Au revoir, Ballingarry

Élevage / 30.04.2020

Au revoir, Ballingarry

À la retraite depuis fin 2019, l’étalon Ballingarry (Sadler’s Wells) s’est éteint le 16 avril au haras du Grand Chesnaie, à l’âge de 21ans. Entré au haras en 2005, ce double gagnant de Gr1 s’est affirmé au fil des années en tant que père de sauteurs, donnant de nombreux black types dans la discipline.

Par Alice Baudrelle

Élevé par les associés de Coolmore, Ballingarry était né pour briller en piste. Fils du phénoménal Sadler’s Wells (Northern Dancer) et de Flamenco Wave (Desert Wine), gagnante à 2ans des Moyglare Stud Stakes (Gr1), il était le propre frère d’Aristotle, lauréat à 2ans du Racing Post Trophy (Gr1). Mais Ballingarry était surtout le frère de Starborough (Soviet Star), vainqueur du Prix Jean Prat et des St James's Palace Stakes (Grs1), à qui l’on doit notamment le champion sprinter Overdose. Auteur de débuts discrets au mois de juin de ses 2ans, sur les 1.400m du Curragh, Ballingarry avait ouvert son palmarès à la fin du mois d’octobre sur le mile de Leopardstown, pour sa troisième sortie. Le cheval concluait l’année en beauté par une victoire en terrain lourd dans le Critérium de Saint-Cloud (Gr1), pour son premier essai sur 2.000m. Ce jour-là, il battait notamment Black Sam Bellamy (Sadler’s Wells), futur lauréat de la Tattersalls Gold Cup (Gr1), mais également un certain Martaline (Linamix), devenu un étalon de premier plan en obstacle. Le Critérium de Saint-Cloud a d’ailleurs souri à de futurs étalons de renom, à l’image de Poliglote, Pistolet Bleu ou encore Voix du Nord, pour ne citer qu’eux.

La confirmation à 3ans. À 3ans, Ballingarry fit une rentrée victorieuse en bon terrain dans le Prix Noailles (Gr2, à l’époque), s’imposant par trois longueurs devant Great Pretender (King’s Theatre), devenu lui aussi un excellent père de sauteurs. Après avoir échoué dans le Prix Lupin (Gr1), il se réhabilita deux semaines plus tard en prenant la deuxième place du Derby italien (Gr1). Troisième de l’Irish Derby (Gr1) d’High Chaparral (Sadler’s Wells), Ballingarry se classa ensuite troisième de l’Irish St Leger (Gr1), avant de renouer avec le succès au plus haut niveau dans le Canadian International (Gr1), sur les 2.400m de Woodbine. Vendu après cette performance, il quitta les boxes d’Aidan O’Brien pour les États-Unis, rejoignant l’effectif de Laura de Séroux. Gagnant des Stars and Stripes Stakes (Gr3) à deux reprises, le cheval a conclu sa carrière par une cinquième place dans le Clement L Hirsch Memorial Turf Championship (Gr1), en fin d’année de ses 5ans. À son sujet, Laura de Séroux se souvient : « Ballingary était un cheval très attachant, qui nous a apporté beaucoup de plaisir. En bon fils de Sadler's Wells, les pistes californiennes étaient un peu fermes et rapides à son goût. Il appréciait vraiment la piste d’Arlington Park à Chicago, où il a gagné deux fois la meilleure course locale sur 2.400m, les Stars and Stripes. »

Un étalon d’obstacle très performant. De retour en France pour sa nouvelle carrière d’étalon, Ballingarry débuta la monte au haras du Mézeray, où il fut stationné pendant cinq saisons. Il rejoignit ensuite le haras du Grand Chesnaie en 2010, pour ne plus jamais le quitter. S’il a donné des chevaux utiles en plat, à l’image de Fontaine Margot (3e Prix de Saint-Cyr, L) ou encore Gallilei (2e Prix Scaramouche & 3e Prix de l’Avre, Ls), c’est en tant qu’étalon d’obstacle qu’il s’est révélé. On lui doit notamment Diego du Charmil (Maghull Novices’ Chase, Gr1 & Fred Winter Juvenile Hurdle, Gr3), Aubusson (Betfair Handicap Hurdle, Gr3 & 2e Grand Prix d’Automne, Gr1), Garynella (Gran Steeple-Chase di Milano, Gr1), Amour du Puy Noir (2e Gran Premio Merano, Gr1), Sadler’sflaure (Prix Rigoletto, L & 2e Prix Héros XII, Gr2), Libranous (Prix d’Iéna, L & 2e Prix Sytaj, Gr3), Top Ling (Prix du Cher, L & 2e Prix Carmarthen, Gr3), Tornada (Prix Christian de Tredern, L à l’époque), Maline des Épeires (Prix James Hennessy, L), Valligarro (Prix Rohan, L à l’époque), Pindare (2e Prix des Drags, Gr2), etc. Mais Ballingarry commence également à s’affirmer en tant que père de mère, comme en attestent les résultats de King Edward (Prix Duc d’Anjou, Gr3), Chic Name (2e Future Champions Finale Juvenile Hurdle, Gr1), Gemystory (2e Prix Finot, L) …