Breeze up Arqana en Irlande : la réaction de plusieurs vendeurs

Institution / Ventes / 19.04.2020

Breeze up Arqana en Irlande : la réaction de plusieurs vendeurs

Arqana vient d’annoncer que sa breeze up serait déplacée en Irlande, et placée fin juin. Nous avons fait réagir plusieurs vendeurs – et nous continuerons à le faire dans les jours qui viennent. Des avis qui divergent selon les nationalités…

Brendan Holland (Grove Stud) : « Très bien vu »

Avec dix lots, Brendan Holland est bien représenté à la breeze up Arqana. Sa structure, Grove Stud, est basée en Irlande.

« C’est une très bonne idée dans des circonstances aussi exceptionnelles. Du point de vue vendeur, je trouve que c’est très bien vu de la part d’Arqana et de Goffs UK. Maintenir la breeze up à Deauville aurait été probablement très risqué : les vendeurs et acheteurs auraient-ils pu y aller, les restaurants et les hôtels auraient-ils été ouverts ? J’espère que, d’ici à la breeze up, les restrictions auront été levées en Irlande...

Pour nous, savoir qu’il y a quelque chose de mis en place est très important. J’espère que les Français, acheteurs comme vendeurs, seront en mesure de se déplacer pour la vente ; cela doit être difficile pour eux. J’espère aussi que les acheteurs américains pourront venir ou investir. La breeze up Arqana a donné de formidables résultats aux États-Unis, ce sont des acheteurs vraiment importants.

En revanche, je ne suis pas pour la mise en place d’un chronométrage officiel. Les breeze up européennes, et surtout la breeze up Arqana, n’ont cessé de se développer au fil des années sans avoir besoin de ce chronométrage. Je crois que la raison du succès des chevaux issus des breeze up européennes en course, par rapport aux États-Unis par exemple, vient aussi du fait que nous ne cherchons pas à réaliser le chrono le plus rapide qui soit. Regardez les acheteurs français : ils fonctionnent souvent sans chronomètre et cela ne les empêche pas de dénicher d’excellents chevaux, bien au contraire ! »

Con Marnane (Bansha House Stables) : « Une idée brillante »

Con Marnane est lui aussi basé en Irlande. Sous la bannière Bansha House Stables, il présente huit lots lors de la breeze up Arqana.

« Pour nous, la breeze up Arqana est une vente très importante. J’y ai vendu deux gagnants de Gr1. Je pense qu’étant donné les circonstances, qui sont très difficiles, Arqana a réalisé un sacré travail et je trouve que c’est une idée absolument brillante que de tenir la vente en Irlande. Beaucoup de consignataires de la breeze up Arqana sont Irlandais et ils vivent tous à une ou deux heures de Naas : les acheteurs, en espérant que les étrangers puissent se déplacer, pourront se déplacer et voir les 2ans. Nous espérons vraiment que les agents, au moins, soient en mesure de se déplacer pour voir les poulains. Nous connaissons la solidité de cette vente, qui a donné d’excellents chevaux capables de performer partout dans le monde. Il ne faut pas être Einstein pour comprendre qu’à cette vente, il est possible d’acheter un excellent cheval. Il n’y a pas de meilleures opportunités. Et Naas est vraiment un très bon endroit, que ce soit pour accueillir les chevaux, mais aussi du point de vue hôtellerie, bars, en espérant que les restrictions soient levées et que la vente n’aura pas lieu à huis-clos… Si tel est le cas, il y a des raisons d’espérer que tout se passe bien : j’ai suivi la vente Inglis qui a eu lieu sous un format uniquement online et les bons chevaux ont, de ce que j’ai vu, fait leur valeur. »

Philip Prévost-Baratte : « La donne change »

Philip Prévost-Baratte, installé en Normandie, a quatre chevaux inscrits à la breeze up Arqana.

« Je suis déçu… Nous n’allons pas pouvoir jouer à domicile. Parmi les quatre chevaux que je présente, j’ai une fille d’American Pharoah qui sort vraiment du lot. Je l’ai préparée pour un breeze à Deauville, et la donne change. Que va décider le propriétaire de la pouliche ? S’il veut aller en Irlande, j’irai, je jouerai le jeu. Il peut aussi décider de la garder pour l’exploiter. Après tout, la vente a lieu fin juin. La pouliche est plutôt précoce, sans doute apte à débuter cet été… L’option de venir breezer à Deauville, je n’y crois pas vraiment. Je vois mal les acheteurs se déplacer pour une trentaine de poulains, alors qu’il y en a 130 à voir en Irlande ! Je comprends que la vente doive absolument avoir lieu, vu les risques financiers pris par les pinhookers, mais j’aurais préféré qu’elle soit organisée à Deauville. Mais encore une fois, je suis un prestataire de services et je ferai ce que mes clients me diront de faire. Mes quatre poulains sont prêts. Ce n’est absolument pas un problème, du point de vue de la préparation, d’attendre un mois de plus. Je ne demande à mes chevaux que ce qu’ils sont capables de supporter physiquement et psychiquement, si bien qu’ils peuvent tout à faire accepter, dans leur corps et dans leur tête, un ralentissement dans leur travail, pour réaccélérer ensuite. Pour moi, c’est même le travail que l’on attend de la part d’un préparateur, l’art de notre métier ! »