BREEZE UP ARQANA & OSARUS - La réaction de plusieurs vendeurs français

Institution / Ventes / 20.04.2020

BREEZE UP ARQANA & OSARUS - La réaction de plusieurs vendeurs français

Osarus a annoncé l’organisation de sa breeze up en direct et en ligne ce lundi. Celle d’Arqana le sera en Irlande. Quatre vendeurs français nous ont fait part de leur sentiment.

Larissa Kneip : « Nous avons eu une période supplémentaire pour peaufiner le travail »

Larissa Kneip (haras de Saint Arnoult) a 10 lots dans le catalogue d’Osarus.

« Tout le monde aurait préféré, comme chaque année, aller à La Teste. Mais ce n’était pas possible dans le contexte actuel. J’étais assez rassurée lorsqu’Emmanuel Viaud m’a annoncé la nouvelle. J’ai préparé des chevaux pour la breeze up de Baden-Baden et elle n’aura pas lieu. Le fait que celle d’Osarus soit maintenue est une très bonne chose. La date initiale semblait difficile à tenir. En sachant qu’on ne pouvait pas non plus attendre indéfiniment car les poulains ont besoin de passer en vente. Après avoir examiné les différentes possibilités, l’agence Osarus a trouvé le bon compromis : les vendeurs ne quittent pas leur région et les canters seront filmés bien en amont. Cela évite les déplacements du personnel, soit un gros plus pour la sécurité de tout le monde. Les acheteurs pourront assister aux canters sur les deux hippodromes, lors des séances de captation, tout en respectant une distance de sécurité entre chaque personne. Ils pourront aussi montrer les vidéos à leurs clients. Cette solution est à mon sens meilleure que celle qui aurait été basée sur le fait que nous filmions tous les chevaux sur leur lieu de préparation. C’est une question d’équité entre vendeurs et de qualité de présentation. Lorsque la vacation aura lieu, les courses auront repris et j’espère que cela va redonner l’envie à tout le monde. Les acheteurs auront vraiment des chevaux avec une préparation parfaite. Nous avons eu une période supplémentaire pour peaufiner le travail. Les poulains ont bien progressé et ils sont prêts pour courir. Le déconfinement sera effectif et il sera donc possible d’aller voir les chevaux chez les vendeurs, ce qui est important. »

Nicolas Martineau : « La situation est exceptionnelle, avec des conséquences qui le sont tout autant »

Nicolas Martineau (écurie de la Dentelle) a neuf chevaux dans le catalogue d’Osarus et deux chez Arqana.

« Il est important que la vente ait lieu et il faut saluer l’effort de l’agence Osarus. Les chevaux ne peuvent pas attendre indéfiniment pour être vendus. Reste à savoir si l’idée d’Osarus, qui paraît bonne, va fonctionner dans les faits avec la clientèle française. En Australie, le numérique est bien intégré dans les habitudes des professionnels. Moins en France. Et c’est sur ce point que cette vente en ligne reste un point d’interrogation. L’autre problématique est liée au confinement qui empêche les clients de venir voir les chevaux. On peut comprendre qu’une personne veuille voir l’individu sur lequel elle s’apprête à investir une somme importante. Il est donc important que la date de la vente laisse à suffisamment de monde le temps de venir voir les poulains.

Quoi qu’il en soit, les chevaux sont prêts pour faire un breeze ou pour aller à l’entraînement. Le travail a été fait, et de manière consciencieuse qui plus est.

En ce qui concerne la breeze up d’Arqana, le fait de pouvoir emmener les chevaux en Irlande sera déterminant. Dans ce cas, ils seront vus par un nombre plus important d’acheteurs potentiels. Tout le monde a envie de bien faire – les différentes agences de vente comme les préparateurs – afin de proposer la meilleure formule aux propriétaires des chevaux et à leurs futurs acheteurs. La situation est exceptionnelle, avec des conséquences qui le sont tout autant. Il faut regarder vers l’avenir, en attendant des jours meilleurs. Le marché à l’amiable existe, mais il faut bien sûr trouver les clients, lesquels espèrent eux aussi retrouver une certaine visibilité. »

Jennifer Pardanaud : « Les chevaux et les clients ont besoin que le processus de préparation-vente soit mené à son terme »

Jennifer Pardanaud (écurie La Frênée) a 11 lots dans le catalogue d’Osarus.

« L’agence Osarus avait lancé la discussion en amont, exposant ses idées aux vendeurs. Également active sur le marché des chevaux de sport, j’ai déjà expérimenté les ventes en ligne de l’agence Fences. Mais forcément, avec les chevaux de breeze up, c’est un peu un saut dans l’inconnu. De toute manière, quelle que soit la conjoncture, il faut qu’une vacation soit organisée. Les chevaux et les clients ont besoin que le processus de préparation-vente soit mené à son terme. Comme tout le monde, j’espère que tout va bien se passer et que les acheteurs vont faire confiance à cette formule. Un exemple positif nous vient d’Australie, mais le contexte est certainement assez différent. Il faut rester positif. Les chevaux sont prêts et il faut qu’ils passent en vente. Tout en sachant qu’ils sont tout autant capables de partir à l’entraînement. Nous avons essayé de donner un peu de visibilité aux poulains en amont, en diffusant des photos par exemple. Des clients, des courtiers et des entraîneurs nous ont contactés. Il va falloir faire preuve d’une transparence exemplaire pour rassurer les acheteurs, notamment sur les dossiers vétérinaires qui vont être les plus détaillés possible.»

Yann Creff : « Si les courses repartent assez vite, cela va faire revenir une certaine confiance »

Basé à Mont-de-Marsan, Yann Creff a 12 lots inscrits chez Osarus et deux dans le catalogue d’Arqana.

« Le plus important est là : les chevaux vont bien et ils sont prêts. Concernant Arqana, nous attendons de savoir s’il sera possible d’aller jusqu’en Irlande. Les propriétaires des poulains prendront alors leur décision : faire voyager leur cheval ou non.

Pour la vente Osarus, les choses sont petit à petit en train de se mettre en place. Depuis plus d’un mois, nous pensons à ce format et essayons de nous y préparer. On voit que les ventes en ligne ont bien fonctionné en Australie. Pour anticiper, j’ai pris contact avec des entraîneurs et des acheteurs potentiels. Nous leur avons expliqué qu’il était possible de venir les voir au canter. En effet, on peut se mettre à distance sans aucun souci et voir galoper les poulains en piste. Ceux qui voudront venir les voir à l’écurie le pourront aussi : ils auront des masques et des gants à disposition. Pour certaines personnes, il est important de pouvoir toucher les chevaux, de les voir en vrai. Certains ont du mal à se déplacer mais ils peuvent dépêcher sur place des professionnels du Sud-Ouest qu’ils connaissent. Tout le monde essaie de faire au mieux : les clients, les acheteurs, les agences de vente. Si les courses repartent assez vite, cela va faire revenir une certaine confiance. »