TRIBUNE - Soutenons la filière sans délai

Courses / 18.03.2020

TRIBUNE - Soutenons la filière sans délai

Par Patrick Klein, président du Comité régional Nord - Île-de-France - Haute-Normandie - Basse-Normandie et membre du Comité de France Galop

« Les deux présidents des sociétés-mères ont annoncé l’arrêt des courses (au moins) jusqu’au 15 avril. Cette décision n’est pas discutable en la situation actuelle. Le communiqué de France Galop précisait une prochaine consultation des associations représentatives.

La remontée des informations des associations peut prendre un certain temps et nécessitera un arbitrage. L’Institution, sans attendre, doit mettre en place un plan de sauvegarde des plus fragiles de la filière. Ce plan est urgent et établira la confiance.

Dans ces situations exceptionnelles, la chaîne de décision doit être raccourcie afin que les mesures se mettent en place sans délai.

L’État viendra en aide à l’Institution, compensant l’arrêt des courses et des paris hippiques par une probable rétrocession de taxes. La puissance publique ne peut pas laisser disparaître une de ses « poules aux œufs d’or ». Ainsi les grands équilibres de nos sociétés-mères seront sauvegardés.

Pendant cette période d’arrêt des courses, France Galop ne distribuera pas d’allocations : servons-nous de cette base pour aider la filière. Dans sa négociation avec la tutelle, France Galop devra inclure ces allocations non distribuées et les transformer en aides immédiates.

Les propriétaires, les entraîneurs et éleveurs les plus fragiles ne survivront pas à la non-distribution d’allocations pendant quatre semaines ou plus, car, jour après jour les charges continuent à s’accumuler. Il est nécessaire que France Galop annonce sans délai des mesures afin de rassurer et sauvegarder la filière.

Concernant les allocations propriétaires, répartissons cette enveloppe en fonction du nombre de chevaux à l’entraînement. Cette aide venant de l’État, il me semble normal d’y apporter une restriction en la réservant aux chevaux déclarés à l’entraînement au nom de propriétaires non professionnels, détenant moins de 10 sujets, ou au nom de sociétés fiscalement françaises. Pour chaque cheval correspondant à cette population, distribuons une aide journalière aux entraîneurs qui déduiront cette somme de la pension quotidienne facturée aux propriétaires éligibles.

Un système équivalent doit être mis en place pour les primes aux éleveurs, dans les mêmes conditions, afin d’aider les plus fragiles.

Les pourcentages sur les gains de courses dûs aux entraineurs et aux jockeys suivront la même logique.

Préserver la base de la pyramide doit être la priorité de France Galop ces prochains jours. À quoi servira-t-il de sauver les courses si nous perdons de nombreux propriétaires, entraîneurs et chevaux au cours de cette crise sanitaire historique. »