Courir le 11 mai… et booster pmu.fr

Courses / 14.04.2020

Courir le 11 mai… et booster pmu.fr

On courra très certainement le 11 mai, à huis-clos. Mais le plus gros challenge n’est pas dans le sport. Il est au PMU, qui doit profiter de la situation très particulière pour doper ses ventes en ligne.

Par Mayeul Caire

"Trente-six virgule sept" millions de Français, dont sans doute un grand nombre des 70.000 membres de la filière hippique française, ont écouté Emmanuel Macron lundi soir.

Les annonces présidentielles sont contrastées pour nous, à l’image du champ de mines dans lequel nous évoluons à l’aveugle.

D’une part, les secteurs d’activité qui peuvent reprendre dans de bonnes conditions sanitaires sont encouragés à le faire, ce qui est très positif ; et le déconfinement est fixé au 11 mai, ce qui est moins loin que ce que l’on pouvait craindre. Et l’on aurait envie d’ajouter deux choses encourageantes. Premièrement, le président semble sûr de son calendrier, puisqu’il n’a pas cette fois dit « au moins jusqu’à telle date »… Et deuxièmement, il n’est pas question d’un durcissement du confinement.

Mais d’autre part, du côté des éléments nettement moins roses pour nous, la majorité des points PMU va rester fermée sine die.

Qu’est-ce que tout cela signifie pour nous ?

D’abord les courses. Rien ne s’oppose à une reprise en mai, à huis-clos, comme France Galop l’avait imaginé (le programme est prêt, dans ses grandes lignes). Il faudra simplement décaler la reprise d’une semaine. Elle était prévue le 4 mai ; cela pourrait être le 11. Du moins c’est ce qui serait logique, puisque l’Institution des courses a pensé depuis le début faire coïncider son calendrier avec celui de toute la Nation. On arrête quand tout le monde arrête, on reprend quand tout le monde reprend. C’est un enjeu d’image pour les courses, puisqu’il serait difficile d’expliquer que nous sommes le seul sport à rompre le confinement (pour la saison de monte, la problématique était différente puisqu’il s’agit d’une activité agricole et privée, qui se tient loin des grands foyers de population).

Une autre possibilité serait de maintenir la date du 4 mai. Mais sommes-nous à une semaine près, au risque de nous mettre à dos la tutelle ? Au risque d’être montrés du doigt par le corps social, pour incivisme réel ou prétendu, puis punis par les politiques ? Et puis si on court le 4 mai, pourquoi ne pas courir le 15 avril ? Jouer avec le feu ne semble pas utile, par les temps qui courent.

Après, il faudra savoir où l’on court. À Paris ? Pas évident car la surpopulation de l’agglomération parisienne embouteille mécaniquement les urgences des hôpitaux. Même à huis-clos, il sera difficile de faire accepter la réouverture de nos théâtres. Le Grand Est se trouve dans le même cas. Il nous reste tout de même pour courir la Normandie, l’Ouest, le Sud-Ouest, le Centre-Est et le Sud-Est ! Par les temps qui courent, il y a pire !

Ensuite les paris. On l’a dit, la majorité des points PMU va rester fermée. Combien de temps ? Certains disent que ce sera jusqu’au 14 juillet, date choisie par le président de la République pour autoriser à nouveau les rassemblements publics. Mais c’est très loin d’être certain car lundi soir, Emmanuel Macron a aussi dit que les cafés, restaurants, etc., sont autant de cas particuliers, qui pourraient rouvrir plus tard encore. Dans ce cas, il nous semble nécessaire, pour le PMU, de travailler dès aujourd’hui et très activement sur la digitalisation à outrance. Car c’est une chose que de se passer du réseau PMU entre la mi-mai et le début juin ; mais c’en est une autre que de s’en passer jusqu’à la fin du mois d’août ! À ce sujet, une petite remarque : certains suggéraient d’attendre que les PMU rouvrent avant de recommencer à courir ; mais s’ils ne rouvrent que fin août, qu’est-ce qu’on fait d’ici là ?

Et puis pour en revenir au cœur de notre sujet, il faut plus que jamais comprendre que l’avenir du jeu d’argent sera digital. Il est donc grand temps pour nous de basculer dans le monde de demain (et même d’aujourd’hui !). Crise ou pas crise, le PMU et les courses n’ont aucun futur à espérer si elles n’apprennent pas à vendre en ligne.

Donc si les courses redémarrent bien le 11 mai, il faut d’ici là prévoir un grand plan marketing/communication pour pousser les paris hippiques auprès de la partie de notre clientèle existante qui ne joue pas encore en ligne (90 % des enjeux sont pris en dur ! donc il y a du boulot…) ; en rêvant parallèlement de faire venir de nouveaux joueurs, aujourd’hui accaparés par le sport, en profitant du fait que nous serons sans doute les premiers à proposer à nouveau des événements sur lesquels parier.

Je pense très sincèrement que si le PMU optimise son site, simplifie son offre online et communique bien, nous avons toutes nos chances. Une idée complémentaire serait d’offrir les courses françaises de manière très large en Angleterre et en Irlande, dont les événements hippiques ne reprendront que plus tard, et où les turfistes sont affamés !

Bref, si nous réussissons tout cela, la crise nous aura appris et nous en sortirons renforcés.