Ce que l’État va faire pour aider les courses

Institution / Ventes / 24.04.2020

Ce que l’État va faire pour aider les courses

D’après nos informations, Bercy et l’Agriculture n’ont pas encore écrit aux sociétés mères ni au PMU pour leur confirmer leur position définitive, suite au rendez-vous de mardi, dont si peu a filtré. La réponse était attendue jeudi. Elle n’était pas encore là vendredi, à l’heure où nous bouclons ces lignes. Si elle arrive plus tard dans la soirée, nous ne manquerons pas de vous en faire part via un Flash Info JDG.

Mais on devine déjà plusieurs choses.

La première, c’est que l’État serait d’accord pour prêter de l’argent aux courses, en renonçant à encaisser la moitié de sa fiscalité sur les enjeux aux dates normales. Un peu comme lorsque l’Urssaf permet aux entreprises de payer leurs charges après la crise. Attention : il ne fera pas cadeau de sa fiscalité. Les sommes non versées en 2020 devront l’être un jour. On parle d’un décalage de fiscalité. Pas d’une baisse.

Sur quels enjeux s’appliquera cet effet de trésorerie ? Du 11 mai à… septembre ? Plus tard ? L’État ne l’a pas encore arbitré. Mais, concrètement, il serait d’accord pour laisser dans la caisse des courses -50 % de sa part sur les paris. Cela représente plusieurs dizaines de millions d’euros.

La deuxième chose, c’est que le PMU et les sociétés mères ne devraient pas contracter de prêt garanti par l’État. Du moins pas dans l’immédiat, même si l’Institution peut évoluer sur ce point. Elle préfère pour l’instant mobiliser sa trésorerie disponible au PMU (un peu plus de 100 millions d’euros). Cette somme, ajoutée aux 50 % de fiscalité différée, devrait permettre aux courses de tenir en attendant des jours meilleurs. Certes, ce qui est perdu au guichet PMU est perdu en budget pour les allocations ; certes, la reprise sera lente ; mais le PMU pense retrouver son niveau de chiffre d’affaires normal début 2021. L’objectif est donc de ne pas surendetter l’Institution, en finançant la crise avec les réserves et le coup de pouce fiscal de l’État.

La troisième chose, c’est que les allocations versées en 2020 ne seront pas celles qui étaient programmées avant la crise. Au global, elles vont baisser. De combien ? La fourchette est large et encore inconnue à ce jour. Mais, pour que le choc soit le moins fort possible malgré la dégringolade des enjeux, les sociétés mères vont sacrifier leurs réserves afin de tenter de ne pas aller au-delà de 25 % de baisse. Ce sera un gros effort pour les acteurs et un gros effort pour l’Institution. Si l’Institution y parvient, nous serons sans doute, comme en 2008, le pays européen qui aura le moins fortement baissé ses encouragements…

Que faut-il penser de tout cela ?

D’une part, les sociétés mères et le PMU ont demandé de l’argent. Et la réponse de l’État est claire : pas de chèque en blanc. Est-ce un échec de la négociation ? À la lumière du passé, oui. Mais dans le contexte actuel, on ne peut pas dire ça. Air France, qui est pourtant détenu en partie par l’État, n’a pas non plus eu droit à un versement gratuit. L’État lui prêtera 500 millions d’euros, qu’Air France devra rembourser. Et encore cela s’assortit-il d’un engagement de restructuration – effort qui n’est même pas demandé aux courses (on pourra peut-être le regretter, car nous avons besoin de nous réinventer…). Dans les périodes où nous étions seuls au guichet des pleurs, certaines choses étaient possibles ; elles sont devenues impossibles quand tout le monde frappe à la porte en même temps.

Sachant cela, l’Institution a-t-elle eu raison de demander quand même de l’argent ? Politiquement, cela semble une évidence. Car que penser de nos dirigeants s’ils n’avaient pas levé le doigt pour réclamer de l’argent ?

Enfin, certains pourront regretter que les sociétés mères n’empruntent pas pour payer les allocations. C’est exact. Mais, au moment de rembourser le prêt – et sauf incroyable croissance au PMU dans l’entretemps – il aurait fallu baisser les allocations en année N+1 ou N+2. Le choix qui semble être fait est de payer la crise du Covid-19, qui touche le monde entier et tous les secteurs de l’économie, le plus vite possible pour ne pas grever l’avenir et essayer de redémarrer dans les meilleures conditions possible, sans dettes.