soigner les chevaux, sous peine de rupture de la chaine alimentaire par "effet domino".

Et en attendant, pour continuer à entraîner vos chevaux, on fait quoi ? »