Cyril Linette : « Nous sommes optimistes pour recréer de l’attractivité autour des courses et de nos paris »

Institution / Ventes / 19.04.2020

Cyril Linette : « Nous sommes optimistes pour recréer de l’attractivité autour des courses et de nos paris »

Ce dimanche matin, le directeur général du PMU, Cyril Linette, était l’invité de Stéphane Carpentier dans l’émission RTL Matin Week-End. Il s’est exprimé au sujet de la situation du PMU : « Grâce aux bonnes équipes de PMU, nous réussissons à maintenir une offre de pari hippique sur internet à base des courses étrangères, car il y a encore quelques pays où les courses sont organisées, comme la Suède par exemple. Depuis le début de la crise, le PMU a perdu 90 % de son chiffre d’affaires quotidien, et 95 % des collaborateurs du PMU sont au chômage partiel. Évidemment, nos points de vente sont fermés, car le PMU est avant tout une activité de distribution en point de vente. La filière hippique, qui dépend des résultats et du chiffre d’affaires réussi par le PMU, est elle aussi à l’arrêt. Les conséquences de la crise sont donc importantes, mais nous nous sommes adaptés. Ce sera une année très atypique, mais la crise est mondiale, globale pour toutes les entreprises. Une fois déduits les retours aux parieurs, les impôts, les charges du PMU et la rémunération de nos 13.000 points de vente, ce qui reste sert à financer les 60.000 emplois directs ou indirects de la filière hippique. Ces emplois sont à 100 % quasiment dépendants des paris et du PMU ; or, depuis cinq semaines, la filière hippique ne touche plus d’argent. Je pense que les courses hippiques reprendront avant le football, car je crois que c’est plus facile de le faire dans des conditions sécurisées. Depuis deux ans, nous nous sommes recentrés avec succès sur l’ADN du PMU, donc sur le pari hippique. Depuis un an, nous étions en forte croissance, et nous étions très satisfaits. Actuellement, nous n’avons, d’une certaine manière, plus de produits à proposer, puisqu’il n’y a plus de courses françaises et plus de magasins, puisque nous n’avons plus de réseau de distribution. Le pari hippique est une passion, et nous sommes sûrs de ne pas perdre cette clientèle de passionnés, qui était très contente des offres et du recentrage que nous avons opérés depuis un an. »

Reprendre une activité partielle courant mai, c’est possible. Selon Cyril Linette, il serait possible de rouvrir quelques hippodromes à huis-clos courant mai : « Nous sommes quand même relativement optimistes sur notre capacité à recréer assez rapidement de l’attractivité autour de nos courses et de notre offre, mais évidemment, cela ne dépend pas que de nous ; cela dépend avant tout de l’évolution de la crise sanitaire. La clé, c’est la reprise des courses françaises, et ce sont les deux sociétés-mères qui s’en occupent. Je pense qu’il y a une possibilité de le faire   assez rapidement, peut-être dès le début du déconfinement, car les hippodromes sont des lieux très vastes, avec assez peu de contacts entre les sportifs. Il faut négocier cela avec les pouvoirs publics, mais il semble possible de rouvrir quelques hippodromes à huis-clos courant mai, peut-être dans des zones du pays qui sont moins touchées par le coronavirus, et de reprendre une partie de l’activité. Reprendre une activité sans public n’aurait pas de grosses conséquences, car les enjeux sur les hippodromes représentent seulement 4 % de notre chiffre d’affaires. On pourrait rejouer progressivement sur internet, et peut-être petit à petit réinvestir les tabac-presse, si les dirigeants de ces filières sont d’accord pour qu’on le fasse avec eux. Dans un troisième temps, on pourrait rouvrir les bars et reprendre l’activité proprement dite. La clé, ce sont les courses françaises, puis internet, puis internet et les tabac-presse, puis l’ensemble du réseau de distribution. Aujourd’hui, les chevaux sont à l’entraînement et ont besoin de courir ; c’est l’une des raisons qui poussent les sociétés hippiques à essayer de négocier avec les pouvoirs publics une reprise assez rapide de la compétition. Un cheval est un sportif de haut niveau, et rien ne remplace la compétition. Si la crise dure trop longtemps, toute une génération de chevaux sera perdue. Il est donc très important de trouver un moyen de réorganiser des courses assez rapidement. »

Pour retrouver l’intégralité de l’intervention de Cyril Linette sur RTL (à partir d’1 h 41), cliquez ici : https://www.rtl.fr/emission/rtl-matin-week-end/rtl-matin-week-end-du-19-avril-2020-7800415170