À LA UNE - La filière cheval demande 73 millions d’euros à l’État

Institution / Ventes / 16.04.2020

À LA UNE - La filière cheval demande 73 millions d’euros à l’État

C’est la gouvernance de la filière cheval qui a négocié (avec succès) la poursuite de la monte publique. À présent, la deuxième étape consiste à revenir vers l’État pour demander une aide financière. Voici le détail de la demande formulée ce jeudi.

Loïc Malivet est le président de la gouvernance de la filière cheval, laquelle regroupe (avec l’appui de l'Ifce) France Galop, LeTrot, la Fédération française d'équitation (F.F.E.), la Société hippique française (S.H.F.) et la Société française des équidés de travail (Sfet). Les professionnels sont les garants du bien-être des animaux. Mais sans ressource, pour cause de confinement, ils ne peuvent pas assurer cette mission. Et ils ont donc besoin en urgence d’une aide financière de l’État.

500 € par mois et par galopeur. À ce titre, après plusieurs rendez-vous, une lettre a été envoyée ce jeudi au ministre de l'Action et des Comptes publics, ainsi qu’au ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation. Le dossier se base sur des analyses comptables et évalue le coût de chaque type de cheval pour les entreprises du secteur (entraîneur, centre équestre, meneur, cavalier professionnel de concours hippique…), au niveau de ses besoins les plus urgents (alimentation, litière, vétérinaire, maréchal-ferrant). La taille de chaque population prête à "aller aux courses" a aussi été prise en compte. Au galop, l’étude concerne donc les 10.000 chevaux à l’entraînement dans notre pays et la demande est d’une aide mensuelle de 500 € par animal, avec une estimation de coût de 1.500 € pour ce dernier. Toutes familles de la filière confondues, cela représente un total de 73 millions d’euros par mois, à compter du 15 mars.

Ce n’est que le début. Cette étape – la demande d’aide – est donc la deuxième, mais Loïc Malivet nous a expliqué : « La gouvernance de la filière cheval est déjà au travail pour préparer deux autres étapes supplémentaires, qui seront dévoilées dans les semaines à venir. Tout ceci n’est possible que grâce à l’unité de la filière, dans toute sa diversité, avec le trot et le galop bien sûr, mais aussi les professionnels de l’équitation et ceux du cheval de travail. » En ce qui concerne la saison de monte, le premier dossier pris à bras-le-corps par la gouvernance de la filière cheval, il poursuit : « Le nombre de juments pur-sang saillies est à cette heure exactement le même que l’année dernière à la même date. »

Le courrier envoyé par Loïc Malivet aux ministères

« Depuis le 15 mars, l’ensemble des familles qui composent la filière cheval fait un constat unanime et grave. Les aides d'urgences portées par l'État et complétées par les Régions, ainsi que les mesures de chômage partiel, permettent de résoudre certaines problématiques des entreprises. Toutefois, les dirigeants de ces T.P.E. agricoles, en l’absence de recettes, doivent faire face à des coûts stables – voire supérieurs – pour apporter nourriture et soins à leurs équidés. Les activités équines reposant sur le vivant, il est indispensable de pouvoir assurer la bonne santé de l’ "outil de production".

Avec la fermeture – jusqu’à nouvel ordre – de tous les établissements recevant du public, y compris les courses et compétitions équestres, tout comme les activités liées à l'utilisation et la préparation des équidés, c'est tout le pan aval de la filière cheval qui est fragilisé.

Avec la prolongation du confinement et l’absence de reprise d’activité d’ici mi-juillet a minima, toutes ces activités recevant du public sont en grave danger.

Au regard des charges liées au bien-être des équidés et sans perspective de reprise d’activité dans les jours à venir, il est indispensable d’accorder une aide d'urgence pour entretenir les animaux.

Chacune de nos familles a identifié et mesuré les coûts correspondant aux besoins mensuels indispensables au maintien en vie de nos animaux, ainsi que les effectifs des équidés présents chez les professionnels actuellement sans ressources (ces données figurent en annexe).

En conséquence, nous sollicitons de votre part une aide d'urgence d'un montant mensuel de 73 millions d’euros, à compter du 15 mars, pour répondre aux stricts besoins physiologiques des animaux. Les modalités de cette aide seront à définir par vos services. L’Ifce, institut technique au service de la filière équine, jouera pleinement son rôle dans la mise en place, le déploiement et le contrôle d’une telle mesure d’urgence.

   Sans cette aide, la situation de nombreux équidés est en péril et les 11.302 entreprises réparties sur l'ensemble du territoire français ne pourront pas reprendre leurs activités à l’issue de cette pandémie. Comptant sur votre mobilisation pour assurer la pérennité de ces entreprises et le bien-être des équidés, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre très haute considération. »